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Brésil : les défis du gouvernement Bolsonaro

Brésil : les défis du gouvernement Bolsonaro
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Les défis à venir pour le gouvernement de Jair Bolsonaro qui prend ses fonctions mercredi sont immenses : redressement économique, épineuse réforme des retraites, privatisations, stature du Brésil dans le monde ou lutte contre la criminalité et la corruption qui gangrènent le Brésil.

- Economie -

Le Brésil est un grand pays exportateur, mais il sort d'une récession historique qui a effacé les bénéfices tirés de la période de prospérité qu'il a connue il y a dix ans.

Jair Bolsonaro a nommé l'ultra-libéral Paulo Guedes ministre de l'Economie pour mettre en oeuvre une série de réformes destinées à réduire la dette publique (76% du PIB en octobre), notamment par des privatisations, une refonte fiscale et une politique visant à encourager les investissements étrangers.

Un des dossiers les plus délicats sera la réforme du régime des retraites qui requiert une révision constitutionnelle et dont Jair Bolsonaro n'a pas dit un mot mardi dans ses deux discours d'investiture.

Son Parti social libéral (PSL) n'a pas de majorité dans les deux chambres du Congrès. Pour faire voter les réformes, il devra nouer des alliances avec différents groupes conservateurs.

Pour le cabinet de conseil Eurasia Group, ces réformes représentent un "véritable défi". Le fort soutien dont bénéficie Jair Bolsonaro pourrait lui donner la puissance de feu législative dont il a besoin, en particulier s'il entame les réformes rapidement, souligne le cabinet, qui dit toutefois s'attendre à "beaucoup de drames" au Congrès.

C'est pourquoi, celui-ci a fait appel à un "Pacte national" dans son premier discours officiel en tant que président, face aux parlementaires.

"Bolsonaro aura du mal à mettre en œuvre son programme fiscal", estime de son côté Mayra Rodriguez Valladares, une consultante américaine et spécialiste de la politique latino-américaine au cabinet MRV Associates.

- Diplomatie -

En rupture avec la tradition de multilatéralisme du Brésil, la politique étrangère devrait être largement inspirée par celle du président américain Donald Trump, que Jair Bolsonaro admire et qui s'est réjoui de son arrivée au pouvoir.

Le président élu a déjà annoncé le retrait de son pays du Pacte mondial pour les migrations et menace de faire de même avec l'Accord de Paris sur le climat.

Il devrait également décider prochainement d'un transfert à Jérusalem de l'ambassade du Brésil en Israël : selon le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui l'a rencontré en tête-à-tête au Brésil, ce n'est qu'une question de temps.

Il est par ailleurs hostile à ce que la Chine investisse davantage au Brésil et a assuré que son gouvernement ferait tout son possible "dans le cadre de la démocratie" pour agir contre les gouvernements socialistes cubain et vénézuélien.

"Est-ce qu'il prend le risque de tensions en jouant au dur avec le Venezuela ? Bolsonaro n'a pas d'expérience en politique étrangère et son équipe non plus - si cela devient un incident international, cela pourrait très, très mal finir", prévient Ryan Lloyd, un expert américain en relations internationales et chercheur à l'Université de Sao Paulo.

- Enjeux intérieurs -

Jair Bolsonaro a promis de lutter contre la criminalité endémique qui ronge le Brésil et de mettre fin à la corruption qui gangrène la classe politique.

Il veut en particulier assouplir la règlementation sur le port d'armes, suscitant la crainte d'une recrudescence de la violence dans un pays où près de 64.000 homicides ont été recensés en 2017. Les policiers, responsables d'environ 5.000 morts par an, devraient également jouir d'une plus grande impunité.

Il a en outre nommé ministre de la Justice Sergio Moro, le juge ayant instruit à partir de 2014 le dossier "Lavage-express", la plus grande enquête anticorruption de l'histoire du Brésil, qui a permis de mettre des dizaines de dirigeants de tous bords sous les verrous, dont l'ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2012).

Mais la corruption politique au Brésil est profondément enracinée et tout soupçon sur l'entourage de Jair Bolsonaro - l'agence gouvernementale chargée de surveiller les transactions financières a récemment ouvert deux enquêtes sur des versements suspects à un ex-assistant de son fils député -, ou sur son parti pourrait ternir son image.

La protection de l'environnement et notamment de l'Amazonie, poumon vert de la planète, représente un autre défi. Le président élu a déjà fait savoir qu'il ferait passer les intérêts miniers et agricoles en premier. Mardi soir, il a décidé d'attribuer au ministère de l'Agriculture la responsabilité de la démarcation des terres indigènes.

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