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Tournées: XV de France, c'est dans la tête ?

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Tournées: XV de France, c'est dans la tête ?

Tournées: XV de France, c'est dans la tête ?
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Battu sur le fil par l'Afrique du Sud (29-26), le XV de France accumule les défaites qui nourrissent son manque de confiance: un cercle vicieux qui met en lumière leur déficit de préparation mentale avant d'affronter l'Argentine samedi à Lille.

"Les joueurs cogitent et sont en difficulté, c'est évident." Olivier Magne, l'ancien troisième ligne aile d'un temps où la France gagnait, n'est pas le seul à faire le constat. "Il ne faut pas trop cogiter non plus. C'est là aussi où on se perd un peu", a admis mardi à Marcoussis l'ailier ou arrière Benjamin Fall.

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Les Bleus se sont inclinés sur un essai encaissé après la sirène alors qu'ils semblaient avoir le match en main. Quand "il reste trente secondes, c'est fini, je me dis que le match est gagné", a concédé le flanker Wenceslas Lauret lundi.

- La méthode du hamburger -

Déconcentration, manque de lucidité, perte de confiance: la spirale négative s'est de nouveau dessinée, comme trop souvent ces dernières années. Une phrase d'Anthony Belleau est révélatrice: "On va garder nos habitudes, switcher, penser à l'Argentine tout de suite. Mais je l'ai quand même dans un coin de la tête (l'échec de samedi) parce qu'il y a des choses qu'il ne faut pas reproduire. Ce genre de défaites, forcément ça marque."

Comment sortir de cet engrenage? "On ne peut pas faire table rase, et faire comme si rien ne s'était passé sera encore plus néfaste", estime auprès de l'AFP le préparateur mental Olivier Alluin. "Mais il faut garder le positif principalement et ce que l'on devra améliorer, à formuler sous forme d'action à réaliser."

Une méthode dite du "hamburger" répandue dans le management, selon Alluin: "on commence par le positif spécifique (phases de jeu, actions), on inclut les points à améliorer (formulés positivement), on termine par le positif général (attitude, maîtrise, implication)", résume le préparateur mental.

Pour ne pas "ressasser" (Lauret) ni "gamberger" (Gabrillagues), les Bleus croient plutôt à l'effort de "répétition" (Galletier) à l'entraînement. S'ils ont en club de plus en plus recours à un accompagnement, comme les deux Montpelliérains avec Eric Blondeau, devenu indispensable à leur manager Vern Cotter, le travail en sélection est encore un peu tabou.

Il n'y a qu'à voir le peu d'enthousiasme, voire la gêne des Bleus mardi: "peut-être que ce sera au goût du jour dans les jours, les années à venir", dit Fall. "La préparation mentale n'est pas non plus une tare", lâche poussivement Maxime Médard, "mais je ne pense pas qu'on ait un problème mental", un sujet "personnel" mais pas collectif.

- Un retard français -

Ce manque de considération agace la psychologue Meriem Salmi, surnommée "la psy des champions" pour avoir notamment travaillé avec Teddy Riner ou Mathieu Bastareaud. "Nous Français, on est très en retard. Et on s'étonne que nos joueurs ne tiennent pas jusqu'au bout, souligne-t-elle. Et bien oui, ça se bosse, le mental. En face, les Néo-Zélandais, l'Afrique du Sud, ils sont tous accompagnés. Ils ont appris depuis longtemps à développer des compétences psychologiques qui font qu'ils ont de la caisse, ils sont endurants sur le plan psychologique."

Les Gallois, qui ont opté pour des contrats fédéraux, peuvent ainsi suivre de manière coordonnée leurs internationaux dans les provinces. Les Néo-Zélandais, doubles champions du monde en titre, se sont reconstruits après leur cuisant échec de la Coupe du monde 2007 grâce à un homme, Gilbert Enoka, leur "motivation-man", collaborateur influent des sélectionneurs Graham Henry puis Steve Hansen. Les All Blacks "surfent sur cette vague", estime Kélian Galletier. "Quand on les joue, on sent qu'ils sont imperturbables."

"Ce sont des compétences à acquérir comme à l'entraînement", estime Salmi. "Il faut travailler au quotidien, pas juste quand ils sont avec l'équipe de France. C'est un travail à long terme." Mais l'encadrement du XV tricolore ne veut pour l'instant pas entendre parler: la dernière intervention du genre, celle de Christian Ramos, remonte à la préparation de la Coupe du monde 2015.

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