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"Il n'y a pas d'argent, pourquoi organiser un G20?": les Argentins se mobilisent dans le calme

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"Il n'y a pas d'argent, pourquoi organiser un G20?": les Argentins se mobilisent dans le calme

"Il n'y a pas d'argent, pourquoi organiser un G20?": les Argentins se mobilisent dans le calme
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"Non au G20", "non au FMI", "Trump dehors", des dizaines de milliers d'Argentins se sont mobilisés vendredi, dans le calme, dans le centre de Buenos Aires à quelques kilomètres du sommet des chefs d'Etat du G20.

Les violences redoutées n'ont finalement pas eu lieu et la manifestation s'est dispersée sans incident, a constaté l'AFP. Plus de 20.000 policiers ont été mobilisés pour cette réunion qui se tient dans une capitale transformée en camp retranché.

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Sous un soleil printanier, dans une capitale déserte car les autorités ont décrété un jour férié, les manifestants entonnent des slogans hostiles au président argentin Mauricio Macri et à Donald Trump, accusé de vouloir mettre le monde à sa botte.

"Nous manifestons pour dénoncer la présence des représentants des grandes puissances, nous voulons leur faire savoir qu'ils ne sont pas les bienvenus dans notre pays", martèle Florencia di Llelo, en tête du cortège.

Autour d'elle, une dizaine de jeunes femmes avancent torse nu, peintes aux couleurs des principales nations du G20 en tenant une banderole sur laquelle on peut lire, "Ils veulent la guerre et nous ne les laisserons pas en paix".

"Je me suis grimée aux couleurs des Etats-Unis pour dénoncer l'impérialisme de Trump et son manque de respect pour les femmes", dit Mariana Torres, 23 ans, qui étudie pour devenir assistante sociale.

"L'Argentine est une colonie, de différentes manières, les puissances veulent décider pour nous, pour notre futur. Ici, c'est le FMI qui gouverne. Ca suffit", se lamente Hector Aguirre, 50 ans, chômeur et militant du MST, le Mouvement socialiste des travailleurs.

Submergé par deux crises monétaires en 2018, l'Argentine a appelé le FMI à la rescousse, pour obtenir un prêt de 57 milliards de dollars.

Tous veulent une marche pacifique mais beaucoup redoutent d'éventuels débordements. Ces derniers mois, nombre de mobilisations se sont terminées par des affrontements entre manifestants et la police.

"Si ça tourne mal, je pars en courant", confie Claudia Martinez, 27 ans, une psychologue venue avec des amies. C'est sa première manifestation. "Les pays les plus industrialisés soumettent les plus faibles. Depuis toujours. C'est inéluctable", interroge la jeune femme.

- "Contre-colonisation" -

De passage à Buenos Aires pour un congrès, Magdalena Tosoni comptait aller au musée, mais tout est fermé ce vendredi, alors elle participe à la marche. "L'Argentine est un pays pauvre, il n'y a pas d'argent pour réparer ou construire des écoles, des hôpitaux. Pourquoi consacrer de l'argent à l'organisation d'un G20", s'étonne cette professeur de sociologie de 53 ans.

Tadeo Cuoto, un Brésilien de 32 ans est drapé dans le drapeau rouge du syndicat de l'industrie pétrolière et arbore un portrait de Lula sur son T-shirt. "Le G20, c'est un des symboles du capitalisme sauvage. Je suis venu du Brésil pour réclamer un monde plus juste", dit cet ingénieur qui travaille sur des plate-formes offshore.

Jeudi, la ministre de la Sécurité argentine Patricia Bullrich a prévenu qu'elle ne tolérerait "aucune violence" alors que Buenos Aires se remet à peine des violents affrontements de samedi dernier, avant le match de foot River Plate-Boca Juniors, jetant le doute sur la capacité des autorités à contenir d'éventuels débordements.

Dans une Argentine minée par l'inflation annuelle qui va dépasser les 40%, une récession, les licenciements, la tension sociale grandit. Deux grèves générales ont paralysé le pays et nombre de manifestations se sont terminées par des affrontements avec la police.

La précédente édition du G20, l'an dernier à Hambourg, avait donné lieu à de violents affrontements.

"J'espère que les casseurs ne vont pas gâcher la manifestation. La violence affaiblit nos revendications légitimes. Mais je comprends d'une certaine manière. Les gens veulent tellement combattre le système qu'ils finissent par cautionner la violence", regrette le militant brésilien.

Un groupe porte un totem orné d'une plante endémique de l'Argentine, le Plumeau de la Pampa. "C'est une plante du tiers monde qui a des propriétés anti-coloniales", ironise Nicolas Herman, du collectif L'Aile active. "Cette plante est en train de coloniser l'Europe et menace l'écosystème là-bas tellement elle se développe, c'est une sorte de contre-colonisation".

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