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Emoi après la mort d'un deuxième enfant migrant détenu aux Etats-Unis

Emoi après la mort d'un deuxième enfant migrant détenu aux Etats-Unis
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Les services américains de contrôle des frontières ont ordonné que tous les enfants migrants en détention soient soumis à des examens médicaux, à la suite de la mort la nuit de Noël d’un garçon guatémaltèque de 8 ans, seize jours après celle d’une fillette du même pays.

Ce drame a aussitôt relancé le débat sur le sort des enfants migrants, les démocrates fustigeant “le mépris de la vie humaine” de l’administration Trump et appelant à “mettre un terme à cette politique anti-migrants”.

Le petit garçon, arrêté par le Service des douanes et de la protection des frontières (CBP), avait été “transféré immédiatement” lundi avec son père vers une structure hospitalière du Nouveau-Mexique après avoir montré “des signes de maladie possible”, selon un communiqué du CBP transmis à l’AFP.

L‘équipe médicale a d’abord diagnostiqué un “simple rhume”, mais le garçonnet a ensuite eu une poussée de fièvre, ont précisé les autorités. Gardé en observation pendant une heure et demie, il est sorti de l’hôpital lundi midi, avec des médicaments prescrits.

Dans la soirée, l’enfant a souffert de nausées et de vomissements et a été à nouveau transféré au centre médical, où il est mort lundi juste avant minuit, selon le CBP.

Les causes de la mort n’ont pas été établies, indique le CBP, qui a promis un “examen indépendant et approfondi des circonstances” du décès.

Le commissaire Kevin K. McAleenan a ensuite annoncé que l’agence “menait des examens médicaux sur tous les enfants détenus par la CBP” et “était en train de revoir ses procédures avec une attention particulière à la garde et la détention des enfants de moins de 10 ans”.

Le Guatemala, pays d’origine de l’enfant, a demandé “aux autorités américaines une enquête transparente et sérieuse sur cette affaire”. “Des rapports médicaux ont été demandés pour clarifier les causes du décès”, a indiqué le ministère guatémaltèque des Affaires étrangères dans un communiqué.

Les autorités guatémaltèques ont précisé que l’enfant et son père avaient été arrêtés le 18 décembre alors qu’ils traversaient la frontière américaine pour gagner la ville d’El Paso au Texas. Le 23, ils ont été transférés au poste de police des frontières à Alamogordo (Nouveau-Mexique, sud).

- “Coeur brisé” /p>

Le sénateur démocrate du Nouveau-Mexique, Martin Heinrich, a déclaré sur Twitter avoir “le coeur brisé”. “L’administration Trump doit rendre des comptes pour la mort de cet enfant et pour toutes les vies qu’elle a mises en danger avec son chaos volontaire et son mépris de la vie humaine”.

“Une histoire si épouvantable à entendre le jour de Noël”, a déploré sur Twitter Marc Veasy, élu démocrate du Texas à la Chambre des représentants.

“Nous devons exiger la transparence, apporter des réponses et mettre un terme à cette politique anti-migrants de l’Administration, dangereuse et haineuse”, a tweeté Nydia Velazquez, parlementaire démocrate de New York.

“Rêve” –

Déjà, le 8 décembre, une fillette guatémaltèque de 7 ans avait perdu la vie après son arrestation par des garde-frontières américains à l’issue d’un long périple. Elle était décédée d’un choc septique après son admission dans un hôpital d’El Paso, au Texas.

La mort de Jakelin Caal avait suscité une onde de choc aux Etats-Unis, où des milliers d’enfants migrants sont détenus dans des structures surpeuplées.

Elle a été enterrée mardi dans son pays natal, au cimetière de San Antonio Secortez, un village reculé de la commune indigène de Raxruhá, à 150 km environ au nord de la capitale, Guatemala.

“Cette fillette a quitté la maison heureuse, en quête d’un rêve, mais malheureusement elle est morte en chemin”, a dit à l’AFP Alberto Pop, le responsable de la communauté maya d’où était originaire l’enfant.

L’administration Trump a fait de la lutte contre l’immigration clandestine son cheval de bataille. En juin, la politique de séparation systématique des migrants mineurs de leurs parents avait provoqué une telle indignation que le président américain avait dû revoir sa copie en interdisant cette pratique.

Donald Trump a aussi déployé en octobre la Garde nationale, puis l’armée, à proximité de la frontière mexicaine, à l’approche d’une caravane de migrants centraméricains.

Il bataille actuellement avec le Congrès pour obtenir le financement de son projet de mur à la frontière avec le Mexique, une promesse de sa campagne présidentielle en 2016.

L’immigration vers les Etats-Unis provient actuellement principalement de pays d’Amérique centrale (Honduras, Salvador, Guatemala), que des familles entières fuient pour échapper à la violence et à la criminalité des gangs.

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