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Grèce : le prochain vote sur la Macédoine crée une onde de choc pour le gouvernement Tsipras

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras à Athènes, le 13 janvier 2019.
Le Premier ministre grec Alexis Tsipras à Athènes, le 13 janvier 2019. -
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ANGELOS TZORTZINIS
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Le vote attendu en Grèce sur le nouveau nom de la Macédoine crée une onde de choc dans le gouvernement d'Alexis Tspiras, acculé à demander dimanche la confiance du parlement face à l'éclatement de la coalition gouvernementale.

"Nous allons immédiatement procéder au renouvellement de la confiance à notre gouvernement (par un vote) au parlement, afin de régler les principaux dossiers de notre pays", a déclaré le Premier ministre, après avoir accepté la démission du ministre de la Défense Panos Kammenos.

Ce dernier, qui était son principal allié au sein de la coalition gouvernementale, est un fervent opposant au nouveau nom de la Macédoine que les députés grecs doivent prochainement entériner.

Considérant que l'appellation de Macédoine fait exclusivement partie du patrimoine historique grec, Panos Kammenos juge "anticonstitutionnel" l'accord obtenu à ce sujet et réclame un référendum.

"La question macédonienne ne me permet pas de ne pas sacrifier mon poste" de ministre, a-t-il dit, annonçant en direct devant les caméras le "retrait du gouvernement" des membres de son parti.

A la tête du petit parti souverainiste ANEL, qui compte six ministres et vice-ministres, il apportait habituellement le soutien de ses sept députés à la politique de M. Tspiras.

"Nous ferons tout pour bloquer la ratification de l'accord" sur le nouveau nom de la Macédoine, a ajouté Panos Kammenos, au cours d'une conférence de presse, promettant qu'il ne voterait pas la confiance au gouvernement.

Les députés macédoniens ont accepté vendredi de rebaptiser leur pays "République de Macédoine du Nord" et il appartient désormais au parlement grec de se prononcer sur ce nouveau nom, conformément à l'accord de Prespes conclu entre la Grèce et la Macédoine le 17 juin, qui met fin à près de 30 ans de litige.

Aux termes de cet accord, la Grèce s'est engagée à lever son veto à l'entrée de la Macédoine dans l'Otan ainsi qu'aux négociations d'adhésion à l'Union européenne de ce petit pays balkanique.

L'accord de Prespes requiert d'être approuvé par la majorité simple des députés grecs.

Mais Alexis Tsipras dispose d'une faible marge de manoeuvre. Il pense pouvoir compter sur le vote des 145 élus de son parti de gauche Syriza et sur celui de députés du parti pro-européen d'opposition Potami, qui dispose de sept des 300 sièges au parlement.

Des élus d'ANEL ont en outre maintenu l'ambiguïté et pourraient avaliser le changement de nom, malgré la démission de leur chef de file.

Le principal parti d'opposition Nouvelle Démocratie (78 élus) a quant à lui fait savoir qu'il voterait contre.

- "Divorce gouvernemental programmé" -

Mais avant la ratification de l'accord, annoncé pour "dans les dix jours" par Alexis Tsipras, le gouvernement devra traverser les débats mouvementés entourant un vote de confiance prévu pour jeudi selon l'agence de presse ANA (semi-officielle).

M. Kammenos a suggéré dimanche qu'au moins trois députés d'ANEL, dont lui-même, voteraient contre le gouvernement.

Le chef du parti Potami, Stavros Theodorakis, a également promis que ses élus refuseraient leur "confiance à M. Tsipras", car "l'inefficacité et le populisme ne peuvent pas être récompensés".

Le gouvernement qui pouvait jusqu'ici compter sur une majorité de 153 votes sur 300 n'a toutefois besoin que de 120 voix pour un vote de confiance qu'il a lui-même sollicité.

La Nouvelle Démocratie a qualifié l'éclatement de la coalition Tsipras-Kammenos de "divorce gouvernemental programmé" qui vise à "obtenir la ratification de l'accord de Prespes".

Mais le vote de cette semaine pourrait précipiter la convocation des prochaines législatives, initialement prévues pour l'automne : elles pourraient se dérouler en mai pour coïncider avec les élections européennes.

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