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Salvini accueille des réfugiés en personne car l'Italie reste "généreuse"

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Salvini accueille des réfugiés en personne car l'Italie reste "généreuse"

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Matteo Salvini, le patron de l'extrême droite italienne, a accueilli tout sourire mercredi des familles de migrants africains évacués de Libye via le Niger, en assurant que sa politique de fermeté n'empêchait pas l'Italie de rester généreuse.

"C'est la démonstration que l'Italie est un pays d'accueil, généreux, solidaire où l'on m'a confié le devoir de ramener un peu de règles et d'ordre et de tranquillité dans un phénomène qui, ces dernières années, nous avait échappé", a déclaré M. Salvini, arrivé au pouvoir avec la promesse de stopper les arrivées de migrants.

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"La seule façon d'arriver pour des femmes et des enfants en difficulté, c'est l'avion, pas les canots pneumatiques parce que les canots sont gérés par des criminels qui en échange du trafic d'êtres humains achètent des armes", a-t-il affirmé.

M. Salvini était venu accueillir un groupe de 51 réfugiés et demandeurs d'asile, essentiellement des familles ou des femmes seules avec enfants originaires de la Corne de l'Afrique, sur le tarmac de l'aéroport militaire de Pratica di Mare, près de Rome.

Tous faisaient partie des plus de 2.300 migrants vulnérables évacués depuis décembre par le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) de la Libye vers le Niger.

Ils seront placés dans de familles d'accueil en Italie par l'association catholique Giovanni XXIII, qui a prévu pour eux un parcours d'intégration.

- "Petits Italiens" -

Les enfants seront ainsi scolarisés pour devenir "des petits Italiens", a assuré M. Salvini, qui prône pourtant une forte limitation des possibilités de naturalisation.

"C'est le premier d'une série d'avions, j'en prends l'engagement. Ce n'est pas parce Noël approche qu'il y a un geste de générosité devant les caméras", a assuré M. Salvini, en précisant que les prochaines arrivées se feraient probablement hors caméras.

Grâce à des accords controversés conclus en Libye par le précédent gouvernement de centre gauche puis à la décision de M. Salvini en juin de fermer les ports italiens aux navires ayant secouru des migrants en mer, l'Italie a vu le nombre d'arrivées sur ses côtes chuter drastiquement à partir de l'été 2017.

Cette année, l'Italie a enregistré 22.500 arrivées sur ses côtes, soit une baisse de plus de 80% par rapport aux années précédentes.

En contrepartie, l'Italie s'est engagée à développer les initiatives pour faire venir légalement des personnes vulnérables bloquées en Libye, où des milliers de migrants sont soumis à des détentions arbitraires, extorsions et violences.

Entre décembre et février, elle avait accueilli 312 migrants évacués directement de Libye par le HCR. Suspendu après les élections législatives de mars, ce canal a été rouvert la semaine dernière, avec le transfert de 44 personnes, là encore essentiellement des familles.

- Enfer libyen -

Selon le HCR, 55.000 migrants sont enregistrés comme réfugiés ou demandeurs d'asile en Libye. Leur situation est souvent très précaire et beaucoup sont retenus dans des centres de détentions. Ils y manquent de tout et subissent violences, abus et extorsions.

La situation dans ces centres "continue de se détériorer", a prévenu mercredi dans un communiqué Vincent Cochetel, envoyé spécial du HCR pour la Méditerranée centrale, évoquant un accès difficile à la nourriture et une épidémie de tuberculose.

Les images de M. Salvini souriant au milieu des migrants sur le tarmac de l'aéroport tranchent avec la fermeté qu'affiche ce responsable politique arrivé au pouvoir avec le slogan "Les Italiens d'abord".

"Accueillir les enfants qui fuient vraiment la guerre est pour moi un plaisir. Expulser les trop nombreux clandestins qui apportent la guerre en Italie est pour moi un devoir", a-t-il expliqué.

Si les expulsions restent difficiles, faute d'accord avec les pays d'origine, le nouveau ministre de l'Intérieur a ainsi fait adopter un sévère décret-loi "sécurité et immigration", qui a le feu vert du Sénat et doit obtenir celui de la Chambre des députés avant fin novembre.

Le texte limite au maximum les services pour les demandeurs d'asile, prévoit d'expulser tout demandeur ou réfugié se montrant "dangereux" et remplace les permis de séjour humanitaires, valables deux ans et octroyés en moyenne à 25% des demandeurs d'asile, par des permis beaucoup plus restreints.

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