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Mondial-2019: la longue marche du Kenya vers le rugby à XV

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Mondial-2019: la longue marche du Kenya vers le rugby à XV

Mondial-2019: la longue marche du Kenya vers le rugby à XV
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Il n'y a pas que le demi-fond au Kenya. Sans argent mais pas sans talent, le rugby à XV progresse, même si les "Simbas " (Lions) ont raté la qualification pour le Mondial-2019 malgré le renfort des stars du VII.

"C'est déjà un exploit d'être à ce niveau, c'est la seconde fois que nous toquons à la porte de la Coupe du monde, sans la moindre ressource!" explique à l'AFP le manager de l'équipe du Kenya, Simiyu Wangila.

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Crâne rasé et lunettes épaisses, le super intendant des Simbas décrit toutes les embûches pour arriver au tournoi de repêchage pour la dernière place au Mondial au Japon en 2019, qui devrait échoir au Canada, vieil habitué.

Pendant qu'il brosse le tableau du rugby kényan, les joueurs s'étirent sur la pelouse du stade de Pertuis (Vaucluse), en comptant jusqu'à trente dans chaque position, en anglais, en pidgin, puis dans différents dialectes du pays, selon le joueur qui dirige l'exercice. Et même en français, clin d’œil au pays hôte des barrages, joués au stade Delort, à Marseille.

Wangila raconte les "nombreux défis" auxquels il fait face. "Nous manquons de sponsors, des éléments de base, comme un stade, mais même des maillots ou de quoi assurer la nutrition, et de l'argent pour la mise à disposition des joueurs".

Il frappe souvent à la porte du ministre des Sports, mais "la réponse est toujours la même: +Attendons!+ Mais le temps n'attend pas! Nous devons nous préparer et nous ne voyons rien venir!"

- "Préparation minimale" -

Pourtant, les Simbas, "potentiellement, c'est du très haut niveau, nous l'avons d'ailleurs déjà atteint ici", juge l'entraîneur néo-zélandais de l'équipe, Ian Snook. En 2015, le Kenya avait été devancé à la différence de points par le Zimbabwe pour disputer ces barrages.

"Mais la préparation a vraiment été minimale, ce qui est un peu une honte, quand même", regrette le technicien. Les Simbas ont dû se contenter d'un seul test-match avant les barrages, financé par World Rugby; une défaite à Bucarest contre la Roumanie de Marc Lièvremont (36-5).

Wangila est plus sévère. "C'est une honte, quand on représente le pays, on devrait avoir tout le soutien nécessaire", maugrée le manager.

L'athlétisme, où les coureurs des hauts-plateaux trustent les médailles en fond et demi-fond et font briller le Kenya, "est un sport individuel, vous pouvez vous préparer et gagner juste avec votre préparateur physique, mais c'est plus compliqué pour un sport collectif", développe-t-il.

Malgré cette préparation de bouts de ficelle, à Marseille, les Kényans ont étalé quelques belles phases de jeu, grâce notamment à l'apport des stars de l'équipe de Rugby à VII, vainqueur d'une étape des World Series en 2016, Collins Injera et Willy Ambaka en tête. Mais ils ont subi la loi du Canada (65-19) puis celle de Hong Kong (42-17). Ils achèveront leur parcours vendredi, face à l'Allemagne.

Pour le style de jeu, Snook veut "exploiter les qualités des garçons, ils sont explosifs, nous essayons de jouer certains coups à fond, avec de la verticalité, du mouvement et de la vitesse". Mais naïfs en défense, les Lions ont été punis.

- "Pas qu'une nation d'athlètes" -

La légende des Simbas veut qu'ils donnent beaucoup de volume à leur jeu mais qu'ils rechignent à "mettre le nez" dans les rucks sur les terrains trop secs du Kenya.

"C'est vrai! On ne peut pas aller au sol!", lâche Wangila dans un éclat de rire. "Bon, c'est en partie vrai, nuance-t-il, plus sérieux, nous avons des joueurs naturellement doués, et nous aimons ce rugby rapide".

La touche du VII, qui "fait déjà une bonne publicité pour le rugby kényan, ajoute le capitaine Davis Change, forfait contre Hong Kong. Nous essayons d'amener le XV au niveau du VII".

"Le Kenya n'est pas qu'une nation d'athlètes, il y a beaucoup de bons sportifs au pays", insiste ce supporter du Gor Mahia, le grand club de foot de Nairobi.

"Le rugby a progressé au Kenya, en particulier en province", embraye le manager, évaluant à "10.000" le nombre de joueurs de 6 à 18 ans.

Malgré l'échec en barrage, il promet que les Simbas reviendront toquer à la porte. "Les Kényans sont athlétiques, conclut Wangila, si nous pouvions dès le jeune âge leur apprendre la technique, imaginez combien le Kenya deviendrait une place-forte! La Nouvelle-Zélande, l'Angleterre ou l'Afrique du Sud seraient dépassées!"

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