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Sans Etats-Unis et Hongrie, l'ONU adopte un Pacte mondial sur les réfugiés

Sans Etats-Unis et Hongrie, l'ONU adopte un Pacte mondial sur les réfugiés
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L'Assemblée générale de l'ONU a adopté lundi à une très grande majorité mais sans les Etats-Unis et la Hongrie un Pacte mondial sur les réfugiés visant à améliorer leur gestion internationale, un texte qui n'a pas suscité les passions ayant entouré le Pacte mondial sur les migrations.

La résolution sur ce Pacte sur les réfugiés a été approuvée par 181 pays, deux ont voté contre - les Etats-Unis et la Hongrie - et trois se sont abstenus (République dominicaine, Erythrée et Libye).

L'ONU n'a pas besoin d'un nouvel instrument légal, a affirmé la Hongrie. L'administration de Donald Trump avait expliqué récemment que si elle soutenait la majorité du texte, elle était contre certains élémens comme celui visant à limiter les possibles détentions de personnes cherchant l'asile dans un autre pays.

Comme le Pacte sur les migrations, le Pacte mondial sur les réfugiés n'a pas de valeur contraignante. Les deux textes découlent d'une Déclaration de New York adoptée à l'unanimité en 2016 par les 193 membres de l'ONU et qui visait à améliorer leur aptitude à mieux accueillir réfugiés et migrants et faciliter le cas échéant leur retour dans leur pays d'origine.

Rédigé sous la houlette du Haut commissariat aux réfugiés, basé à Genève et dirigé par l'Italien Filippo Grandi, le Pacte mondial sur les réfugiés a pour objectif de favoriser une réponse internationale adéquate aux mouvements massifs de réfugiés et aux situations de réfugiés prolongées.

"Aucun pays ne devrait être laissé seul pour faire face à un afflux massif de réfugiés", a souligné Filippo Grandi, en saluant une décision "historique" pour l'ONU. "Les crises de réfugiés appellent un partage mondial des responsabilités et le Pacte est une expression puissante de la manière dont nous travaillons ensemble dans le monde fragmenté d'aujourd'hui".

Le nouveau Pacte va permettre "de renforcer l'assistance et la protection des 25 millions de réfugiés recensés dans le monde", indique à l'AFP la présidente de l'Assemblée générale de l'ONU, l'Equatorienne Maria Fernanda Espinosa.

"Les pays d'accueil de réfugiés continuent de faire preuve d'une générosité et d'un engagement extraordinaires en faveur de la protection des réfugiés". Mais "plus de 85% des réfugiés dans le monde sont accueillis par des pays à revenu faible et moyen" et "nous devons soutenir les communautés et les Etats qui accueillent des réfugiés", a-t-elle ajouté.

- Quatre objectifs -

Deux pays, confrontés à des fuites massives de population, sont intervenus avant le vote. La Syrie, soulignant qu'il ne fallait pas politiser le débat, a demandé au "Haut commissariat aux réfugiés davantage d'efforts pour le retour des réfugiés syriens". Le Venezuela a demandé "d'éviter de faire du Pacte un outil d'intervention" dans les pays.

Dans un communiqué, l'ONG Oxfam s'est aussi félicité de l'adoption du Pacte et d'avoir pu participer à l'élaboration du texte.

Le document comprend quatre objectifs essentiels: alléger les pressions exercées sur les pays d'accueil; accroître l'autonomie des réfugiés; élargir l'accès à des solutions faisant appel à des pays tiers; et aider à créer dans les pays d'origine les conditions nécessaires au retour des réfugiés dans la sécurité et la dignité.

Un peu comme pour le Pacte sur les migrants, le texte sur les réfugiés favorise les arrangements nationaux et régionaux, évoque des outils de financement, des partenariats, une collecte et un partage de données. Des indicateurs sont enfin prévus pour mesurer les progrès accomplis dans la réalisation des quatre objectifs du Pacte mondial sur les réfugiés.

Contrairement au document sur les migrants, les Etats-Unis sont restés partie aux négociations menées pendant 18 mois. Le Pacte sur les migrants, adopté en juillet à l'unanimité moins les Etats-Unis, doit faire l'objet mercredi d'une ratification par l'Assemblée générale des Nations unies (193 membres).

Entre ces deux dates, une petite trentaine de pays, notamment en Europe, ont fait défection ou suspendu leur décision mais 165 Etats ont confirmé leur engagement en sa faveur lors d'un sommet début décembre au Maroc.

Ces derniers mois, le texte a suscité des déclarations populistes enflammées mettant en garde contre des "invasions" de migrants à venir. Il a été jusqu'à provoquer en Belgique la rupture de la coalition gouvernementale.

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