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Le cyclo-cross français affaibli aux Mondiaux

Le cyclo-cross français affaibli aux Mondiaux
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Le cyclo-cross français, privé de son champion national Clément Venturini, se présente affaibli, dimanche aux Mondiaux de Bogense au Danemark, à l'image d'une discipline qui se démène pourtant pour redresser la tête.

Tout un symbole. Bogense est la dernière course de Francis Mourey, le nonuple champion de France encore troisième de l'édition 2019 mi-janvier à Besançon. Et toujours, à 38 ans, la premier atout français dans ces Mondiaux danois qui ont pour favoris deux jeunes (24 ans) talents, le surdoué néerlandais Mathieu Van der Poel et le Belge Wout Van Aert, tenant du titre.

Dimanche dernier, Mourey s'est classé 9e de la dernière manche de la Coupe du monde. Des quinze premiers, il était le seul à ne pas disposer d'un passeport belge ou néerlandais, sésame devenu obligatoire pour jouer les premiers rôles. A Bogense, c'est encore une place dans les dix premiers que le Français visera pour ses adieux: "Ce serait bien !"

- La priorité de la route -

Depuis 2006 et la médaille de bronze de Mourey, la France n'est plus montée sur le podium des Mondiaux confisqué par la Belgique et les Pays-Bas (17 titres sur les 20 dernières éditions). L'an passé, à Valkenburg (Pays-Bas), le premier Français, Steve Chainel, a dû se satisfaire de la 10e place, à près de six minutes de Van Aert.

Mourey et Chainel, qui se sont signalés aussi sur la route durant leur carrière, ont monté leurs propres structures. "Les équipes professionnelles ont décroché (du cyclo-cross)", constate le sélectionneur national route Cyrille Guimard qui, à son époque, incitait ses coureurs, comme Marc Madiot plus tard, à se livrer au cyclo-cross l'hiver venu.

L'exemple-type ? Venturini, venu faire une apparition-éclair dans la discipline qui l'a révélé, s'est recentré sur la route sitôt le titre national conquis à Besançon. Dommage. "En trois semaines, il serait pourtant au niveau", de l'avis de l'ancien entraîneur national Jean-Yves Plaisance.

En parallèle, les Belges ont créé un circuit, populaire et rentable, qui laisse peu de place aux étrangers. "Par sa géographie, la France est un grand pays et les coureurs sont désavantagés pour leurs déplacements par rapport aux Belges et aux Néerlandais", souligne Jean-Yves Plaisance. Pour preuve, le Tchèque Zdenek Stybar, le seul à avoir entamé l'hégémonie belgo-néerlandaise aux Mondiaux, s'était installé en Belgique afin de pouvoir rivaliser.

- Des ambitions limitées -

Le décrochage est-il irrécupérable ? L'ex-entraîneur national veut croire que non: "La France a de très bons coureurs dans la génération des Venturini, Doubey, Jaurégui, etc. Ils ne sont pas inférieurs physiquement aux Belges. C'est au niveau du programme que cela pêche".

Même s'il regrette que les clubs n'aient pas la culture du cyclo-cross, il constate que les juniors (Alaphilippe 2e en 2010, Venturini vainqueur en 2011) puis les espoirs jouent régulièrement les premiers rôles aux Mondiaux. Avant de rétrograder dans la catégorie élite.

A Bogense, une bourgade côtière au nord de la grande île danoise de Fionie, l'actuel responsable du cyclo-cross François Trarieux affiche d'ailleurs des ambitions limitées. "Pourquoi pas placer deux Français parmi le top 10", a-t-il annoncé au site fédéral France cyclisme.

Mais, pour que le cyclo-cross soit autre chose que "le parent pauvre du cyclisme" selon l'expression de Chainel, il faudrait à l'avenir d'autres résultats. Le Vosgien, entreprenant, multiplie les démarches pour faire grandir son groupe. Mourey, qui passe son brevet d'Etat, se situe dans la même démarche: "On veut faire vivre les cyclocrossmen de leur passion, afin qu'ils ne soient pas obligés d'aller sur la route."

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