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En Thaïlande, afflux de candidats aux premières législatives depuis le coup d'Etat

En Thaïlande, afflux de candidats aux premières législatives depuis le coup d'Etat
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Les partis ont commencé lundi à enregistrer leurs candidats aux élections législatives du 24 mars en Thaïlande, les premières depuis le coup d'Etat militaire de mai 2014.

"Les Thaïlandais attendent des élections depuis huit ans, ces élections devraient être libres et justes afin de permettre au pays d'aller de l'avant", a commenté Phumtham Wechayachai, du Pheu Thai, principal parti d'opposition.

"Le 24 mars, les Thaïlandais doivent s'exprimer afin de mettre fin au régime militaire", a déclaré le jeune millionnaire Thanathorn Juangroongruangkit, à la tête du nouveau parti d'opposition "Future Forward" ("En avant l'avenir"). Accusé d'avoir diffusé de fausses informations sur les réseaux sociaux en assurant que la junte tentait d'intimider ses rivaux, il a été inculpé en septembre.

Dès lundi, des centaines de candidats des divers partis sont venus s'enregistrer en personne dans un grand auditorium réquisitionné pour l'occasion.

Parmi eux, un membre de l'obscur nouveau parti Palang Prachatipatai ("Pouvoir de la démocratie") s'est présenté masqué, en costume du héros américain Lone Ranger. Un autre, du mouvement pro-junte Action Coalition, a fait imprimer des affiches de lui en Superman.

Parti démocratique du Siam, parti pour l'unité de la Thaïlande...: plusieurs dizaines de mouvements politiques nouvellement créés sont apparus ces derniers mois dont un certain nombre soutiennent la junte.

Au tournant des années 2000, la Thaïlande a connu plus d'une décennie d'instabilité politique avec de fortes tensions entre "Chemises rouges" (réformateurs, partisans des Shinawatra) et "Chemises jaunes" (conservateurs ultra-royalistes au premier rang desquels les généraux), ce qui a conduit à deux coups d'Etat militaires.

Après celui de 2014, la junte a tout fait pour repousser la tenue d'élections, de crainte que le Pheu Thai ne remporte le scrutin comme systématiquement par le passé, même si son fondateur Thaksin Shinawatra et sa soeur Yingluck, tous deux ex-Premiers ministres, vivent en exil pour échapper à des poursuites judiciaires.

"Le report incessant des élections est une manière de gagner du temps: pour la junte comme pour la monarchie, il s'agit de s'assurer d'un pouvoir suffisamment solide pour passer le test d'une élection qui promet d'être gagnée par le parti Pheu Thai", analyse Eugénie Mérieau, de l'université allemande de Göttingen, auteure d'"Idées Reçues sur la Thaïlande".

L'armée a aussi fait adopter en 2016 une Constitution très controversée, avec un Sénat nommé par les militaires qui aura son mot à dire sur la nomination du chef du gouvernement.

L'opposition n'est pas dupe mais aucun parti n'a opté pour un boycott du scrutin.

Thanathorn Juangroongruangkit, un des rares à critiquer ouvertement le chef de la junte, veut "empêcher Prayut d'arriver au pouvoir", dénonçant les prétentions politiques post-électorales du général Prayut Chan-O-Cha qui n'est cependant pas encore officiellement candidat au poste de Premier ministre.

Le parti Palang Pracharath l'a déjà invité à rejoindre ses rangs. Il a jusqu'au 15 février pour sortir du bois.

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