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Aux Etats-Unis, le rugby rêve des rebonds du ballon rond

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La Major League Rugby, nouvelle tentative d'installer le rugby aux Etats-Unis, passe la seconde à partir de samedi: une deuxième année d'existence marquée par l'arrivée d'un poids lourd, New York, et profondément influencée par la recette gagnante du "soccer".

La MLR a déjà cadré/débordé sa devancière, la PRO Rugby, première ligue professionnelle de rugby aux "States" démantelée après une seule saison, en 2016, où elle avait rassemblé... cinq équipes.

En deux ans, l'élite du rugby US s'est élargie à neuf équipes avec les arrivées de New York et de Toronto. Et ce n'est pas fini, insistent ses promoteurs qui sont déjà assurés de voir Washington, New England, voire Atlanta les rejoindre en 2020, en attendant Los Angeles, Chicago ou encore Vancouver.

"Le rubgy a le potentiel pour devenir un sport majeur aux Etats-Unis, c'est un sport facile et intéressant à regarder dans un stade ou à la télé (...) surtout si on le compare à un match de baseball qui peut durer cinq heures, ou même au football américain", souligne Dean Howes, le président de la MLR.

La fréquentation est encore modeste avec une moyenne bien inférieure à 5000 spectateurs par match, mais le géant de l'audiovisuel CBS croit au rugby et s'est engagé à diffuser la finale 2019 en direct sur sa chaîne nationale.

"Il nous faut juste convertir plus de gens à ce sport. Une fois qu'ils l'auront découvert, ils seront convertis, car c'est physique, rapide, les joueurs n'ont pas de protection pour se cacher", assure Howes.

- "Potentiel sans limite" -

James Kennedy, le propriétaire et président de l'équipe de New York, va encore plus loin: "Le potentiel du rugby ici est sans limite, sa simplicité et sa férocité parlent aux Américains".

Il est tellement convaincu que le rugby peut se faire une place aux côtés des tout-puissants football américain, baseball et autres basket que ce patron d'un groupe de BTP, Irlandais de naissance, aurait déjà dépensé près d'un million de dollars (880.000 EUR) pour son équipe en deux saisons, la première, en 2018, hors de la MLR pour s'aguérrir dans des matches amicaux.

Il a notamment recruté des anciens internationaux venus d'Europe, comme l'Anglais Ben Foden, sélectionné à 34 reprises dans le XV de la Rose entre 2009 et 2013.

Mais comme toute ligue professionnelle nord-américaine, la MLR est un championnat fermé, régi par un plafond salarial (environ 350.000 dollars) pour garantir l'équité et le suspense sur une saison qui dure cinq mois, de fin janvier à juin.

"On ne veut pas d'équipes qui explosent les autres", insiste Kennedy.

Le modèle de la MLR est la MLS, le Championnat nord-américain de football, en plein essor.

- Le modèle MLS -

"On a dupliqué le modèle de la MLS, c'est un superbe exemple à suivre pour nous, mais il faut se rappeler que cela leur a pris 22 ans pour en arriver là", rappelle Dean Howes, lui-même ancien dirigeant d'une franchise de hockey sur glace (NHL/St Louis) et de "soccer" (Real Salt Lake).

A terme, comme la MLS qui a prospéré grâce aux retentissants transferts des David Beckham, Thierry Henry ou plus récemment de Zlatan Ibrahimovic, la MLR rêve de faire son marché dans le pool des anciens All Blacks, Wallabies, Springboks ou de joueurs du tournoi des Six Nations.

"On y viendra, mais il faut que cela soit un processus organique, lent, il ne faut pas se retrouver à dépenser plus d'argent qu'on en génére", rappelle le "commissioner" de la MLR, qui a limité à dix le nombre de joueurs étrangers par équipe.

La pérennité de la MLR passe en effet aussi par la montée en puissance sur la scène internationale des Eagles, la sélection américaine qualifiée pour la Coupe du monde 2019 au Japon qui vient d'épingler en 2018 à son tableau de chasse l'Ecosse, la Roumanie ou encore Samoa.

Une bonne moitié des titulaires américains évoluent en MLR: "C'est capital, ce sont eux qui doivent attirer les gamins vers le rugby", note Howes.

"Il faut qu'on obtienne l'organisation de la Coupe du monde 2027, renchérit Kennedy, en espérant que cela donne le coup d'accélérateur que le foot et la MLS avait reçu après le Mondial américain en 1994".

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