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Ligue 1: dans les stades, les violences éclipsent les fumigènes

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Les fumigènes et les pétards résonnent toujours, mais ne sont plus le premier fléau de Ligue 1 pour les autorités. Cette saison, les violences sont devenues la menace N.1 dans les stades et en dehors, a rapporté mardi la Direction nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH).

Un pétard qui explose sur la pelouse lors de Marseille-Lille, un mur de fumigènes au Parc des princes pour PSG-Nantes, des débordements en tribunes pour Montpellier-Nîmes... Sur les six premiers mois de l'exercice actuel, l'actualité a encore débordé des terrains, plaçant les autorités devant leurs responsabilités.

L1 et L2 confondues, le nombre d'interpellations (295 personnes) a augmenté de 16%, par rapport à la même période de la saison dernière, a expliqué le chef de la DNLH Antoine Mordacq, lors du séminaire annuel de l'instance à Clairefontaine.

Une augmentation liée à la meilleure efficacité des forces de l'ordre, ou un plus grand nombre d'écarts à la loi? "Pour moi, c'est une efficacité accrue. On a besoin d'identifier, d'interpeller et d'interdire les fauteurs de trouble", a expliqué à l'AFP Nathalie Boy de la Tour, présidente de la Ligue de football professionnel (LFP).

"Plus il y aura d'interpellations individuelles et mieux ce sera. Car pour la Ligue, c'est toujours un échec de devoir fermer une tribune ou de devoir jouer à huis clos", dit-elle. La Ligue se résout à une telle mesure uniquement quand il y a "une incapacité à identifier le ou les fauteurs de trouble, ou bien que les incidents se répètent match après match", selon elle.

Ses propos résonnent jusqu'à Marseille: la commission de discipline a décidé lundi de placer sous huis clos total le stade Vélodrome, à mesure conservatoire, après qu'un pétard a provoqué l'interruption de plus de 35 minutes du match entre l'OM et Lille, vendredi.

- Derbies à risques -

Mais l'image est trompeuse. La menace N.1 dans les stades de Ligue 1 n'est plus l'usage des pétards ou d'autres moyens pyrotechniques, mais bien les violences "contre des personnes": celles-ci représentent depuis le début de saison 29,3% des interpellations, contre 24,3% pour la "pyrotechnie".

"On a constaté un certain nombre de violences organisées autour de matches très spécifiques, notamment des derbies, des matches avec des supporters qui ont des contentieux historiques qui malheureusement s'adonnent à des violences soit dans le stade, soit en dehors, avant, pendant ou après le match", a décrit Antoine Mordacq.

Le patron de la DNLH a cité en exemple deux derbies: Montpellier-Nîmes le 30 septembre, interrompu à deux reprises par des incidents en tribunes, et Valenciennes-Lens en Ligue 2 le 10 novembre, émaillé de heurts entre supporters des deux camps.

La manche retour entre les deux ennemis méridionaux est d'ailleurs prévue dimanche, au stade des Costières... et connaît déjà une polémique: le président montpelliérain Laurent Nicollin a fait part de son incompréhension à la suite de l'interdiction de stade des supporters de son équipe, prononcée par la préfecture du Gard.

- Arrêtés préfectoraux stables -

Les données fournies par la DNLH montrent une certaine stabilité. Ainsi, sur la première moitié de saison, 41 arrêtés préfectoraux ont été pris pour limiter les déplacements, contre 45 à la même période la saison précédente, ainsi que 5 arrêtés ministériels empêchant tout déplacement lors de matches classés à risque.

Mais ces chiffres sont à prendre avec prudence, car certains matches de Ligue 1 initialement prévus en décembre ont été reportés au mois de janvier, notamment en raison du mouvement des "gilets jaunes" qui ont mobilisé les forces de l'ordre.

"La liberté d'assister à un match de football s'arrête là où commence la liberté et le droit à la sécurité des autres. Donc ces mesures me paraissent légitimes, justifiées, proportionnées", s'est défendu le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur Laurent Nunez, alors que certaines associations de supporters dénoncent le caractère "liberticide" de telles mesures.

"On a atteint un point d'équilibre et il faut rester très vigilant, a-t-il continué. Il n'est absolument pas question de baisser la garde sur les interdictions de déplacement, les interdictions de stades. Nous continuerons d'appliquer ces mesures chaque fois que ce sera nécessaire".

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