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Brexit : Theresa May un peu requinquée vendredi après la tourmente de la veille

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Brexit : Theresa May un peu requinquée vendredi après la tourmente de la veille

Michael Gove le 24 octobre 2018 à Londres
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Tolga AKMEN
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La Première ministre britannique Theresa May a semblé un peu requinquée vendredi en trouvant le soutien de deux poids lourds europhobes de son gouvernement et un remplaçant au ministre démissionnaire du Brexit, après la tourmente de jeudi.

Stephen Barclay, 46 ans, avocat spécialisé dans la réglementation financière et eurosceptique, remplace Dominic Raab qui avait jeté l'éponge jeudi, un coup dur pour la cheffe du gouvernement. L'europhile Amber Rudd, qui avait démissionné de l'Intérieur emportée par un scandale lié au traitement réservé aux immigrés originaires des Caraïbes, revient au gouvernement avec le portefeuille du Travail et des Retraites.

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"Ravi" d'accepter ce rôle, Stephen Barclay a déclaré sur Twitter qu'il fallait "maintenant poursuivre sur notre lancée pour finaliser l'accord de retrait, définir la déclaration politique et organiser un Brexit qui fonctionne pour l'ensemble du Royaume-Uni".

Pour Keir Starmer, chargé du Brexit au sein du Labour, le principal parti d'opposition, cette nomination ne change "absolument rien" et ne "permettra pas de rassembler ce gouvernement divisé".

Après avoir essuyé quatre départs au sein de son gouvernement jeudi, Theresa May a reçu le soutien de deux ministres pro-Brexit vendredi, celui de l'Environnement, Michael Gove, et celui du Commerce international, Liam Fox.

Un coup de pouce pour Theresa May qui avait été durement ébranlée par les défections de la veille, des départs motivés notamment par le sort particulier réservé à la province britannique d'Irlande du Nord après la sortie de l'UE dans le compromis de divorce conclu par Londres avec l'Union européenne.

- Offensive de charme -

Theresa May est aussi menacée d'un vote de défiance de députés de son propre camp, partisans d'une rupture nette avec l'UE. Jacob Rees-Mogg, dirigeant du groupe parlementaire eurosceptique European Research Group (ERG), a lancé la manœuvre, l'accusant d'avoir trahi les promesses faites au peuple britannique sur le retrait de l'UE.

Il a déjà rallié au moins 22 députés tories, mais a besoin de 48 d'entre eux, soit 15% du groupe conservateur à la chambre des Communes, pour organiser un tel vote de défiance. Il faudrait ensuite qu'une majorité de députés conservateurs votent contre Theresa May.

Pendant ce temps, la cheffe de l'exécutif a lancé une offensive de charme envers les Britanniques pour les convaincre des bienfaits du projet d'accord, répondant aux questions des auditeurs de la radio LBC.

La veille, Theresa May avait déjà défendu bec et ongles le projet d'accord avec l'UE devant les députés, faisant planer la menace d'un retour en arrière sur le Brexit, prévu le 29 mars 2019, si elle n'obtenait pas de soutien au Parlement.

Des députés de tous bords lui ont déclaré qu'il n'y avait aucune chance que le plan obtienne leur aval en décembre, mais Mme May a rejeté les appels à la démission.

"J'ai moi-même des inquiétudes", a admis Mme May sur LBC. Mais dans toute négociation, il faut faire des "compromis".

- Renégociation "à la marge" -

Ses propos n'ont pas convaincu le petit parti unioniste nord-irlandais DUP, dont les dix députés lui sont indispensables pour avoir une majorité absolue, et qui entend s'opposer au projet d'accord. Theresa May a assuré vendredi qu'elle continuait de travailler avec le DUP, sans toutefois pouvoir garantir son soutien.

"Quand on regarde les choses aujourd'hui, il semble très difficile de remporter le vote à la Chambre des communes, mais (...) à l'approche du précipice, il se peut que de plus en plus de personnes soutiennent cet accord qui est le meilleur résultat possible", a estimé le Premier ministre irlandais Leo Varadkar.

Pour le ministre français des Finances Bruno Le Maire, les Brexiters ont désormais le choix entre "le reniement de leur promesse politique absurde ou le désastre économique".

Comme la chancelière allemande Angela Merkel, l'Elysée a de son côté exclu toute renégociation de l'accord conclu entre Londres et le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier.

L'UE ne fera pas de "changements majeurs" sur le Brexit, a dit le Premier ministre néerlandais Mark Rutte. Mais la présidence française n'excluait pas "certains amendements à la marge".

Le point le plus controversé du projet d'accord de 585 pages réside dans le "filet de sécurité" prévoyant le maintien de l'ensemble du Royaume-Uni dans une union douanière avec l'UE ainsi qu'un alignement réglementaire plus poussé pour l'Irlande du Nord, si aucun accord sur la future relation entre Bruxelles et Londres n'était conclu à l'issue d'une période de transition de 21 mois après le Brexit et prolongeable une fois.

La Bourse de Londres a terminé en baisse de 0,34%. Signe des doutes sur le Brexit, les valeurs les plus exposées à l'économie britannique ont poursuivi leur repli, après avoir dégringolé la veille et suite à une tentative de rebond en début de séance.

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