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Coupe de France: Pontivy rêve en double

Trophée de la Coupe de France
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Joel Saget
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La Coupe de France puissance deux. Habituellement partagée entre le Stade et la GSI, pensionnaires de 5e division, Pontivy, petite ville du Morbihan, va vibrer pour ses deux clubs, opposés respectivement à Guingamp et au Paris SG samedi et dimanche.

"À l'échelle de Pontivy, affronter deux géants du football français comme le PSG et l'En-Avant de Guingamp est déjà une grande victoire", déclare la maire Christine Le Strat (Modem), qui a fait orner les grilles de la mairie-sous-Préfecture de deux banderoles rigoureusement identiques et symétriques: "Pontivy avec les Jaunes !" et "Pontivy avec les Verts !"

S'ils se joueront respectivement à Guingamp et Lorient, l'engouement pour les deux matches s'est immédiatement emparé de la ville et dans les vitrines des commerces, les décorations de Noël ont vite cédé la place à celles célébrant ce double évènement, en mêlant donc le vert et blanc de la GSI au noir et jaune du Stade.

Placer deux équipes à ce stade de la compétition (32es de finale, quand les formations de l'élite entrent en lice) était déjà un exploit inédit pour une ville de moins de 15.000 habitants. Et le tirage du 10 décembre a vite effacé l'antagonisme historique entre les deux clubs.

Pour le Stade Pontivyen, fondé en 1920 pour défendre des valeurs laïques, ce ne sera pas un saut dans l'inconnu face à l'En-Avant Guingamp (EAG), dont sont issus nombre de ses joueurs. Et le match sera spécial pour le gardien pontivyen Malo Rolland, qui officie comme éducateur au centre de préformation de l'EAG. La Garde Saint-Ivy, club créé par le patronage local en 1909, mais dont la section foot a débuté en 1935, a elle hérité du gros lot, avec le PSG.

"Avant le tirage au sort, on m'avait demandé si j'avais un souhait et j'avais dit +soit le plus petit, soit le PSG+. On a pris Paris, maintenant faut assumer", a glissé à l'AFP, dans un sourire, l'entraîneur de la GSI, Yannick Blanchard.

- Une histoire d'amour avec la Coupe -

La chasse aux tickets n'a pas duré. Dans le kiosque à journaux de la Place Aristide-Briand, où le Stade vendait les places pour son match, les billets se sont arrachés et 8.000 supporters jaunes et noirs sont espérés à Roudourou.

Même constat un peu plus haut sur la Rue Nationale, principale artère commerciale pontivyenne, dans une pharmacie désaffectée aux couleurs vert et blanc prédestinées, où les volontaires de la GSI n'avaient plus qu'une poignée de places à vendre à 72h du match au Moustoir.

L'histoire d'amour entre Pontivy et la Coupe ne date pas d'hier. Le Stade Pontivyen avait été la première équipe de Ligue régionale à atteindre les 8es de finale en 1953, étrillée (7-0) par Lille et sa demi-douzaine d'internationaux français après avoir résisté 45 minutes à 0-0.

La GSI est, quant à elle, presque une habituée à ce stade de la compétition avec trois 32es (1993, 1994, 2010), deux 16es (1996, 2007) et un 8e de finale en 2000 contre Monaco, à son actif sur les 25 dernières années.

Mme Le Strat a donc un week-end bien rempli. Samedi, l'élue sera à Guingamp pour soutenir un Stade Pontivyen dernier de son groupe K de National 3 face à l'En-Avant, dernier de Ligue 1.

- La GSI prête à "mourir sur le terrain" -

"Moi, j'y crois. Peut-être qu'on va me prendre pour un fou, mais ça reste un match de foot", a assuré le président du club, Mickaël Le Sauce, qui a même un scénario bien précis en tête: "des poteaux, des barres, un Malo (Rolland, le gardien de but) en pleine bourre et puis un petit contre à la 90e et on rentre à Pontivy, quoi...".

Et dimanche, la maire sera à Lorient pour soutenir une GSI, 5e du groupe K, qui ne se présentera pas en victime expiatoire face au PSG.

"La montagne ne pouvait pas être plus grosse (mais) les joueurs vont tout donner, ils vont mourir sur le terrain", a promis le coach Blanchard dont l'équipe n'a presque pas coupé pendant la trêve.

"Je leur ai donné 3 jours à Noël, 3 jours pour le 31, mais on est à une quinzaine de séances d'entraînement depuis mi-décembre", a-t-il souligné.

Face à des Parisiens qui n'"auront que deux entraînements, trois maximum dans les jambes", qui se passeront sans doute de Neymar, Cavani, Di Maria ou Marquinhos, "on se dit encore plus: pourquoi pas ?".

"J'espère qu'ils vont nous prendre très à la légère (...) Après, on est lucide, ils sont beaucoup plus forts que nous. Mais au moins, il faut se donner les moyens d'y croire sur un match".

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