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MotoGP: bienvenue à Tavullia, "ValentinoRossiLand"

MotoGP: bienvenue à Tavullia, "ValentinoRossiLand"
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Une montée pavée, un passage sous arcade, un clocher. Un décor de village italien comme il y en a mille, si ce n'est, apposée sur le mur d'enceinte, l'énorme bâche "Welcome to Tavullia 46" figurant un pilote moto en course, qui rappelle que vous êtes chez Valentino Rossi.

Le champion a grandi ici, à la frontière des Marches et de l'Emilie-Romagne (est de l'Italie), et son N.46 est partout à Tavullia.

Chaque lampadaire porte un drapeau "The Doctor 46", les glissières de protection des rond-points sont recouvertes de banderoles VR46, les panneaux d'entrée indiquant "Tavullia, terre de pilotes et de moteurs" débordent de stickers et de messages au marqueur à la gloire de "Vale".

Et devant l'entrée du siège en verre de la VR46, l'entreprise qui gère les différents business du nonuple champion du monde en Grand Prix moto, une place de parking, la N.46. Si elle est occupée, c'est que le patron est dans les murs.

Tatouage "VR46" sur le bras droit, le directeur général du groupe Alberto Tebaldi a expliqué à l'AFP comment la carrière de Rossi, né à Urbino, à 25 kilomètres de là, s'est accompagnée du développement de toute une activité économique basée à Tavullia.

"On a commencé en 2009, quand +Vale+ a rebâti toute sa structure sportive. Il voulait une qualité de merchandising supérieure et a proposé qu'on s'en occupe ici nous-mêmes", raconte-t-il.

- Dîner à 90 -

Au merchandising se sont ajoutées l'Academy, où Rossi s'entraîne avec de jeunes pilotes prometteurs, et la Team Sky, sa propre écurie, inscrite en Moto2 et Moto3.

"Au début on était six. Aujourd'hui, on est plus de 40 pour le merchandising, 35 pour la Team Sky et d'autres encore pour l'Academy et le Motor Ranch (sa piste d'entraînement). Au dernier dîner de Noël du groupe VR46, on était plus de 90", sourit Tebaldi.

Alessio Salucci, ami d'enfance et bras droit de Rossi, a lui aussi grandi à Tavullia et n'avait pas forcément comme ambition de co-diriger un groupe affichant plus de 30 millions d'euros de chiffre d'affaires.

"On est un groupe de cinq ou six amis, qui n'a pas changé depuis le début. Ce coin a toujours été une terre de moteurs. Mais à 10 ans, normalement, tu joues au foot. Nous, on voyait les autres jouer au foot et on se disait +bon, c'est quoi ce truc ?+. On voulait faire de la moto."

A force de faire de la moto et de gagner, Rossi a profondément transformé le village de son enfance, où affluent chaque année des milliers de touristes fans de moto en pèlerinage.

"J'ai connu cet endroit sans Valentino. Ou plutôt avec Valentino avant qu'il devienne Valentino. C'était un village normal, comme il y en a des milliers en Italie. Sans lui, ça aurait été plus pauvre, moins attirant", estime Salucci.

"Aujourd'hui, Tavullia est connu dans le monde entier. Cela a permis de créer des commerces, des installations sportives, une école de foot... Autant de choses qui, d'une certaine façon, sont ses enfants. Si la commune est comme elle est, c'est qu'un peu d'argent est entré grâce à Valentino."

- tongs et trottinettes -

Au café du village, le barman n'en fait d'ailleurs pas mystère. Tavullia sans Rossi, c'est "trois chats et deux chiens".

De fait, l'impression est saisissante. Tavullia est une sorte de "ValentinoRossiLand" où tout ramène au champion, la pizzeria Da Rossi, la boutique d'articles siglés VR46 (bonnets, mugs, tongs, tricycles et trottinettes...) et même l'épicerie fine, où les produits de la région portent la marque Rossi.

"Vale est fier de faire vivre ce qui est et restera toujours sa région. Les gens qui travaillent ici viennent de Tavullia, Rimini, Pesaro, de ce qui est autour de nous. C'est beau de voir cette réalité locale se confronter à des business mondiaux", explique Salucci.

Cela implique tout de même que la question de la fin de carrière du champion quadragénaire ne se pose pas que sportivement.

"C'est difficile à imaginer. On ne sait pas si et dans quelle mesure ce business va se réduire. Clairement, il deviendra différent. Mais le jour où Vale descendra de moto, je pense que ça sera plus un problème pour d'autres que pour nous", estime Tebaldi.

Luca Marini, demi-frère de Rossi et pilote de la Team Sky en Moto2, a en tous cas fixé l'horizon: "Vale doit courir jusqu'à... 46 ans".

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