Euronews n'est plus accessible sur Internet Explorer. Ce navigateur n'est plus supporté par son éditeur, Microsoft, et les dernières fonctionnalités techniques de notre site ne peuvent plus fonctionner correctement. Nous vous encourageons à utiliser un autre navigateur, tels que Edge, Google Chrome ou Mozilla Firefox.
DERNIERE MINUTE

Crise politique au Venezuela: les principaux scénarios

Crise politique au Venezuela: les principaux scénarios
Euronews logo
Taille du texte Aa Aa

La crise politique au Venezuela est montée d'un cran depuis que l'opposant Juan Guaido s'est autoproclamé président: ce qui peut se passer désormais dépend notamment des Etats-Unis et de l'armée.

Dans un pays en naufrage économique, avec une inflation attendue par le FMI à 10.000.000% en 2019, le chef du Parlement a invoqué un vide du pouvoir pour annoncer mercredi qu'il assurait l'intérim du président Nicolas Maduro. Ce dernier s'y oppose et a réagi en rompant les relations diplomatiques avec Washington, soupçonné d'agir en coulisses.

- Une transition -

C'est la solution prônée par Guaido: un "gouvernement de transition" avant l'organisation d'élections. Il appelle les militaires, principal soutien de Maduro, à rompre avec la "dictature" en échange d'une amnistie. Mais l'armée reste pour l'instant loyale au chef de l'Etat, au pouvoir depuis 2013, refusant de prêter main forte à un "coup d'Etat".

Si elle maintient cette loyauté, la "perspective de changement" dépendra de la capacité de l'opposition à s'unir, modérer ses attentes et accepter une "transition sur le long terme", estime Peter Hakim, du think-tank Dialogue interaméricain.

Les choses iront plus vite si les militaires virent de bord, mais cela impliquerait des amnisties pour eux et de hauts fonctionnaires vénézuéliens, pour beaucoup accusés par les États-Unis de corruption, de violation des droits de l'homme et de trafic de drogue.

Autre facteur pouvant accélérer la transition: si Donald Trump impose des sanctions sur les exportations pétrolières du Venezuela (dont il achète un tiers de la production, soit 510.000 barils par jour en 2018), cela porterait un coup fatal à l'économie et fissurerait la base des soutiens de Maduro, prévient le cabinet Capital Economics.

- Maduro s'accroche -

Même si l'opposition mise sur un changement de camp des militaires, "il est peu probable que cela arrive", alors que l'armée vient de réaffirmer qu'elle était derrière Maduro, souligne Michael Shifter, du Dialogue interaméricain.

"Si l'opposition ne s'unit pas et que les militaires continuent de soutenir Maduro, cela signifierait un maintien du gouvernement chaviste, sûrement avec Maduro au pouvoir", dit aussi Peter Hakim.

Le dirigeant socialiste a été réélu, jusqu'en 2025, lors d'un scrutin boycotté par l'opposition et dont le résultat a été contesté par l'Union européenne et de nombreux pays d'Amérique latine.

Il pourrait chercher un soutien financier du côté de ses alliés comme la Chine, la Russie et l'Iran, "unis plus pour contrer les intérêts des États-Unis qu'en raison d'un quelconque sympathie envers Maduro", estime Paul Hare, de l'Université de Boston.

Caracas livre à la Chine environ 300.000 barils par jour, en remboursement d'une dette de 20 milliards de dollars. Elle doit aussi 10,5 milliards de dollars à la Russie, selon plusieurs cabinets de consultants.

"La Chine et la Russie peuvent tenter de sauver le régime, en exigeant certaines réformes économiques sérieuses et la restructuration de l'activité pétrolière", indique Paul Hare. Mais le jeu est à double tranchant, car les créanciers pourraient aussi demander "le départ de Maduro et son remplacement par un leader moins toxique politiquement".

- L'armée aux commandes -

Si l'armée retire son soutien à Maduro et l'opposition reste divisée, les militaires pourraient prendre le contrôle, "au moins de façon temporaire", prédit Peter Hakim.

Une hausse de la "répression" ou une guerre civile ne sont pas écartées, juge Michael Shifter, et ce sont "les pires scénarios", mais aussi "les dangers d'avoir deux gouvernements parallèles".

Trump a d'ailleurs dit que "toutes les options" étaient sur la table, faisant ainsi allusion à une possible intervention militaire.

- Une négociation -

Nicolas Maduro se dit disposé à rencontrer Juan Guaido, mais ce dernier refuse tout "faux dialogue".

Une partie de la communauté internationale plaide pourtant pour cette solution: l'UE, qui considère le mandat de Maduro comme illégitime, ne reconnait pas non plus Guaido comme président et appelle plutôt à créer un "groupe de contact" entre les deux camps.

Le Mexique et l'Uruguay prônent eux aussi une négociation, qui succéderait la cinquième tentative.

"Le meilleur scénario, et le plus réaliste, est celui d'une négociation prolongée entre une opposition unie et un gouvernement sur la défensive", affirme Michael Shifter, ce qui pourrait alors mener à l'organisation de nouvelles élections.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2019 - Agence France-Presse.
+Voir plus
Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© 2019 - Agence France-Presse. Toutes les informations (texte, photo, vidéo, infographie fixe ou animée, contenu sonore ou multimédia) reproduites dans cette rubrique (ou sur cette page selon le cas) sont protégées par la législation en vigueur sur les droits de propriété intellectuelle. Par conséquent, toute reproduction, représentation, modification, traduction, exploitation commerciale ou réutilisation de quelque manière que ce soit est interdite sans l’accord préalable écrit de l’AFP, à l’exception de l’usage non commercial personnel. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des retards, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus dans le domaine des informations de presse, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations. AFP et son logo sont des marques déposées.