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Joueurs bannis: "Une forme de harcèlement pur et dur" selon le syndicat des joueurs

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Envoyer en réserve des joueurs en conflit avec leur direction, à l'image d'Adrien Rabiot au PSG, "c'est une forme de harcèlement pur et dur qui peut mettre les joueurs dans des conditions psychologiques terribles", s'indigne auprès de l'AFP Philippe Piat, co-président du syndicat des joueurs de football professionnels (UNFP).

Q: Rabiot (PSG), Harold Moukoudi (Le Havre), Jean-Clair Todibo (Toulouse)... Assiste-t-on à une montée du phénomène de mise à l'écart des joueurs ?

R: "Dans les années récentes, on avait quelques cas mais c'était assez minime. Cela s'est toutefois accéléré cette année puisqu'on a dénombré depuis le début de saison 145 joueurs de L1 et L2 qui sont envoyés en réserve de manière anormale, alors que l'Article 507 de la convention collective dit que cela ne peut être utilisé que de manière temporaire pour des problèmes sportifs spécifiques et non pour des sanctions. Aujourd'hui c'est devenu un problème important."

Q: Est-ce l'inflation sur le marché des transferts (6,1 milliards d'euros en 2018 selon la Fifa, en croissance de 10,3%) qui crée cet "effet pervers" ?

R: "Bien sûr. Comme le foot est devenu un business où l'on vend des hommes comme des chevaux, le but est d'avoir sous contrat le maximum de joueurs en se disant qu'il y aura bien l'un d'eux qui sera bon et qu'on pourra vendre. Du coup, on a des effectifs pléthoriques qui embarrassent l'entraîneur, voire le club lui-même. La solution facile est donc de les envoyer en réserve."

Q: Comment expliquer une telle pratique ?

R: "Ils ont des exemples internationaux. Chelsea par exemple a prêté la saison dernière 48 joueurs. Si cela commence à être décrié, certains se disent : +Chelsea le fait donc cela ne doit pas être mauvais+. Il y a un phénomène de mimétisme qui se fait. Nous, UNFP, n'avons pas envie que les joueurs soient formés comme un cheptel pour servir de monnaie (via des transferts). Quand tu as des joueurs que tu ne peux pas utiliser, à la fin tu te dis : +Je les ai formés, j'ai un contrat avec eux et je leur paye un salaire, et bien il faut qu'on s'en débarrasse+."

Q: Le droit du joueur de pouvoir aller au bout de son contrat, s'il le souhaite, est-il remis en cause ?

R: "Quand certains ne veulent pas partir -- parce qu'ils se disent: +Non, je veux faire voir à l'entraînement que je peux avoir ma place. J'ai un contrat, je veux l'honorer+ --, la menace c'est de l'envoyer en réserve et de ne même pas le faire jouer avec la CFA. C'est une forme de harcèlement pur et dur qui peut mettre les joueurs dans des conditions psychologiques terribles."

Q: Quelles réponses face à ce phénomène ?

R: "Il y a une commission juridique à la Ligue (LFP), qui est amenée à prendre en compte les plaintes. Mais il s'avère que beaucoup de joueurs ne veulent pas porter plainte parce que si jamais ils le font, ils peuvent être mis sur une +blacklist+. La plupart du temps, cette commission dit que le club doit réintégrer le joueur. Mais comme il n'y a pas de sanctions directes, un club peut se dire : +Je m'en fous de ce que dit la commission juridique, je ne le ferai pas+.

Q: Cela a semblé quand même marcher dans le cas d'Adrien Rabiot au PSG...

R: "Rabiot, cela faisait presque deux mois qu'il n'était plus en équipe première, c'était illégal. On l'a plus ou moins réintégré parce que cela a commencé à chauffer. Maintenant il faut savoir s'il est réintégré pour pouvoir jouer, ou s'il est réintégré pour que le PSG se sauve la face par rapport à la réglementation."

Q: Faut-il des sanctions plus fortes pour contraindre les clubs à être plus vertueux ?

R: "Quand une sanction n'est pas dissuasive, elle ne sert à rien. On la contourne. L'idéal serait des amendes ou des points en moins. Mais la sanction la plus opportune devrait être l'interdiction de recruter. Les clubs feraient n'importe quoi pour ne pas avoir cette sanction. On peut estimer que ce que je dis est excessif, mais c'est justement en étant excessif que les règles sont respectées."

Propos recueillis par Yassine KHIRI.

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