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GB: le monde du sport s'inquiète de voir le Brexit changer les règles du jeu

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GB: le monde du sport s'inquiète de voir le Brexit changer les règles du jeu

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En sport comme en politique, le processus de Brexit, encore incertain, fait de nombreux inquiets: joueurs, supporteurs et investisseurs s'interrogent sur les conséquences du retrait du Royaume-Uni de l'UE.

Les futures restrictions visant l'immigration européenne sont particulièrement sources de préoccupation dans le milieu du football, même si certains y voient une manière de mettre davantage en valeur les joueur britanniques.

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Pour la Premier League, le championnat le plus lucratif au monde, pouvoir attirer des talents comme le Belge Eden Hazard, attaquant de Chelsea, ou le milieu de terrain français de Manchester United, Paul Pogba, est un paramètre incontournable.

Les représentants du championnat ont expliqué avoir mené des "discussions positives avec le gouvernement sur l'importance d'avoir accès aux joueurs européens pour les clubs", en insistant sur les "nombreux bénéfices économiques et culturels que la Premier League, mondialement populaire, apporte" au pays.

Mais comme dans l'ensemble de la société britannique, le football connait aussi ses divisions entre partisans et opposants au Brexit. Le milliardaire Steve Lansdown, propriétaire du club de Bristol, en deuxième division, est l'un des hommes d'affaires les plus réputés à avoir défendu le retrait de l'UE.

"Il y aura moins d'arrivées en provenance de l'étranger", a-t-il expliqué à l'AFP. "Les clubs seront plus sélectifs, et les joueurs étrangers devront passer des tests. Cela donnera plus d'opportunités aux joueurs britanniques de percer".

Mais Phil Garlick, président du club de Burnley, qui évolue en Premier League, estime lui que le Brexit pourrait être "extrêmement dommageable" au football britannique, et réclame l'organisation d'un second référendum.

"Avec la fin de la liberté de circulation, et si le gouvernement impose des conditions restrictives sur les visas pour les joueurs européens, il sera beaucoup plus compliqué d'attirer les talents", souligne-t-il.

- 'Potentiellement explosif' -

Bien que moins dépendant du vivier de joueurs européens, le rugby suit également d'un œil attentif le processus de divorce, inquiet des conséquences sur les compétitions continentales.

Le premier test majeur aura lieu le 29 mars: la date du Brexit coïncide avec les quarts de finale de la Coupe d'Europe de rugby, ce qui pourrait compliquer les déplacements des équipes et des supporteurs.

L'organisateur du tournoi, l'European Professional Club Rugby, a expliqué qu'il "surveillait de près les conditions de sortie du Royaume-Uni de l'UE".

Selon Simon Keogh, président de l'association des joueurs irlandais, le Brexit pourrait s'avérer coûteux pour les professionnels d'Irlande du Nord.

"Ils sont payés en livres, mais leurs salaires et leurs bonus sont d'abord négociés en euros, et pourraient donc être affectés si la livre devait chuter" à l'issue du divorce, dit-il à l'AFP. "Ce sujet est potentiellement explosif, plus que les difficultés de déplacement".

- Appel au 'bon sens' -

En Formule 1 aussi, le Brexit est un sujet récurrent: plusieurs écuries, dont Renault, Williams ou McLaren, sont implantées au Royaume-Uni, et l'actuel champion du monde, Lewis Hamilton, est Britannique.

Les nouvelles règles en matière d'immigration "pourraient potentiellement poser problème", reconnait Marcin Budkowski, le directeur exécutif de Renault F1.

"On a des salariés de différentes nationalités. Est-ce qu'il sera facile de recruter des étrangers à l'avenir ? Personne ne le sait. Ce sera certainement plus compliqué" déplore-t-il, sans trop s'inquiéter néanmoins. "Les Anglais sont pragmatiques", veut-il croire.

Les courses hippiques, elles, pourraient être sévèrement touchées par un Brexit sans accord, affectant aussi bien les mouvements de chevaux à travers les frontières que le soutien financier d'investisseurs étrangers.

"Le Brexit est une source d'incertitude", concède Edmond Mahony, président de Tattersalls, la plus ancienne société de vente de pur-sang en Europe.

"C’est mauvais pour les courses car beaucoup de propriétaires (de chevaux) travaillent dans le secteur de la finance. Ils sont perturbés et pourraient décider de ne pas investir cette année".

L'entraîneur britannique John Gosden se montre très pessimiste quant à l'avenir: "Nous sommes en train d'assister à un naufrage", déclare-t-il à l'AFP.

"Nous devons pouvoir déplacer les chevaux, ils ne peuvent pas attendre dans un port pendant deux ou trois jours que quelqu'un leur tamponne un passeport", s'inquiète-t-il. "J'espère que le bon sens prévaudra à la fin".

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