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Syrie: dans le réduit de l'EI, les forces arabo-kurdes face à une résistance acharnée

Syrie: dans le réduit de l'EI, les forces arabo-kurdes face à une résistance acharnée
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Le blindé des Forces démocratiques syriennes (FDS) avance au milieu d'un paysage de ruines. Dans l'ultime réduit du groupe Etat islamique en Syrie, la résistance des jihadistes reste acharnée: cinq femmes de l'EI viennent de se faire exploser dans le secteur.

A Baghouz, comme à Kishmah et Al-Chaafa, les villages ont été désertés par les habitants fuyant les combats, tandis que l'offensive antijihadistes a poussé l'EI dans ses derniers retranchements dans l'est de la Syrie, non loin de la frontière irakienne.

Dans cette région de la province de Deir Ezzor, les jihadistes se terrent dans des tunnels mais maintiennent la pression avec l'artillerie, les drones explosifs, les attentats suicide. Et la coalition internationale antijihadiste emmenée par Washington multiplie les bombardements aériens pour soutenir les Forces démocratiques syriennes (FDS).

Quasiment aucune route n'est praticable: elles sont parsemées d'énormes cratères creusés par les frappes aériennes. Les immeubles ont été réduits en monticules de gravats. Les devantures sont éventrées.

Sur la longue route désertique qui mène à l'ultime réduit de l'EI, la voix d'Oum Kalthoum envahit le véhicule blindé des FDS. "Vivons dans les yeux de la nuit", chante la diva égyptienne.

A l'entrée d'Al-Chaafa, un grafitti des FDS sur le mur d'une maison: "l'organisation Etat islamique s'est rendue".

Un peu plus loin, une charrette qui a servi pour vendre des fruits et des légumes, gît abandonnée en bord de route.

Depuis le lancement de leur offensive en septembre, les combattants kurdes et arabes des FDS ont progressivement conquis l'écrasante majorité du fief de l'EI.

Mais les jihadistes tiennent encore une poignée de hameaux et des terrains agricoles et livrent une résistance farouche.

- "Pris en étau" -

"Ils sont pris en étau entre la frontière irakienne et les FDS", explique le commandant Aram Jawich.

Perché avec ses hommes sur le toit d'une maison dans le village de Baghouz, il a une vue imprenable sur le théâtre des opérations.

Mercredi, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) avait annoncé la prise de Baghouz par les FDS. Mais, dans les faits, un petit carré reste encore aux mains des jihadistes, assure le commandant Jawich.

Il donne ses instructions en langue kurde dans un talkie-walkie qui ne le quitte pas. A quelques rues de là, des véhicules blindés de la coalition internationale passent en trombe. La journée de samedi n'a pas été facile.

"Cinq femmes kamikazes se sont faites exploser à différents endroits de Baghouz", explique le commandant Jawich, rapportant la mort d'un combattant des FDS tandis que trois autres ont été blessés.

Le recours à des femmes kamikazes reste rare pour l'EI, même si ce procédé a déjà été utilisé lors d'attentats en Irak.

"Deux femmes kamikazes se sont faites exploser près de notre position", confirme un autre responsable des FDS qui se présente sous le nom de Damat. "On les a vu s'approcher habillées en noir, elles ont crié +Allah Akbar+".

- Tunnels -

Samedi soir, quatre autres attaques kamikazes ont tué 11 combattants des FDS, selon l'OSDH, qui rapporte aussi la mort de 19 jihadistes dans des raids aériens.

D'ailleurs, les avions de la coalition ne quittent pas le ciel. On entend une explosion, puis un champignon de fumée s'élève au-dessus des habitations.

Sur le toit, un combattant pointe un autre endroit. "Regardez, il y a des civils qui sortent".

Car des milliers de personnes, bien souvent des proches de jihadistes, continuent de fuir les combats. Et selon des déplacés rencontrés ces derniers jours par une journaliste de l'AFP, de nombreux habitants se trouvent encore dans les secteurs tenus par l'EI.

Dans un entretien avec l'AFP, Mazloum Kobani, commandant en chef des FDS, a récemment estimé que ses hommes auraient encore besoin d'un mois pour "éliminer ce qu'il reste de l'EI".

Face à cette résistance acharnée, la prudence est de mise. Les jihadistes sont terrés dans des tunnels et font encore usage de l'artillerie, "même s'ils sont encerclés dans un petit secteur", explique le commandant Jawich.

"A chaque assaut mené par nos forces, ils sortent des tunnels et se font exploser", ajoute-t-il.

Sur la route du retour, le véhicule blindé avance dans la nuit noire et le froid du désert. Et la voix d'Oum Kalthoum a été remplacée par des chants kurdes.

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