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Ligue 1: les naufragés des reports

Ligue 1: les naufragés des reports
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Clubs qui se sentent floués, supporters "en galère", Ligue qui doit gérer une situation inédite... Les acteurs du Championnat goûtent de moins en moins aux journées saucissonnées par les reports de rencontres, récurrents depuis décembre.

Pour une fois, un sujet met d'accord ultras et instances. Depuis l'éruption du mouvement des "gilets jaunes", une quarantaine de matches de Ligue 1 ont été décalés, comme Nantes-PSG initialement prévu samedi et reprogrammé à une date inconnue, rendant le calendrier illisible de l'avis de tous.

"Aujourd'hui, on a pratiquement 40% des matches qui ont été reportés sur les deux derniers mois. Cela n'est jamais arrivé dans l'histoire du foot pro", estime la présidente de la Ligue de football professionnelle (LFP) Nathalie Boy de la Tour.

"Pour le foot, pour le spectacle, et pour les supporters, ce n'est pas judicieux. C'est assez galère", lui répond en écho le président de l'Association nationale des supporters (ANS) Pierre Révillon.

"C'est dommageable pour l'image du foot français. Le public perd ses repères", abonde le président de Montpellier Laurent Nicollin.

Les communiqués se suivent et se ressemblent: une simple phrase pour annoncer le report du match, le plus souvent du samedi au dimanche, puis le justifier. A chaque fois, c'est "sur instruction" de la Préfecture concernée, sans plus.

- "Garder l'unité" -

"Il est nécessaire de rappeler que, depuis les actes terroristes de 2015, la sécurisation des grands rassemblements et donc des abords des stades a été renforcée. Or, les manifestations des +gilets jaunes+, particulièrement importantes à Toulouse, impliquent nécessairement une présence policière. Il devient alors difficile de concilier deux événements", explique la Préfecture de Haute-Garonne dans un communiqué transmis à l'AFP.

"Je comprends que les forces de police ne peuvent pas être partout. Toutefois, à part les gros matches à risque, on n'a pas besoin d'avoir trois compagnies de CRS pour le match contre Angers, par exemple, réagit Laurent Nicollin. Je n'arrive pas à comprendre que les autres sports, rugby, handball, continuent à jouer normalement même si le foot a besoin d'autres forces de l'ordre."

"Quand la préfecture nous dit qu'il faut reporter, on n'a pas d'autres choix que de le faire. On essaie d'avoir, quand c'est possible, un report du samedi au dimanche, de façon à garder l'unité de temps de la journée de Championnat", explique Nathalie Boy de la Tour.

Mais pour les clubs, dont le fonctionnement est calé au moindre détail, ou les fans, qui doivent parfois poser des congés, une journée peut tout changer. "Quand on se déplace, il y a une organisation en amont, des gens qui prennent des congés... C'est du travail qui tombe à l'eau", décrit Révillon.

- Equité faussée -

Nîmes a été l'une des équipes qui a le plus subi les aléas du calendrier. "Après quatre matches joués en dix jours (entre les 16 et 26 janvier), on peut avoir des semelles de plomb, et se poser la question de l'équité sportive, explique l'entraîneur gardois Bernard Blaquart. Il faut être capable de s'adapter en permanence, cela chamboule le rythme, complique les cycles de travail et l'organisation des séances, et peut casser une dynamique de bons résultats."

"Ce Championnat ne ressemble à rien, avec tous ces matches reportés. Cela fausse l'équité du Championnat. On subit les événements", explique son homologue de Montpellier Michel Der Zakarian, qui s'est déplacé à Paris... deux mois après la date initiale.

En bout de chaîne, les diffuseurs aussi constatent un impact négatif, notamment le samedi soir, quand le traditionnel "multiplex" se réduit parfois à deux petits matches... "On change les habitudes de consommation des téléspectateurs, qui ont un peu de mal à s'y retrouver, donc forcément cela a un impact sur les audiences", reconnaît Nathalie Boy de la Tour.

Pendant ce temps, la mobilisation des "gilets jaunes" faiblit d'acte en acte, de 166.000 manifestants fin novembre, ils étaient 39.300 début mars selon le ministère de l'Intérieur. Bientôt le bout du tunnel ?

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