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Année 2018 - Sport français: derrière les succès, le grand doute

Année 2018 - Sport français: derrière les succès, le grand doute
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Loin de la Coupe du monde ramenée par les Bleus de Russie et des JO de Paris-2024, le sport français a été gagné par le doute en 2018, entre peur de voir baisser ses moyens publics et réforme chaotique de son modèle.

Les inquiétudes sont nombreuses dans le sport français, des clubs amateurs jusqu’au plus haut niveau. Aux succès de Martin Fourcade ou de Kevin Mayer, ont succédé les lettres ouvertes et pétitions demandant plus de reconnaissance de l’Etat. Quant à la future agence nationale du sport, appelée à devenir un acteur central, elle soulève beaucoup de questions.

“Le match n’est pas perdu, mais il se jouera en 2019. Ce sera une année clé”, prévient un député de la majorité, François Cormier-Bouligeon (LREM), qui dirige le groupe d‘études sport à l’Assemblée nationale.

- Le sport à la diète ? /p>

Le match, c’est d’un côté, rester compétitif, alors que les Bleus se maintiennent entre la 5e et la 10e place aux JO d‘été depuis 40 ans; de l’autre, développer le sport dans toute la société.

Après l‘élection d’Emmanuel Macron, l’Etat et le mouvement sportif, comité olympique français (CNOSF) en tête, semblaient enfin sur la même longueur d’onde pour que le premier donne plus de pouvoirs au second. Et que l’Etat renonce à sa tutelle, devenue très théorique et plus très efficace, sur les fédérations.

Mais la question des moyens a fait dérailler ce chantier : budget du ministère des Sports en baisse pendant deux années consécutives, suppression des emplois aidés et baisse de l’enveloppe publique destinée aux clubs, les mauvais signaux se sont multipliés.

Pire, la fuite, début septembre 2018, d’une note de Matignon évoquant la suppression de 1600 “équivalents temps plein” parmi les agents du ministère d’ici 2022 — soit près de la moitié ! — , en visant les cadres d’Etat placés auprès des fédérations, a mis le feu aux poudres. Un champ de mines pour la nouvelle ministre, Roxana Maracineanu, arrivée dans l’urgence pour remplacer au pied levé Laura Flessel, contrainte à la démission en raison de soucis avec le fisc.

L’ancienne championne du monde de natation veut rassurer. Non, les cadres d’Etat ne perdront pas leur emploi — mais il y aura une réflexion sur leur rôle —, oui, “on a assez d’argent pour travailler”. Malgré une nouvelle baisse du budget (461 millions d’euros) pour 2019, le ministère assure que 55 millions de nouvelles mesures ont pu être dégagées.

le pari d’une agence /p>

Est-ce que le salut viendra de l’Agence nationale pour le sport, le nouvel acteur qui doit entrer en scène en 2019? Dans cette nouvelle structure, l’Etat, les collectivités territoriales, le mouvement sportif (CNOSF et fédérations), et, dans une moindre mesure, les entreprises, décideraient ensemble des orientations pour le haut niveau et le développement des pratiques sportives.

Avec des évolutions très concrètes: au sein de l’agence, c’est la cellule du haut niveau, dirigée par l’ancien sélectionneur des Bleus de handball, Claude Onesta, qui pilotera les subventions aux fédérations pour aller chercher les médailles, avec un budget en hausse à 90 millions d’euros en 2019, contre 62 en 2018 ; de l’autre, ce sont ces mêmes fédérations, et non plus le bras financier du ministère (le Conseil national pour le développement du sport, CNDS), qui seraient appelées à gérer les subventions aux clubs sur les territoires. Une marque de confiance et un beau pactole à la clé pour elles, environ 140 millions d’euros.

“2019, transition” –

Au CNOSF, on applaudit ce nouveau partage. Mais certains patrons de fédés s’interrogent: “on va avoir l’autonomie, avec quels moyens ?” demande l’un d’eux, inquiet : “on saute dans le vide: Paris-2024 c’est demain, Tokyo-2020 tout de suite”. Dans son rapport au parlement, une autre députée LREM, Perrine Goulet, a exprimé “d’extrêmes réserves” sur le projet, craignant que “l‘État se désiste de ses responsabilités”.

Le ministère des Sports réfute tout désengagement et défend un système “plus transparent”, où “l’Etat donne plus et devient partenaire”.

Pour 2019, l’agence va disposer de 350 millions d’euros de budget, le ministère d’environ 170 millions pour un périmètre plus restreint.

Et après ? “Tout l’enjeu, ça va être que les acteurs puissent s’entendre, mais aussi que l’agence puisse aller chercher des fonds dans le privé”, comme devraient le prévoir ses statuts, analyse un acteur du dossier. Les inquiétudes ne sont pas totalement éteintes, notamment sur la capacité des fédérations à gérer à la place de l’Etat l’enveloppe des subventions sur le terrain. De fait, CNOSF et ministère des Sports conviennent que toutes ne sont pas armées en moyens humains et en compétences, et que 2019 sera “une année de transition”.

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