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Année-2018-2019 - Le tennis français en souffrance

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La déroute en finale de la Coupe Davis a constitué l‘épilogue d’une sombre saison, la première sans quart de finaliste en Grand Chelem depuis près de quarante ans, pour le tennis français, dont la relève n’apparaît qu’en pointillé. A quand le rebond?

. Pire saison depuis 1980

Sur le circuit, le tennis masculin tricolore a vécu sa pire saison depuis 1980: pour la première fois depuis 38 ans, aucun de ses représentants ne s’est hissé en quart de finale en Grand Chelem. Il attend même d’en retrouver la saveur depuis près de deux ans (Tsonga en Australie en 2017).

Les Bleus ont plafonné en huitième de finale, trois fois, toutes à Wimbledon, avec Gaël Monfils, Gilles Simon et Adrian Mannarino.

“Quand on regarde l’ensemble des résultats de nos joueurs français depuis le début de la saison, on ne peut pas tout d’un coup arriver à Roland-Garros et dire qu’on va gagner le tournoi ou arriver en deuxième semaine”, lâchait à mi-saison Thierry Champion, responsable du haut niveau à la Fédération française de tennis.

“Ce n’est pas génial mais c’est notre niveau en ce moment”, résumait-il.

Au classement, cette faillite s’est traduite par un top 20 sans le moindre Français mi-octobre, du jamais vu depuis douze ans. Deux semaines plus tard, plus aucun ne figurait même dans le top 25. Au terme de la saison, le mieux classé, Richard Gasquet, est 26e.

. La Coupe Davis en trompe-l’oeil

La Coupe Davis, pour sa dernière édition dans son format historique, apparaissait jusqu‘à la finale perdue contre la Croatie (3-1) comme l‘éclaircie du tennis français. En trois campagnes sous le troisième capitanat de Yannick Noah, pas de victoire référence mais une demi-finale, un sacre en 2017 – après seize ans d’attente – et une opportunité de doublé: le tableau avait fière allure.

La jolie histoire s’est écroulée fin novembre. Face à Marin Cilic et Borna Coric, deux membres du top 15, les 72 heures sur la terre battue lilloise ont projeté en pleine lumière les lacunes actuelles du tennis tricolore.

En trois simples joués par Jérémy Chardy, Jo-Wilfried Tsonga et Lucas Pouille, pas un set empoché, pire, pas le moindre break réalisé: “On s’est fait défoncer”, a résumé Noah, qui vivait sa dernière rencontre à la tête des Bleus.

“Combien de joueurs du top 5, 10, 20, 30 a-t-on battu dans les six derniers mois?, a-t-il interrogé. La barre était trop haute.”

. Relève et formation en question

Qui pour reprendre le flambeau derrière la génération des “néo-Mousquetaires” (Tsonga, Monfils, Gasquet et Simon) désormais trentenaires et dont la fin de carrière approche inévitablement? Ca ne se bouscule pas: Pouille est le seul joueur français de moins de trente ans dans le top 50.

“Ca doit nous amener à une remise en cause, à nous poser la question de notre système de formation. On s’est peut-être un peu endormis. Et autour de nous, ça bouge”, expliquait à l’AFP le directeur technique national Pierre Cherret cet automne.

“Par rapport à l‘époque de la génération dorée, on est un peu moins nombreux. Mais il y a quand même une relève”, défendait Pierre-Hugues Herbert (55e) à Roland-Garros, en citant, outre Pouille, Corentin Moutet (19 ans, 149e), Quentin Halys (22 ans, 128e) et Calvin Hemery (23 ans, 234e).

Parmi les points faibles du système, selon Cherret, une détection trop tardive et une préparation mentale parent pauvre de la formation.

“On repère nos jeunes trop tard. Ils doivent aussi être mieux entraînés, avec plus d’intensité. La précocité, même si ça dérange en France, c’est un incontournable pour arriver à haut niveau”, développe-t-il.

Quant à la préparation mentale, “on avait une personne qui venait de temps en temps. Aujourd’hui, on est en train de déployer tout un département”, complète-t-il.

. Mauresmo à la rescousse

Héritier N.1 de Tsonga et consorts, Pouille, 24 ans, a vu sa progression s’enrayer après son incursion dans le top 10 en mars (32e aujourd’hui). Pour reprendre sa marche en avant, il mise sur Amélie Mauresmo, la joueuse au palmarès le plus prestigieux du tennis français moderne, qui a entraîné Andy Murray pendant deux ans.

“Son expérience en tant que joueuse et entraîneure pourra m’aider à atteindre mes objectifs. Je suis persuadé que nous allons faire de grandes choses ensemble”, s’enthousiasme-t-il.

Mauresmo, elle, perçoit dans le discours de son nouvel élève “beaucoup d’envie de mettre en place des choses assez ambitieuses”.

Tous deux sont déjà au travail, comme en atteste une courte vidéo diffusée par le joueur mardi sur les réseaux sociaux. Après Paris, ils s’envoleront vers Dubaï, puis l’Australie pour lancer la saison 2019. Pour un nouveau départ?

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