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Musée juif: les derniers mots de Mehdi Nemmouche pour se dire "piégé"

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Huit semaines de procès, et vingt secondes pour dire qu'il a été "piégé". Mehdi Nemmouche, accusé de la tuerie du musée juif de Bruxelles, a brièvement pris la parole mardi au dernier jour de l'audience pour s'en tenir à une thèse non étayée, jugée "hallucinante" par les parties civiles.

Le jihadiste français de 33 ans, dont le parquet a requis la condamnation, encourt la réclusion à perpétuité pour quatre "assassinats terroristes" commis le 24 mai 2014. Le verdict devrait être rendu jeudi.

"Mesdames et messieurs les jurés, j'ai été piégé, Me Courtoy vous a expliqué les raisons pour lesquelles je me suis tu depuis le début", a déclaré Nemmouche mardi matin aux assises de Bruxelles, au moment du dernier mot accordé aux accusés.

Il a ainsi repris au mot près, sans expliquer davantage, la thèse développée par son avocat Sébastien Courtoy jeudi dernier lors de sa plaidoirie.

A en croire cet avocat controversé, la tuerie n'est pas un attentat du groupe Etat islamique (EI), et son client, à l'époque tout juste rentré de Syrie, n'est pas le tueur du musée.

Mehdi Nemmouche, a soutenu Me Courtoy, a été "piégé" par de supposés agents de services étrangers -- des musulmans chiites iraniens ou libanais --, désireux de l'impliquer dans "une exécution ciblée d'agents du Mossad", les services secrets israéliens.

L'argument vise les époux israéliens Miriam et Emmanuel Riva, les deux premières personnes abattues de sang-froid ce samedi du printemps 2014 au musée juif. Un employé belge de 26 ans et une bénévole française de 66 ans ont également été assassinés, le tout en moins d'une minute et demi.

La thèse du "piège", qualifiée de "délirante", "hallucinante", par les avocats des victimes, n'a été étayée par aucun élément concret.

"Mehdi Nemmouche a été piégé, on ne sait toujours pas par qui, les Syriens, les Iraniens, les chiites, les Libanais... La défense est incapable de choisir, elle vous laisse choisir pour elle", avait ironisé lundi l'avocat général Yves Moreau à l'adresse du jury.

- "Une femme qui m'attend" -

"Rien dans le dossier ne vient étayer un tant soit peu les thèses mises en avant", a renchéri l'autre représentant du parquet, Bernard Michel. Les deux procureurs ont recensé "23 éléments de preuve" accablant Nemmouche (ADN, empreintes sur les armes, vidéos de revendication etc).

Mardi, Nemmouche, toujours soucieux de son éloquence, a précisé que son silence n'était pas une marque d'"irrespect". "Je n'ai vraiment pas cherché à être licencieux", a-t-il assuré. Avant d'enchaîner, énigmatique: "Si c'était à changer, je changerais tout".

Après avoir fait valoir durant l'enquête son "DAS" --comme "Droit au silence" (il a créé l'acronyme pour répliquer aux policiers en garde à vue)--, l'accusé avait promis de s'expliquer devant les assises.

"Il ne restera pas muet, il fournira des explications", avait assuré à l'AFP un de ses avocats, Henri Laquay, le 20 décembre en marge d'une audience préliminaire.

En définitive, ce délinquant multirécidiviste radicalisé en prison n'aura cessé depuis l'ouverture des débats le 10 janvier de repousser les questions, promettant de répondre "plus tard".

Le 31 janvier, il s'était exprimé quelques minutes pour se distancier fermement d'un vol assorti de menaces survenu en plein procès au cabinet d'un des avocats du dossier.

"J'interdis à qui que ce soit de poser quelque acte d'intimidation que ce soit", avait-il lancé, réaffirmant au passage ne pas être le tueur du musée.

A ses côtés a comparu Nacer Bendrer, un délinquant marseillais de 30 ans accusé de lui avoir fourni les armes et qui nie les faits. Ses avocats ont plaidé son acquittement.

"Je n'ai rien strictement à voir dans cette histoire" qui est "un cauchemar pour moi", a affirmé mardi Bendrer, "j'ai une vie qui m'attend, une femme qui m'attend".

La présidente a clos les débats un peu avant 12H00 (11H00 GMT).

En cas de verdict de culpabilité, la cour devra se prononcer dans un deuxième temps sur les peines, vraisemblablement vendredi.

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