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Brésil: le gouverneur de Rio arrêté dans un énième scandale de corruption

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Brésil: le gouverneur de Rio arrêté dans un énième scandale de corruption

Brésil: le gouverneur de Rio arrêté dans un énième scandale de corruption
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Le gouverneur de Rio de Janeiro, Luiz Fernando Pezao, a été arrêté jeudi, soupçonné de corruption, deux ans après la chute spectaculaire de Sergio Cabral, son flamboyant prédécesseur à la tête de cet Etat miné par les affaires et la violence.

"Le gouverneur est membre d'une organisation criminelle, qui a commis de nombreux crimes contre l'administration publique, notamment de corruption et blanchiment", a indiqué le Parquet dans un communiqué.

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La chaîne Globo News a diffusé en direct des images du déploiement de la police fédérale dans la demeure officielle du responsable, le palais de Laranjeiras à Rio. Luiz Fernando Pezao était chez lui en train de prendre son petit-déjeuner et a été placé en état d'arrestation.

Les soupçons portent sur l'époque où il était le vice-gouverneur de Sergio Cabral, emprisonné en novembre 2016 et condamné à une peine cumulée de plus de 180 ans de réclusion pour corruption.

Mais Luiz Fernando Pezao, contrairement à son prédécesseur, a été arrêté dans l'exercice de ses fonctions, même si son mandat arrive à son terme dans un mois. Avant lui, seul le gouverneur de Brasilia José Arruda avait été interpellé alors qu'il était encore au pouvoir, en 2010.

- Versements mensuels -

Élu gouverneur en 2014 sous l'étiquette du MDB du centre droit de l'actuel président Michel Temer, M. Pezao a été arrêté sur la base d'une délation d'un ancien associé de Cabral chargé des finances, aujourd'hui détenu, Carlos Miranda, en échange d'un allègement de sa peine.

Selon ce dernier, Pezao aurait reçu mensuellement 150.000 réais (quelque 40.000 dollars au taux actuel) et des gratifications de fin d'année pouvant atteindre un million de réais (263.000 dollars).

Cet argent aurait été versé par des entreprises et des intermédiaires liés par des contrats au gouvernorat de Rio de Janeiro, sur la période courant de 2007 à 2014.

"Il y a des traces de versements en espèces de 25 millions de réais (environ 6,5 millions de dollars au taux actuel), un montant totalement incompatible avec le patrimoine déclaré" par le gouverneur, a souligné le parquet.

Sergio Cabral avait été décrit par les procureurs de "Lavage-Express", enquête emblématique de la lutte contre la corruption au Brésil, comme le grand chef d'orchestre d'un réseau qui détournait systématiquement des fonds de tous les travaux publics, y compris ceux de la rénovation du mythique stade de football Maracana pour le Mondial-2014.

Il avait scandalisé le Brésil après les révélations sur son style de vie particulièrement "bling bling", avec des virées nocturnes très arrosées à Paris ou dans sa villa voisine de celle de la star du football Neymar dans une cité balnéaire de Rio.

Sans compter une quantité impressionnante de bijoux achetés à sa femme, entre autres pour blanchir l'argent de la corruption.

- Crise financière -

Luiz Fernando Pezao a un profil plus discret. De son vrai nom Luiz Fernando Souza, il a adopté le surnom "Pezao" (grand pied), dont il est affublé parce qu'il chausse du 47.

Atteint d'un cancer en 2016, le gouverneur a été écarté de ses fonctions pour des raisons médicales pendant sept mois, durant lesquels il a passé la plupart du temps reclus dans sa ferme de Pirai, petite ville dans une zone rurale à 100 km de Rio, dont il est originaire.

Durant son mandat, il a hérité de Cabral la pire crise financière de l'histoire de son Etat, qui est encore aujourd'hui au bord de la banqueroute.

Rio est également en proie à de graves problèmes de violence, qui ont poussé le président Temer à confier par décret en février le commandement des forces de sécurité de l'Etat à l'armée. Sans effet.

La sécurité est censée être du ressort du gouvernement de l'Etat, mais M. Pezao lui-même avait avoué à l'époque être dans l'incapacité de faire face à cette escalade de la violence, qui est aussi liée au manque de financements pour les forces de sécurité.

Un nouveau gouverneur, Wilson Witzel, a été élu en octobre et doit prendre ses fonctions au 1er janvier. Il est aligné sur les idées d'extrême droite du président élu Jair Bolsonaro, prônant par exemple l'utilisation de snipers pour abattre des narcotrafiquants, même en l'absence de confrontations.

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