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Trump-Poutine, l'impossible rapprochement

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Donald Trump et Vladimir Poutine, c'est l'histoire d'une succession de rendez-vous manqués.

Après avoir promis, durant sa campagne, un rapprochement avec la Russie, le président des Etats-Unis a buté sur plusieurs différends qui rendent difficile un dégel des relations, ainsi que sur l'enquête russe qui jette la suspicion sur toute tentative d'entente avec son homologue du Kremlin.

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Et sa propre attitude conciliante n'a fait qu'attiser l'hostilité d'un Congrès américain vent debout face à Moscou.

- Dossiers sensibles -

Cette fois, c'est la confrontation entre la Russie et l'Ukraine qui s'est invitée à la table où les deux dirigeants devaient se retrouver samedi lors du G20 en Argentine.

La gestion du dossier ukrainien est emblématique des ambivalences de Washington depuis que le milliardaire républicain est à la Maison Blanche. "Les Etats-Unis sont favorables à une relation normale avec la Russie. Mais des actions illégales comme celle-ci rendent cela impossible", a résumé lundi l'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, Nikki Haley au sujet de la capture de navires ukrainiens par Moscou.

Mais lorsqu'il a rencontré Vladimir Poutine en juillet à Helsinki, le président américain est resté discret sur ce contentieux autour de l'Ukraine à l'origine de nombreuses sanctions américaines.

Sur d'autres points chauds de la planète, les dirigeants des deux grandes puissances aimeraient réussir à coopérer. A commencer par la Syrie. Ils s'y sont même engagés en novembre 2017 lors d'une brève entrevue au Vietnam, où ils ont signé un communiqué commun pour défendre une "solution politique" au conflit syrien.

Mais cette entente embryonnaire a rapidement été contredite sur le terrain et Donald Trump a finalement ordonné, en avril suivant, des frappes contre le régime de Damas accusé d'avoir utilisé des armes chimiques avec le consentement de Moscou.

Le recours à un agent chimique contre un ex-agent double russe en Angleterre, imputé par les Occidentaux aux autorités russes, a aussi contribué à empoisonner le réchauffement voulu par le duo Trump-Poutine. Washington a expulsé en réponse 60 "espions" russes et s'apprête à imposer des sanctions économiques "très sévères".

- L'enquête russe -

Pour les détracteurs de l'ancien magnat de l'immobilier, c'est le péché originel: l'ingérence russe dans l'élection qui l'a conduit au pouvoir, objet d'une enquête confiée au procureur spécial Robert Mueller. Ce dernier s'intéresse aussi aux soupçons de collusion entre le Kremlin et l'équipe de campagne du républicain.

Depuis le début, tous les gestes que le président américain esquisse en direction de son homologue sont interprétés à la lumière de ces suspicions.

Et de l'aveu même de la Maison Blanche, l'enquête Mueller, qualifiée par M. Trump de "chasse aux sorcières", pollue les relations entre les deux pays.

Du coup, certains s'interrogent. "Est-ce que Trump a annulé sa rencontre avec Poutine" au G20 "à cause de l'attaque russe en Ukraine ou des révélations de Cohen?", a demandé sur Twitter un ex-ambassadeur des Etats-Unis à Moscou, Michael McFaul.

Car l'annulation est intervenue juste après une énième mauvaise nouvelle pour le président: son ex-avocat Michael Cohen a reconnu avoir menti au Congrès sur des contacts avec des Russes au sujet d'un projet immobilier.

- Donald sabote Trump -

Au-delà du fond, c'est souvent l'attitude de Donald Trump qui finit par saper toute velléité de rapprochement.

Au Vietnam en novembre 2017 puis à Helsinki en juillet 2018, c'est le même enchaînement qui s'est reproduit: s'agissant de l'ingérence de Moscou, l'Américain a semblé donner plus de poids aux dénégations du Russe qu'aux accusations de ses propres agences de renseignement. Tollé à Washington, et le milliardaire obligé de rétropédaler.

Résultat, alors même que de nombreux responsables politiques reconnaissent qu'il serait bon d'avoir des échanges fermes avec la Russie, la plupart estiment que Donald Trump n'en est pas capable. Le seul fait qu'il ait eu un tête-à-tête avec Vladimir Poutine à Helsinki a fait l'objet d'une controverse aux Etats-Unis, où des opposants démocrates ont même réclamé de pouvoir entendre le témoignage de l'interprète!

La tâche est d'autant plus compliquée pour le président qu'il doit composer avec un Congrès qui, jusque dans ses propres rangs républicains, défend traditionnellement une politique de fermeté à l'égard de l'ennemi historique russe.

La décision-surprise de jeudi a donc, une fois n'est pas coutume, fait plus de satisfaits que de mécontents.

"C'est une bonne décision pour les Etats-Unis", a résumé l'ex-diplomate Nicholas Burns, car "il était très peu probable que Trump adresse en personne un message ferme à Poutine".

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