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Dakar: "Un bon copilote, c'est surtout un mauvais pilote"

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"La navigation, ça se fait à deux." Sébastien Loeb (Peugeot) sait de quoi il parle: l'année dernière, un accident lui avait coûté son copilote, Daniel Elena, et le Dakar-2018. Dans les dunes, en plein désert, au Dakar, le copilote a un rôle essentiel.

Vu de l'extérieur, la fonction consiste à lire des indications inscrites sur un roadbook. Mais ce serait limiter son importance. Travailleurs de l'ombre, les copilotes occupent en effet un rôle ingrat sur le Dakar.

"Un bon copilote, c'est surtout un mauvais pilote", blague Elena. "Plus sérieusement, il faut penser à tout. Je suis souvent le dernier couché et le premier levé."

"Il faut essayer de rester régulier, rester calme, rester très serein, c'est ça, la clé", surrenchérit Jean-Paul Cotteret, qui a remporté sept Dakar aux côtés de Stéphane Peterhansel et est reconnu dans le bivouac comme un mécanien hors pair. "Il faut aussi être un peu organisé pour toucher à tout: un petit peu la mécanique, regarder la logistique... Copilote, c'est une vue d'ensemble."

- 'Concentré sur 400 bornes' -

Car, sans un bon copilote, impossible de remporter un rallye-raid aussi long et aussi compliqué que le Dakar. Mais on ne s'improvise pas N.2 d'un bolide comme ça.

"C'est beaucoup de boulot et très peu de reconnaissance malgré tout ce qui est fait, le travail la nuit, le roadbook, la lecture, la préparation... c'est un gros gros travail assez méconnu", déplore David Castera, sept Dakar au compteur.

Les spécialistes du poste sont d'ailleurs unanimes: la préparation est prépondérante.

"Avant une étape, je peux me coucher vers minuit, une heure, deux heures du matin... pour être debout à six heures", explique Elena. "Il faut rester concentré sur des spéciales de 400 bornes, c'est compliqué. Les calculs se font constamment, des additions, des inversions... si tu arrives avec 2 ou 300 m d'avance, il faut pouvoir recalibrer pour continuer à avancer."

Même son de cloche pour Mathieu Baumel, vainqueur du Dakar-2015 aux côtés du Qatari Nasser al-Attiyah.

"On doit savoir s'adapter à beaucoup de choses, en premier lieu à son pilote et lui donner les bonnes infos au bon moment. Ca implique qu'on se connaisse très très bien et de réagir très très vite, avoir confiance en soi, en son pilote et créer une bonne atmosphère pour que tout se passe bien avec le moins de stress possible", assure le Français.

- Amis -

Comme les histoires d'amour, la relation pilote-copilote peut se terminer mal.

En 2012, le bouillant argentin Orlando Terranova en était venu aux mains avec son associé, Andy Grider. Résultat, l'Américain avait claqué la porte au nez de Terranova, contraint du coup à l'abandon.

En 2007, le Portugais Carlos Sousa avait même abandonné sa copilote Andrea Schulz au milieu des dunes...

"On est pilote professionnel et copilote professionnel mais on est amis dans la vie. Moi, j'ai vécu sur le canapé de sa mère... Mais ça ne nous empêche pas de nous engueuler!", sourit Elena.

"Avec Nasser, on ne va pas au travail, on est des amis avant tout. Quand on est dans la voiture, c'est pour se faire plaisir et il n'y a jamais de moments d'énervement. On a confiance l'un en l'autre à 100%, les yeux fermés", confie Baumel.

"Si je lui donne l'indication d'aller à droite alors que toutes les traces vont à gauche, il va aller à droite, il ne va pas réfléchir. Il sait que si je lui dis d'aller à droite, c'est que c'est bon. Pareil de mon côté. Cette relation-là nous permet de travailler sereinement et sans stress."

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