DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Chelsea Manning, l'ex-informatrice de WikiLeaks, à nouveau écrouée

Chelsea Manning, l'ex-informatrice de WikiLeaks, à nouveau écrouée
Taille du texte Aa Aa

Chelsea Manning, l'ex-analyste du renseignement américain qui avait fait fuiter des milliers de documents classés secret-défense, a été placée en détention vendredi en raison de son refus de témoigner dans une enquête sur WikiLeaks.

"Je vous déclare coupable d'entrave à la bonne marche de la justice", a déclaré le juge fédéral Claude Hilton, qui a écroué la femme de 31 ans après l'avoir convoquée devant son tribunal en banlieue de Washington.

L'ancienne informatrice de WikiLeaks refuse de répondre aux questions d'un grand jury supervisant une enquête sur l'organisation fondée par Julian Assange, qui se targue d'avoir donné une audience mondiale aux "lanceurs d'alertes".

Chelsea Manning, souvent vue comme un symbole de la lutte contre les secrets des gouvernements, s'est pourtant vu proposer une immunité dans le cadre de ces investigations.

- Détenue sine die -

Mme Manning restera écrouée tant qu'elle ne reviendra pas sur sa décision ou jusqu'à ce que le grand jury soit dissous, a averti le juge Hilton du tribunal d'Alexandria, une petite ville de Virginie jouxtant Washington.

La détenue, devenue par ailleurs une icône des personnes transgenres, avait publié jeudi un communiqué informant qu'elle craignait de retourner en prison.

"Un juge va examiner le fondement juridique de mon refus de répondre (..). Le tribunal va peut-être conclure que je suis responsable d'entrave à la bonne marche de la justice et me renvoyer en prison", avait-elle écrit.

La native de l'Oklahoma affirme bénéficier d'un droit constitutionnel à ne pas être interrogée par ce grand jury, dont elle dénonce par ailleurs l'opacité des actes de procédure.

En 2010 le soldat Manning, alors prénommé Bradley, avait fait fuiter grâce à WikiLeaks plus de 700.000 documents confidentiels ayant trait aux guerres d'Irak et d'Afghanistan, dont plus de 250.000 câbles diplomatiques qui avaient plongé les Etats-Unis dans l'embarras.

- Sept ans de prison -

L'ex-analyste du renseignement a purgé sept ans de prison sur les 35 de sa condamnation, ayant bénéficié d'une commutation de peine octroyée par l'ancien président Barack Obama. Lors de sa détention, elle avait entamé sa transition vers son identité de femme.

Pour beaucoup d'Américains Chelsea Manning est une héroïne des libertés qui a payé très cher des révélations utiles sur les morts de civils sous les bombardements américains en Irak et en Afghanistan.

Pour de nombreux autres, c'est une traîtresse coupable de collusion avec l'ennemi. Donald Trump l'avait lui-même qualifiée de "traîtresse".

En détention au pénitencier militaire de Fort Leavenworth, perdu au coeur de l'Amérique dans l'Etat du Kansas, elle avait reçu le soutien de Michael Stipe, chanteur du groupe R.E.M., ou encore de la styliste britannique Vivienne Westwood.

Résultat, totalement inconnue lors de son arrestation, elle est aujourd'hui célèbre sur tous les continents.

Né en Australie, Julian Assange vit lui réfugié à l'ambassade d'Équateur à Londres depuis juin 2012. S'il en sort, il risque d'être arrêté par les autorités britanniques et d'être par la suite extradé aux Etats-Unis.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2019 - Agence France-Presse.
+Voir plus
Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© 2019 - Agence France-Presse. Toutes les informations (texte, photo, vidéo, infographie fixe ou animée, contenu sonore ou multimédia) reproduites dans cette rubrique (ou sur cette page selon le cas) sont protégées par la législation en vigueur sur les droits de propriété intellectuelle. Par conséquent, toute reproduction, représentation, modification, traduction, exploitation commerciale ou réutilisation de quelque manière que ce soit est interdite sans l’accord préalable écrit de l’AFP, à l’exception de l’usage non commercial personnel. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des retards, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus dans le domaine des informations de presse, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations. AFP et son logo sont des marques déposées.