Euronews n'est plus accessible sur Internet Explorer. Ce navigateur n'est plus supporté par son éditeur, Microsoft, et les dernières fonctionnalités techniques de notre site ne peuvent plus fonctionner correctement. Nous vous encourageons à utiliser un autre navigateur, tels que Edge, Google Chrome ou Mozilla Firefox.
DERNIERE MINUTE

L'ex-avocat de Trump prend trois ans de prison, le président menacé

Michael Cohen à sa sortie du tribunal, le 12 novembre 2018, à New York
Michael Cohen à sa sortie du tribunal, le 12 novembre 2018, à New York -
Tous droits réservés
TIMOTHY A. CLARY
Euronews logo
Taille du texte Aa Aa

L’ancien avocat de Donald Trump, Michael Cohen, a été condamné mercredi à trois ans de prison par un juge fédéral de Manhattan, après avoir dénoncé les “sales coups” du président américain, dont les enquêteurs se rapprochent dangereusement.

Juste avant le prononcé de la sentence, M. Cohen a fait son mea culpa, d’une voix étranglée et en retenant quelques larmes, déclarant devant une salle d’audience bondée regretter d’avoir servi d’homme de confiance du milliardaire pendant plus d’une décennie.

Evoquant un récent tweet de Donald Trump le traitant de “faible”, l’avocat et homme d’affaires de 52 ans a estimé que “c‘était vrai, mais pour une autre raison: je pensais que c‘était mon devoir de couvrir ses sales coups plutôt que d‘écouter ma conscience et mon jugement moral”.

S’exprimant devant sa famille au grand complet, il s’est dit déterminé à prouver que ce n‘était pas lui “le vilain de l’histoire”, et que c‘était sa “loyauté” envers le milliardaire new-yorkais qui l’avait poussé “sur une voie sombre”, en achetant notamment pendant la campagne présidentielle 2016 le silence de deux femmes, sur leur liaison supposée avec M. Trump.

C’est une nouvelle attaque contre le président des Etats-Unis, qui cherche depuis des mois à discréditer son ancien avocat, devenu un témoin à charge particulièrement dangereux après avoir appartenu à sa garde rapprochée.

- Inculper Trump? /p>

Depuis que M. Cohen a impliqué M. Trump dans les paiements aux maîtresses supposées, les médias américains spéculent sur une éventuelle inculpation du président dans cette affaire.

La plupart des juristes estiment qu’il bénéficie d’une immunité tant qu’il est à la Maison Blanche, mais les procureurs new-yorkais continuent d‘étayer leur dossier: ils ont indiqué mercredi que l‘éditeur du journal à sensations National Enquirer, qui a effectué le paiement à l’une des deux femmes, corroborait les déclarations de M. Cohen et coopérait désormais avec les enquêteurs.

Le revirement de l‘éditeur, David Pecker, allié de longue date de Donald Trump, constitue une mauvaise nouvelle pour le président, déjà fragilisé par le revirement spectaculaire de Michael Cohen ces derniers mois.

Après avoir été perquisitionné et épinglé pour fraude fiscale et bancaire, ce dernier avait avoué avoir organisé le paiement de 280.000 dollars aux deux maîtresses supposées, Stormy Daniels et Karen McDougal, afin d’“influencer l‘élection”, en violation des lois sur le financement des campagnes électorales.

En novembre, M. Cohen avait aussi reconnu avoir minimisé devant le Congrès les contacts de l‘équipe de campagne de M. Trump avec Moscou, pour éviter d’alimenter le dossier du procureur spécial Robert Mueller, qui enquête sur une éventuelle collusion entre l‘équipe Trump et la Russie.

Il a ainsi écorné la défense du président, qui assure n’avoir rien à cacher sur ses liens avec Moscou.

Appel à la clémence

En condamnant Michael Cohen à trois ans de prison et 100.000 dollars d’amende au total, le juge fédéral William Pauley a suivi les recommandations des procureurs new-yorkais.

Ces derniers, qui enquêtaient sur les volets de fraude fiscale et de paiements aux maîtresses présumées, avaient estimé que même si M. Cohen avait avoué, il n’avait pas suffisamment aidé les enquêteurs pour bénéficier d’une peine substantiellement inférieure à celle recommandée pour ce type de délits, à savoir quatre à cinq ans de prison.

Ils reprochaient à Michael Cohen de continuer à minimiser la gravité de ses actes.

En achetant le silence de maîtresses présumées de l’ancien magnat de l’immobilier, il a “trompé les électeurs en cachant des allégations dont il pensait qu’elles pourraient avoir un effet notable sur l‘élection” présidentielle, ont-ils souligné.

Michael Cohen, qui commencera à purger sa peine en mars prochain, avait lui espéré que les informations qu’il a fournies au procureur spécial Robert Mueller sur les contacts avec la Russie lui permettraient d‘éviter la prison.

“Il a fourni des preuves contre la personne la plus puissante du pays”, a fait valoir son avocat Guy Petrillo, appelant le juge à la clémence pour “donner du courage” à d’autres personnes susceptibles d’aider l’enquête de M. Mueller.

Une représentante du procureur spécial a d’ailleurs souligné à l’audience qu’après avoir initialement menti au Congrès sur l’ampleur de ses contacts avec la Russie, Michael Cohen avait fourni des informations “vraies et pertinentes” sur ce dossier explosif.

L’enquête de M. Mueller n’est pas terminée, au grand dam de Donald Trump, qui la qualifie régulièrement de “chasse aux sorcières”. Beaucoup spéculent sur des inculpations à venir, comme celle du fils aîné du milliardaire, Donald Junior, ou de son gendre Jared Kushner.

Mais si Michael Cohen a collaboré pleinement sur ce dossier, c’est parce qu’“il savait qu’il était sous la menace imminente d’une inculpation”, ont souligné les procureurs new-yorkais.

Donald Trump, qui avait espéré début décembre voir son ancien avocat condamné à une lourde peine, n’avait pas encore réagi mercredi après-midi à la condamnation de son ancien conseiller, ni au retournement de l‘éditeur David Pecker.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2019 - Agence France-Presse.
+Voir plus
Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© 2019 - Agence France-Presse. Toutes les informations (texte, photo, vidéo, infographie fixe ou animée, contenu sonore ou multimédia) reproduites dans cette rubrique (ou sur cette page selon le cas) sont protégées par la législation en vigueur sur les droits de propriété intellectuelle. Par conséquent, toute reproduction, représentation, modification, traduction, exploitation commerciale ou réutilisation de quelque manière que ce soit est interdite sans l’accord préalable écrit de l’AFP, à l’exception de l’usage non commercial personnel. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des retards, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus dans le domaine des informations de presse, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations. AFP et son logo sont des marques déposées.