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Contestation au Soudan: Khartoum annonce la libération de toutes les personnes détenues

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Les autorités soudanaises ont annoncé la libération de toutes les personnes détenues dans le cadre du mouvement de contestation contre le président Béchir au Soudan, où de nouvelles manifestations ont toutefois été dispersées mardi.

Plus tôt, le chef adjoint de l'état-major a de son côté souligné que les forces armées soudanaises (SAF) étaient "prêtes à faire face à toutes sortes de menaces", sans en préciser la nature, selon l'agence officielle Suna, dans une première prise de position au sein de l'institution militaire depuis le début du mouvement.

Le Soudan, qui rencontre des difficultés économiques et fait régulièrement face à des pénuries, est secoué depuis le 19 décembre par des manifestations déclenchées par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain.

Rapidement, le mouvement s'est transformé en contestation du pouvoir du président Omar el-Béchir, qui dirige le Soudan d'une main de fer depuis un coup d'Etat soutenu par les islamistes en 1989.

Le puissant Service national du renseignement et de la sécurité (NISS) mène la répression des manifestations et a détenu depuis décembre plus de 1.000 manifestants, leaders de l'opposition, militants et journalistes, selon des ONG.

"Le chef du Service national du renseignement et de la sécurité (Salah Ghosh) a émis un ordre de libération de toutes les personnes détenues lors des incidents en cours", a toutefois annoncé mardi dans un communiqué le ministère de l'Information.

Les Etats-Unis et l'Union européenne avaient appelé mi-janvier le Soudan à libérer les activistes "arbitrairement" détenus, les Américains mettant dans la balance la poursuite de l'amélioration des relations bilatérales.

Le département d'Etat avait également demandé à Khartoum de "permettre une enquête crédible et indépendante sur les morts et les blessés parmi les manifestants".

- "Deuil des morts" -

Selon un bilan officiel, trente personnes ont perdu la vie depuis le début du mouvement. Des ONG évoquent toutefois plus de 40 morts.

Mardi, de nouveaux rassemblements ont été dispersés par les policiers qui ont fait usage de gaz lacrymogène à Khartoum et dans la ville voisine de Omdourman.

A Port-Soudan (nord-est), des membres de tribus ont organisé un sit-in pour réclamer la démission d'Omar el-Béchir et commémorer la mort, il y a 14 ans, de 21 membres des tribus Beja, tués au cours de manifestations visant à réclamer au pouvoir central une meilleure répartition des ressources.

"Nous ne faisons pas que le deuil des morts de 2005, nous faisons aussi celui de ceux qui sont morts dans le soulèvement depuis décembre", a déclaré à l'AFP Abdallah Mussa, militant issu d'une tribu Beja.

Lundi, l'Association des professionnels soudanais, à la tête du mouvement, avait appelé à de nouveaux rassemblement dans tout le pays, y compris dans les Etats en conflit du Darfour, du Nil Bleu et du Kordofan-Sud. Aucune manifestation n'a toutefois eu lieu dans ces zones.

- "Complot de l'ennemi" -

Le président Béchir a refusé de démissionner et imputé les violences lors des manifestations à des "conspirateurs".

Selon des analystes, ce mouvement de contestation est le plus important défi auquel le chef de l'Etat soudanais est confronté en trois décennies.

Plus tôt dans la journée de mardi, le général Essameddine Mubarak, chef adjoint de l'état-major, a confirmé devant des officiers à Omdourman que les forces armées étaient "prêtes à répondre à tout complot de l'ennemi", sans soutenir toutefois explicitement le président soudanais.

L'Arabie saoudite a exprimé à son tour sa "solidarité avec la République du Soudan qui fait face à des défis économiques", selon l'agence officielle saoudienne SPA, citant un compte-rendu du conseil des ministres.

D'après SPA, une délégation saoudienne s'est rendue au Soudan la semaine dernière pour renforcer les liens commerciaux entre les deux pays qui sont également alliés au sein de la coalition progouvernementale intervenant contre les rebelles Houthis au Yémen.

Le Qatar, en conflit diplomatique avec plusieurs pays de la région dont l'Arabie saoudite, avait apporté dès la semaine passée son soutien à Khartoum, au même titre que le voisin égyptien, dimanche lors d'une visite de M. Béchir au Caire.

Lundi, Moscou a reconnu que des "instructeurs" russes étaient présents aux côtés des forces gouvernementales au Soudan, le Kremlin ajoutant que cette présence "dans le cadre des relations bilatérales russo-soudanaises" était "absolument légitime".

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