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Syrie: la bataille pour la conquête du dernier réduit de l'EI

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Dates-clés de l'opération menée depuis septembre dernier par les Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par une coalition internationale, qui a abouti à l'annonce samedi de la chute du dernier réduit du groupe Etat islamique (EI), à Baghouz, dans l'est de la Syrie.

- "Opération Roundup" -

Le 10 septembre 2018, les FDS, dominées par des combattants kurdes, lancent "une offensive terrestre pour la phase III de l'opération Roundup" dans l'est de la Syrie.

L'opération avait été amorcée le 1er mai pour déloger les combattants de l'EI des dernières localités de la vallée de l'Euphrate qu'ils contrôlaient. La phase I avait chassé l'EI près de Baghouz le 15 mai, et la phase II les avait délogés de Dachicha, dans le nord de la province de Hassaké, le 17 juin.

"Fief important" de l'EI, Dachicha se trouvait sur un "couloir vital" reliant les territoires des jihadistes en Syrie et en Irak.

Mais, fin octobre, les FDS sont contraintes de reculer, après des contre-attaques meurtrières de l'EI. Puis elles annoncent un arrêt temporaire de leur offensive, en raison de bombardements menés par leur ennemi turc contre des positions militaires kurdes dans le nord syrien.

Le 11 novembre, l'opération est relancée.

- Hajine -

Le 14 décembre, les FDS chassent les combattants de l'EI de leur fief de Hajine, la plus grande localité du bastion de l'EI, près de la frontière irakienne.

Le 23 janvier 2019, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) rapporte que l'alliance de combattants kurdes et arabes a "pris le contrôle du village de Baghouz", le dernier encore aux mains de l'EI. Le lendemain, les jihadistes mènent une contre-attaque ratée pour reprendre le village.

Mais, selon un commandant des FDS, un carré de Baghouz reste aux mains des jihadistes, qui tiennent une poignée de hameaux et de terres agricoles.

Le 7 février, la coalition internationale annonce que l'EI contrôle désormais moins de 1% de son "califat" autoproclamé, qui couvrait autrefois de vastes régions en Syrie et en Irak, faisant écho aux propos tenus par le président américain Donald Trump.

- Début de l'offensive "finale" -

Le 9 février, les FDS annoncent avoir lancé leur offensive "finale" contre l'ultime réduit jihadiste.

"Les FDS progressent lentement dans ce qui reste de la poche de l'EI", indique deux jours plus tard l'OSDH. "Il y a des frappes aériennes sporadiques, mais il y a surtout des tirs d'artillerie de la coalition internationale".

Les snipers, les mines enfouies et les tunnels creusés par les jihadistes ralentissent les opérations.

- "Boucliers humains" -

Le 16 février, un porte-parole des FDS indique que l'offensive a été ralentie en raison de la présence de "nombreux civils à l'intérieur" du réduit. Il ajoute avoir été "surpris de voir de nombreux civils émerger des tunnels et de souterrains creusés par l'EI".

"Des centaines de civils continuent de fuir et ceux qui ont pu s'échapper racontent que l'EI les utilise comme boucliers humains", selon la coalition.

Le 22, Human Rights Watch (HRW) appelle à protéger les civils ayant quitté le réduit, évoquant des conditions de vie "terribles". Les personnes qui fuient sont "affamées" et ont besoin de "soins médicaux urgents", affirme le Comité international de secours (IRC), pointant de nouveaux décès parmi les enfants.

Le 27, hommes, femmes et enfants quittent à bord de camions le dernier carré de l'EI sous la supervision des forces kurdo-arabes. Il s'agit de la cinquième évacuation du genre en une semaine.

Le lendemain, les FDS annoncent avoir découvert un charnier contenant des dépouilles et des "têtes coupées" de femmes à Baghouz.

- Ultime bataille -

Le 1er mars, les FDS lancent l'assaut ultime contre l'EI. "Après l'évacuation de milliers de civils et de nos camarades détenus à Baghouz, l'opération de nettoyage de la dernière poche de l'EI a commencé", annonce leur porte-parole.

Le lendemain, les FDS, dominées par les combattants kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), pénètrent dans le périmètre des jihadistes. Tirs d'artillerie et frappes aériennes de la coalition internationale visent des positions jihadistes.

Mais, le 3, les FDS ralentissent l'assaut pour permettre l'évacuation de dizaines de milliers de personnes, dont des combattants jihadistes et leurs familles. Le 10, elles reprennent leur assaut, après l'expiration du délai de "reddition" accordé aux jihadistes.

Le 19, les FDS annoncent que les jihadistes ont été forcés de se retirer hors de leur principal campement et sont désormais coincés dans un secteur très étroit sur les rives de l'Euphrate.

Le 22, la campagne militaire reprend après deux jours de pause.

Les FDS "déclarent la totale élimination du soi-disant califat et une défaite territoriale à 100% de l'EI", proclame le lendemain un porte-parole des forces arabo-kurdes.

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