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Birmanie: deux condamnés à mort pour l'assassinat d'un avocat musulman

Birmanie: deux condamnés à mort pour l'assassinat d'un avocat musulman
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Deux hommes ont été condamnés à mort vendredi en Birmanie pour l'assassinat d'un célèbre avocat musulman, Ko Ni, également conseiller de la dirigeante Aung San Suu Kyi, mais le commanditaire présumé, un ancien militaire, reste en fuite.

L'auteur des coups de feu fatals, qui a aussi tué un chauffeur de taxi dans sa fuite, a été "condamné à mort par pendaison", a annoncé le juge Khin Maung Maung.

Son complice à l'aéroport de Rangoun, où l'avocat avait été tué, a été condamné à la même peine, lors de l'énoncé de ce verdict pour lequel de nombreux journalistes (dont l'AFP) et diplomates s'étaient déplacés.

Deux autres complices, ayant participé à la préparation du crime, ont été condamnés à des peines de cinq et trois ans de prison. Celui qui a été condamné à cinq ans, Zeya Phyo, est un ancien officer de l'armée.

Mais le commanditaire présumé, Aung Win Khine, un ancien officier de l'armée lui, est toujours en fuite. Il fait l'objet d'une "notice rouge" (demande d'arrestation en vue d'extradition) d'Interpol.

Ko Ni, connu pour ses discours sur la tolérance religieuse et ses critiques envers la junte militaire, avait été abattu le 29 janvier 2017 devant l'aéroport de Rangoun.

Le meurtre du conseiller juridique de la Ligue nationale pour la démocratie (LND, au pouvoir) d'Aung San Suu Kyi avait marqué les esprits en Birmanie.

Le tireur a seulement assuré pendant son procès avoir agi sous la menace d'un commanditaire dont il n'a pas révélé l'identité.

La NLD avait parlé d'assassinat politique et "d'acte terroriste" et Aung San Suu Kyi l'avait qualifié de "martyr".

"Il reste de nombreuses zones d'ombre quant aux circonstances et aux motivations derrière cet assassinat", a réagi la Commission internationale des juristes (ICJ).

Spécialiste de la Constitution, Ko Ni dénonçait l'influence politique conservée par l'armée qui contrôle certains ministères clé ainsi qu'un quart des sièges du Parlement. C'était aussi l'un des rares personnages publics à oser publiquement plaider contre l'intolérance religieuse, dans un pays où les tensions sont fortes.

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