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Ukraine: le président Porochenko lance une difficile course à la réélection

Ukraine: le président Porochenko lance une difficile course à la réélection
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Le président ukrainien Petro Porochenko s’est lancé mardi dans une course à la réélection qui s’annonce difficile, promettant d’accentuer le tournant pro-occidental pris après le soulèvement populaire qui l’a porté au pouvoir en 2014 et se posant comme unique rempart face à Vladimir Poutine.

A la peine dans les sondages, critiqué pour la lenteur de la lutte contre la corruption et pour ne pas avoir réussi à mettre fin à la guerre qui continue de couver dans l’Est prorusse du pays, l’ancien milliardaire de 53 ans a rendu publique sa candidature lors d’un rassemblement de ses partisans à Kiev, entouré d‘écrans géants portant le slogan “Soit Porochenko, soit Poutine”.

“Le sentiment d’une profonde responsabilité devant mon pays, mes compatriotes (…), m’a motivé à présenter une nouvelle fois ma candidature”, a déclaré sous les applaudissements M. Porochenko, à deux mois du premier tour le 31 mars.

“Je demande aux électeurs un nouveau mandat pour garantir l’irréversibilité de notre intégration européenne et euro-atlantique (…), pour renouveler l’intégrité territoriale de l’Ukraine et apporter la paix à l’Ukraine”, a-t-il poursuivi.

M. Porochenko a promis de déposer en 2024, soit au terme d’un nouveau mandat, une demande officielle d’entrée de l’Ukraine dans l’UE et d’obtenir de l’Otan un plan d’action en vue de l’adhésion. “Seule une adhésion à part entière à l’UE et à l’Otan garantira de façon définitive et irréversible notre indépendance et notre sécurité”, a estimé le chef de l’Etat.

Surnommé le “roi du chocolat” pour avoir fait fortune dans la confiserie, Petro Porochenko a été élu président en mai 2014, son prédécessur Viktor Ianoukovitch, qui avait subitement renoncé à signer un accord d’association avec l’UE pour se tourner vers Moscou, ayant été destitué à l’issue de trois mois de manifestations massives à Kiev.

S’en était suivi une crise ouverte avec la Russie, qui avait annexé en mars 2014 la péninsule ukrainienne de Crimée.

Un mois plus tard, un conflit armé avec les séparatistes prorusses avait éclaté dans l’est du pays, et continue de couver jusqu‘à présent. Kiev et l’Occident accusent la Russie de soutenir militairement les séparatistes, ce que Moscou nie farouchement malgré des témoignages publiés par de nombreux médias.

Mardi, Petro Porochenko a de nouveau plaidé en faveur d’une politique ferme à l‘égard de Moscou: “Nous avons besoin d’une paix avec la Russie, d’une paix froide”, a-t-il déclaré. “La paix c’est la reconnaissance inconditionnelle par Moscou de notre droit de suivre notre propre voie (…) Seule une armée forte peut la garantir la paix”.

- “Non” à Poutine –

“L’ennemi n’est pas venu chez nous pour la Crimée ou pour le Donbass (région du conflit dans l’est, ndlr), l’ennemi est venu chercher l’Ukraine entière pour faire revenir la fugitive dans la prison des peuples”, a encore lancé M. Porochenko, sans mentionner lui-même le nom du président russe.

La vice-présidente du Parlement Iryna Guerachtchenko a pour sa part appelé les Ukrainiens à “soutenir celui qui peut dire Non à Poutine”.

Arrivé au pouvoir à un moment critique pour l’Ukraine, M. Porochenko, un homme à la stature imposante et au long parcours politique, promettait alors d’endiguer la corruption omniprésente, d’adopter des réformes de fond et de mettre fin en “quelques jours” à la guerre avec les séparatistes prorusses.

Cinq ans plus tard, le processus de paix dans l’est est au point mort et il a souvent été critiqué pour la lenteur de la lutte contre la corruption.

Si la récente création en Ukraine d’une Eglise orthodoxe indépendante de la tutelle religieuse de Moscou a donné un léger coup de pouce à sa popularité, sa réélection est pourtant loin d‘être assurée.

Avec 14% des intentions de vote, selon un dernier sondage, M. Porochenko est devancé par l’ex-Première ministre aux penchants populistes Ioulia Timochenko (16%) et est même talonné par un rival inattendu, le populaire comédien Volodymyr Zelensky (9%).

Si aucun candidat n’obtient plus de 50% au premier tour de la présidentielle le 31 mars, un second sera organisé trois semaines plus tard. Dans ce cas, les sondages donnent M. Porochenko perdant tant face à Mme Timochenko et face à M. Zelensky.

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