DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Yémen: spectaculaire attaque des rebelles contre l'armée loyaliste

Yémen: spectaculaire attaque des rebelles contre l'armée loyaliste
Taille du texte Aa Aa

Les rebelles Houthis du Yémen ont lancé jeudi une attaque spectaculaire de drone contre l'armée loyaliste dans le sud du pays, au moment où l'ONU demande aux belligérants des progrès réels pour parvenir à la paix.

Annoncée par les médias des insurgés, l'attaque, qui fragilise le processus politique initié en décembre par l'ONU, a fait six morts parmi des militaires et a blessé 12 autres personnes, dont des officiers et des responsables provinciaux, selon un hôpital local.

Des images d'un vidéaste de l'AFP ont montré un drone approchant à grande vitesse au-dessus du podium où des officiers et des responsables provinciaux avaient pris place pour suivre une parade militaire.

L'attaque a visé la base aérienne d'Al-Anad, dans la province de Lahj, la plus importante du Yémen, qui avait servi avant la guerre à l'armée américaine pour traquer les jihadistes d'Al-Qaïda.

Certains ont cru qu'il s'agissait d'un drone venu filmer la parade.

Mais, en arrivant au-dessus du podium, orné d'un portrait du président Abd Rabbo Mansour Hadi, l'engin a explosé, provoquant une boule de feu et projetant de nombreux débris métalliques.

Un militaire blessé à l'épaule s'est laissé tomber et un civil, muni d'une caméra et qui semblait être un reporter, a été filmé dans une mare de sang.

Des soldats paniqués ont évacué leurs camarades blessés vers l'hôpital le plus proche.

- "Coup dur" pour l'ONU -

"Un rassemblement d'envahisseurs et de mercenaires a été visé avec précision par un drone", a clamé sur Twitter le mouvement Ansarullah des rebelles Houthis soutenus par l'Iran.

L'agence Saba qu'ils contrôlent a évoqué de "nombreux morts et blessés" parmi les militaires loyalistes.

L'attaque aurait pu décapiter l'armée du président Hadi. Etaient en effet présents le chef d'état-major, le général Abdallah al-Nakhi, son adjoint, Saleh Zendani, et le commandant de la 4e zone militaire couvrant des provinces du sud, Fadel Hassan, en plus du gouverneur de la province de Lahj, Ahmed Abdallah Turki.

Selon l'hôpital Ibn Khaldoun de Houta, capitale de la province de Lahj, l'adjoint du chef d'état-major figure parmi les blessés, comme le gouverneur de la province, le commandant de la 4e zone militaire et le porte-parole de ce commandement.

Aucune information n'a pu être obtenue sur le sort du chef d'état-major.

L'attaque est intervenue au lendemain d'un appel de l'émissaire de l'ONU pour le Yémen, Martin Griffiths, qui a réclamé aux belligérants "des progrès substantiels" après les accords obtenus en décembre en Suède, alors que 80% de la population dépend toujours de l'aide humanitaire internationale.

Elle constitue un "coup dur aux efforts de l'ONU pour résoudre la crise", a affirmé le ministre yéménite de l'Information, Mouammar al-Iryani.

"Les milices des Houthis ne croient pas au langage de la paix", a-t-il ajouté, tandis que les rebelles ont affirmé avoir mené cette attaque en réaction "à la poursuite des raids" aériens de la coalition menée par l'Arabie saoudite.

M. Iryani a promis une "riposte vigoureuse" de son gouvernement à l'attaque.

La base d'Al-Anad a été occupée par les Houthis durant leur avancée vers le sud en 2015, mais les forces progouvernementales, appuyées par l'Arabie saoudite, les en ont délogé la même année.

- Nouvelle rencontre -

Aux termes des accords conclus, une trêve est en vigueur depuis le 18 décembre à Hodeida, port stratégique de l'ouest du Yémen, avec un engagement d'un retrait des combattants de cette zone supervisé par une mission d'observateurs de l'ONU.

Des habitants de Hodeida ont dit désormais craindre un effondrement de la trêve dans des déclarations à l'AFP.

En Suède, les belligérants se sont aussi entendus sur des arrangements de sécurité pour desserrer le blocus imposé à la ville de Taëz (sud-ouest), encerclée par les rebelles, et sur des échanges de prisonniers.

Les échanges de détenus doivent faire l'objet d'une nouvelle rencontre entre belligérants la semaine prochaine en Jordanie, a indiqué mercredi M. Griffiths à l'ONU.

La Jordanie étudie cette demande de rencontre, a rétorqué jeudi son chef de la diplomatie, Aymane Safadi, lors d'une conférence de presse avec son homologue yéménite à Amman.

Ce dernier, Khaled al-Yemani, a de son côté affirmé devant la presse jordanienne que les accords de Suède "n'avaient rien accompli sur le terrain".

M. Griffiths s'était montré plus positif devant l'ONU. "Les deux parties respectent globalement le cessez-le-feu et il y a une baisse significative des hostilités", avait-il dit, en ne parlant que de la zone de Hodeida.

Ailleurs, les opérations militaires n'ont pas cessé même si leur rythme a baissé, tout comme les raids aériens de la coalition.

Martin Griffiths s'était rendu le week-end dernier à Sanaa, la capitale yéménite aux mains des Houthis, puis avait rencontré en début de semaine les dirigeants yéménites en Arabie saoudite.

La guerre au Yémen a fait quelque 10.000 morts et provoqué la pire crise humanitaire du monde, selon l'ONU. Des ONG estiment que le bilan des victimes est largement supérieur.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2019 - Agence France-Presse.
+Voir plus
Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© 2019 - Agence France-Presse. Toutes les informations (texte, photo, vidéo, infographie fixe ou animée, contenu sonore ou multimédia) reproduites dans cette rubrique (ou sur cette page selon le cas) sont protégées par la législation en vigueur sur les droits de propriété intellectuelle. Par conséquent, toute reproduction, représentation, modification, traduction, exploitation commerciale ou réutilisation de quelque manière que ce soit est interdite sans l’accord préalable écrit de l’AFP, à l’exception de l’usage non commercial personnel. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des retards, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus dans le domaine des informations de presse, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations. AFP et son logo sont des marques déposées.