Euronews n'est plus accessible sur Internet Explorer. Ce navigateur n'est plus supporté par son éditeur, Microsoft, et les dernières fonctionnalités techniques de notre site ne peuvent plus fonctionner correctement. Nous vous encourageons à utiliser un autre navigateur, tels que Edge, Google Chrome ou Mozilla Firefox.
DERNIERE MINUTE

Elections en RDC: internet coupé à l'heure de la remontée des résultats

Elections en RDC: internet coupé à l'heure de la remontée des résultats
Euronews logo
Taille du texte Aa Aa

L'accès internet a été coupé par les autorités en République démocratique du Congo, officiellement pour éviter "un soulèvement populaire", au moment crucial de la centralisation des résultats, après l'élection présidentielle dimanche.

Les résultats provisoires "seront rendus publics au plus tard dimanche 6 janvier", a confirmé mardi la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Enjeu: la succession du président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001.

"Congolais, demeurons vigilants pour ne pas nous faire voler notre victoire", a déclaré mardi le Comité laïc de coordination (CLC), un collectif catholique à l'origine de trois marches début 2018 pour demander le départ du président Kabila.

"Le simple changement dans la continuité ne sera pas toléré", ajoute le CLC, allusion à une éventuelle proclamation de la victoire du candidat du pouvoir, l'ex-ministre de l'Intérieur Emmanuel Ramazani Shadary.

La suspension pour une durée indéterminée de l'accès internet a été annoncée lundi à l'AFP par un opérateur de téléphonie mobile et un fournisseur d'accès. Les envois de SMS sont également impossibles.

"Il y a des gens qui intoxiquaient la population avec de faux chiffres concernant les élections. Et cela préparait la population à un soulèvement populaire", a déclaré à l'AFP le conseiller diplomatique du président Kabila, Barnabe Kikaya bin Karubi.

"Le Conseil national de sécurité a décidé qu'il était impératif de couper internet pour permettre à la Commission électorale nationale indépendante (Céni) de terminer la compilation et l'encodage des résultats des élections", a-t-il ajouté, sans préciser la durée de la coupure.

Des internautes tentaient mardi leur chance dans quelques grands hôtels de Kinshasa où internet était encore disponible.

D'autres se rendaient au "beach" (port fluvial) où des petits commerçants revendent à la sauvette des recharges de crédit d'opérateurs du Congo-Brazzaville voisin.

Un forfait internet qui se vend 1.000 francs CFA (1,5 euros) à Brazzaville se marchandait à 5.000 francs congolais (2,6 euros) de l'autre côté du fleuve, a constaté un journaliste.

Impossible également d'écouter Radio France internationale (RFI) en fréquence FM depuis lundi soir.

Mardi soir, la radio publique française a affirmé que six de ses émetteurs sur neuf ne fonctionnaient pas en RDC (Kinshasa, Lubumbashi, Kisangani, Goma, Bukavu et Mbandaka).

RFI a fait plusieurs éditions spéciales sur les élections en RDC, le plus grand pays francophone au monde où la radio publique française revendique de très fortes audiences (40% du grand public congolais).

Ces coupures ont provoqué la première réaction diplomatique depuis les élections dimanche, pour lesquelles Kinshasa avait prié la communauté internationale de se tenir à l'écart.

- "Meilleurs voeux et internet" -

"Nous demandons au gouvernement de ne pas bloquer les moyens de communication et notamment l'accès à internet ainsi que les médias", ont écrit dans un communiqué conjoint les représentants de plusieurs pays occidentaux à Kinshasa emmenés par l'Union européenne (UE) et les Etats-Unis.

"Je souhaite une bonne année et meilleurs vœux à mes amis congolais! Que 2019 vous apporte la paix, une transition démocratique et l'internet débloqué!", a ajouté le nouvel ambassadeur des Etats-Unis, Mike Hammer, dans un tweet en son nom propre.

Le communiqué conjoint soutient "l'appel au calme" lancé par les observateurs électoraux congolais de la Conférence des évêques (Cenco) et de l'ONG Symocel.

Les Occidentaux soutiennent aussi "leur demande d'un accès des observateurs au centre de compilation des résultats".

Cette "compilation" intervient dans des centres locaux après la fin du dépouillement des bulletins et l'affichage des résultats dans les dizaines de milliers de bureaux de vote à travers le pays.

Lors des dernières élections en 2011, une ONG avait dénoncé des fraudes dans des centres locaux de compilation des résultats (CLCR).

"Les opérations de ramassage, centralisation et compilation des résultats dans les 179 centres locaux de compilation se poursuivent normalement", a indiqué mardi la Commission électorale (Céni) dans un communiqué.

Des observateurs auraient été acceptés dans les CLCR sauf dans deux provinces (Lomami, Sakuru), a déclaré à l'AFP un membre de la Conférence épiscopale (Cenco) qui affirme avoir déployé 40.000 observateurs sur le terrain le jour du vote.

La Commission électorale a dénoncé des "actes de vandalisme" la nuit dernière en plusieurs endroits "pour lesquels les plaintes seront déposées dès demain (mercredi)", sans autre précisions.

Dans le Nord-Kivu, l'opposition favorable au candidat Martin Fayulu a dénoncé des bourrages d'urnes par des groupes armés dans le territoire du Masisi lors du vote dimanche.

Trois candidats sur 21 se disputent les voix pour la succession du président Kabila: son "dauphin" l'ancien ministre de l'Intérieur Emmanuel Ramazani Shadary, et les deux opposants Félix Tshisekedi et Martin Fayulu.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2019 - Agence France-Presse.
+Voir plus
Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© 2019 - Agence France-Presse. Toutes les informations (texte, photo, vidéo, infographie fixe ou animée, contenu sonore ou multimédia) reproduites dans cette rubrique (ou sur cette page selon le cas) sont protégées par la législation en vigueur sur les droits de propriété intellectuelle. Par conséquent, toute reproduction, représentation, modification, traduction, exploitation commerciale ou réutilisation de quelque manière que ce soit est interdite sans l’accord préalable écrit de l’AFP, à l’exception de l’usage non commercial personnel. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des retards, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus dans le domaine des informations de presse, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations. AFP et son logo sont des marques déposées.