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Fichage ethnique au PSG: "pas de cas" de discrimination, mais une remise en question

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"Il n'y a pas eu de cas avéré de discrimination" au PSG malgré l'existence d'un fichage ethnique au sein du recrutement du centre de formation: le club parisien a présenté son enquête interne à la ministre des Sports jeudi soir, ainsi que des mesures pour "renforcer les pratiques éthiques".

"Entretien franc et direct avec Jean-Claude Blanc", a déclaré Roxana Maracineanu à l'issue de son rendez-vous avec le directeur général du PSG, fixé après les révélations de Mediapart et Envoyé Spécial, sur l'existence de formulaires "avec des contenus illégaux", comme l'a reconnu le PSG, précisant l'"origine" de joueurs supervisés, "Français", "Maghrébin", "Antillais", "Africain".

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"Il a reconnu l'existence de fichiers ethniques et m'a garanti que ces pratiques n'ont plus cours. Il s'engage sur une nouvelle organisation des processus de sélection et le respect de l'éthique. Je veillerai à leur mise en œuvre", a ajouté la ministre, qui avait fait part de sa "consternation" sur ce sujet et évoqué de possibles "sanctions disciplinaires voire pénales".

. Analyse d'e-mails et entretiens

Accompagné de Malek Boutih, administrateur de la Fondation Paris Saint-Germain et ancien président de SOS Racisme, le dirigeant parisien a donc "présenté les conclusions de l'enquête interne ordonnée par la direction du club et conduite par un cabinet d'avocats du 12 octobre au 14 novembre 2018" à la ministre des Sports.

Cette enquête, fondée "sur l'analyse d'échanges d'e-mails et sur une série d'entretiens menés avec les salariés du club en charge du recrutement du centre de formation", aboutit à la conclusion qu'"il n'y a pas eu de cas de discrimination avéré au sein du Paris Saint-Germain", affirme le club.

. "Période 2013-17"

En revanche, "cette enquête a confirmé la mise en place de fiches avec un critère d'origine durant la période 2013-2017. Ces fiches sont à l'initiative propre du responsable de la cellule Province", écrit le club dans un communiqué, ciblant l'ancien salarié Marc Westerloppe, parti en début d'année civile au Stade rennais.

Mais "malgré (l')existence (des fiches, ndlr), il n'y a pas eu de processus de discrimination au niveau de l'observation, de l'évaluation et du recrutement de jeunes joueurs", ajoute le club.

Marc Westerloppe "n'a jamais eu un comportement discriminant dans les fonctions qu'il a occupées au PSG", ont assuré mercredi ses avocats Hervé Témine et Corinne Dreyfus-Schmidt.

. Plainte contre X

La CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) avait toutefois rappelé que la loi "interdit (...) de recueillir et d'enregistrer des informations faisant apparaître, directement ou indirectement, les origines +raciales+ ou +ethniques+". Et la Ligue des droits de l'homme (LDH) a porté plainte contre X pour "discrimination" et pour "collecte et traitement de données à caractère personnel faisant apparaître les origines raciales ou ethniques".

Autre développement jeudi: le quotidien L'Equipe a produit un document selon lequel des critères ethniques apparaissent aussi sur des fiches de la cellule Ile-de-France. Le PSG répond que "des fiches au sein de la cellule Ile-de-France, avec d'autres types de signalement d'origine, ont également été utilisées, sans conséquence discriminante".

"Aucune de ces fiches n'est jamais remontée à la direction générale", affirme encore le club qui plaide qu'"aucun changement dans le profil des jeunes joueurs recrutés n'a pu être observé". Le PSG a aussi annoncé "des mesures visant à renforcer les pratiques éthiques" en son sein, dont une "remise à plat du fonctionnement et des process du département Scouting (recrutement)".

. "On prend nos responsabilités"

Le club propose enfin de "réunir les instances concernées (Ministères, FFF, LFP), les associations et les clubs eux-mêmes pour que des règles communes sur la détection des jeunes talents soient définies et partagées", avec pour objectif de "permettre d’assurer la protection des jeunes joueurs tout en tenant compte des contraintes et besoins des clubs en matière de détection".

"Si, via le football, on peut contribuer à construire une société meilleure et à lutter contre toutes les formes de discrimination, on sera les premiers à le faire", avait déclaré mercredi à l'AFP la présidente de la Ligue de football professionnel (LFP), Nathalie Boy de la Tour.

"Avec @MarleneSchiappa nous serons intransigeantes sur la nécessité de lutter contre les comportements discriminatoires inacceptables dans le sport comme dans la société. Nous devons tous contribuer à faire évoluer les mentalités", a assuré pour sa part la ministre des Sports jeudi soir.

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