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Bolsonaro jette les terres indiennes du Brésil en pâture au lobby agricole

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En quelques minutes, le nouveau président du Brésil a mis par terre plus de cinquante ans de travail sur l'attribution des terres aux peuples indigènes. Les défenseurs des droits des autochtones - ces derniers sont au nombre de 900 000 environ -, ainsi que les organisations de défense de l'environnement s'attendaient bien à un coup bas de Jair Bolsonaro, mais ils n'imaginaient pas qu'il frapperait si vite.

A peine investi lors d'une cérémonie en grande pompe, le chef de l'Etat a fait publier un décret au Journal Officiel qui confie désormais la démarcation des territoires indiens au ministère de l'Agriculture. Le conflit d'intérêt est pourtant flagrant puisque celle qui a hérité de ce portefeuille, Tereza Cristina Corréa da Costa (en photo ci-dessous) n'est autre qu'une grande propriétaire terrienne qui était jusqu'à présent chef du groupe dit "ruraliste" au Parlement brésilien, étroitement lié aux lobbies de l'agro-business qui ont été très actifs au cours de la campagne électorale de Jair Bolsonaro.

La Fondation de l'Indien mise sur la touche

Depuis 1967, année de création de la Funai, la Fondation de l'Indien, c'est elle qui se chargeait de répartir les terres en concertation avec les différentes ethnies indigènes; et l'organisme public était rattaché au ministère de la Justice. La cause indienne se sent donc dépossédée, ses militants et les principaux responsables des autochtones dénoncent une stratégie pour démanteler petit à petit la Funai. Les 462 réserves installées sur des terres ancestrales, qui n'occupent pourtant qu'un peu plus de 12% du territoire brésilien, en grande partie en Amazonie, pourraient alors se retrouver à la merci des grands propriétaires, des entreprises forestières et autres groupes industriels...

Autre forte inquiétude, notamment pour l'écologie, le gouvernement Bolsonaro s'est arrangé pour placer le Service Forestier également sous la coupe du ministère de l'Agriculture, alors qu'il dépendait auparavant de celui de l'Environnement. Ce service perd ainsi son droit à trancher sur l'exploitation ou non des régions amazoniennes, et doit céder la main sur la reforestation.