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Tournées: Nadroga Academy, la fabrique à champions du rugby fidjien

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Tournées: Nadroga Academy, la fabrique à champions du rugby fidjien

Tournées: Nadroga Academy, la fabrique à champions du rugby fidjien
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Elle a la réputation d’être "l’usine à champions" des Fidji: développée par le club de Clermont depuis 2010, l'académie de Nadroga exporte ses joueurs dans le monde (Waisake Naholo, Raka, Yato) et s’impose comme le fournisseur numéro 1 de la sélection, opposée samedi au XV de France.

C’est un terrain modeste coincé entre la côte de Corail au sud de la grande île fidjienne de Viti Levu et la Queen’s Highway, principale route du pays. Rien n'a changé par rapport à 1998 et la venue des Bleus avant un test-match face aux Fidji: les poteaux de rugby sont tremblants, la pelouse fatiguée et il n’y a pas de vestiaire.

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Les apparences sont pourtant trompeuses à Cuvu, village de la province de Nadroga, l’une des quatorze du pays. Sur ce terrain qui a des allures de champ au pied d’une colline, se prépare en effet la relève du rugby fidjien, sport roi de l’archipel avec 80.000 licenciés revendiqués pour 905.000 habitants.

Cinq fois par semaine, une soixantaine de joueurs de 16 à 20 ans s’y entraînent à l’heure des cours. Certains sont étudiants à l’institut technique de Navosa situé en surplomb. Les autres sont encore au lycée. Tous sont pensionnaires de l’académie de Nadroga.

S’ils sont l’avenir du rugby fidjien, c’est parce qu’a émergé ici en 2010 un système de sport-étude unique dans l’archipel. "C’est l’usine à champions du pays", sourit le président de la province, Tiko Matawalu, ancien pilier international.

- Volet scolaire -

La province de Nadroga a en effet raflé tous les titres seniors pendant 7 ans (2010-2017). Et 10 joueurs du groupe des "Flying Fijians" pour cette tournée de novembre sont issus de l’académie, au budget annuel de 50.000 dollars fidjiens (21.000 euros).

Elle est née en 2010 quand le club de Clermont, conquis par les performances de son ailier Napolioni Nalaga, décide d’investir dans une filière fidjienne. L’ASM offre un soutien logistique et une expertise technique pour développer un programme de formation à destination des moins de 20 ans, avec l’idée d'attirer les meilleurs talents.

Une organisation non-gouvernementale, "Think Pacific", se greffe au projet en proposant notamment des cours de diététique et une sensibilisation à la gestion financière.

Depuis, trois autres programmes sont venus compléter le dispositif, dont le "volet scolaire permet aux joueurs de construire une vie après le rugby" souligne Tiko Matawalu.

Mais la priorité reste le terrain, et l'académie constitue d'abord un tremplin pour une carrière professionnelle: "Tous les joueurs ont pour objectif de partir. C’est aussi l’espoir de leur famille. C’est une question de fierté. Mais aussi de perspectives économiques" précise le Français Franck Boivert, maître d’oeuvre du projet.

Les revenus des expatriés sont une contribution très importante à la richesse nationale, et l'Académie de Nadroga y apporte d'évidence son écot: parmi les 500 joueurs professionnels ou semi-professionnels en Europe, dont 300 en France, nombreux en sont issus.

- Les investisseurs manquent -

L’initiative de Clermont, où brillent Peceli Yato et Alivereti Raka, profite ainsi à d’autres. Des clubs français (Biarritz, Mont-de-Marsan, Aix-en-Provence), anglais (Semi Kunatani aux Harlequins, Nemani Nagusa à Newcastle), et plus près australiens et néo-zélandais.

Parti en Nouvelle-Zélande, l’ailier Waisake Naholo est même devenu un All Black et pourrait être imité par son petit frère, Kini Naholo, déjà sélectionné avec les "Baby Blacks (U20).

Mais si le modèle de Nadroga est devenu l’exemple à suivre pour le rugby fidjien, il reste encore unique faute d’investisseurs.

"Des provinces aimeraient copier notre organisation mais sans un partenariat comme celui que nous avons avec Clermont, c’est impossible" explique Tiko Matawalu.

Renouvelé en mai dernier jusqu’en 2021, il vient en plus de rapporter 6.300 euros au titre des indemnités de formation de Raka. Tiko Matawalu rêve encore plus grand et lance un appel du pied: "Nous pouvons encore mieux faire. Il y a du potentiel qui ne s’est pas encore révélé."

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