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Brexit: May tente de sauver son accord avant un vote crucial mardi

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La Première ministre Theresa May pourrait se rendre lundi soir à Strasbourg pour essayer de finaliser un compromis sur le Brexit, dans une ultime tentative pour sauver l'accord de divorce menacé d'un rejet mardi par les députés britanniques.

Le temps presse pour la dirigeante conservatrice qui n'a jusqu'ici pas réussi à obtenir de concessions suffisantes pour convaincre son Parlement d'approuver ce traité de retrait, destiné à mettre en oeuvre un Brexit ordonné, mais recalé en janvier une première fois, massivement, par les députés.

Alors que les chances de parvenir à une solution semblaient s'amenuiser au fil des heures, le ministre irlandais des Affaires étrangères Simon Coveney a affirmé que la dirigeante conservatrice se rendrait à Strasbourg dans la soirée pour "tenter de finaliser un accord".

"Les négociations sont en cours. Beaucoup avaient espéré que nous aurions des éclaircissements à ce stade, en particulier avant le vote de demain. Mais ce n'est pas encore le cas", a ajouté Simon Coveney, évoquant des "obstacles".

La ville alsacienne accueille cette semaine de nombreux responsables européens dans le cadre d'une session plénière du Parlement européen.

Ce déplacement n'a cependant pas été confirmé par Downing Street. M. Coveney s'est "quelque peu avancé", a commenté une source gouvernementale britannique.

"Il n'y a rien à notre agenda", a indiqué à l'AFP de son côté un responsable du Parlement européen. "Si elle vient (à Strasbourg) ce sera pour rencontrer Jean-Claude Juncker", le président de la Commission européenne, avec qui Mme May s'est encore entretenue lundi.

- "Dans le pétrin" -

Le principal point d'achoppement des discussions réside dans le "filet de sécurité", un dispositif de dernier recours visant à éviter le retour d'une frontière physique en Irlande du Nord, afin de préserver les accords de paix de 1998 et l'intégrité du marché unique européen, mais dont les Brexiters ne veulent pas.

Alors que les dirigeants européens ont refusé de rouvrir les négociations sur le texte de l'accord, le négociateur en chef de l'UE sur le Brexit Michel Barnier a redit être prêt à "donner une force juridique" contraignante à l'engagement maintes fois répété de tout faire pour que le "backstop" ne s'éternise pas, signifiant ainsi qu'il n'irait pas plus loin.

"Nous avons fait des propositions constructives que j'ai rappelées vendredi", a-t-il déclaré lundi matin à l'AFP. Désormais, a-t-il insisté, "les négociations, sont entre le gouvernement à Londres et le Parlement à Londres".

En écho, la chancelière allemande Angela Merkel a souligné lundi à Berlin que les Européens avaient proposé une "offre importante" au Royaume-Uni.

Faute de garanties satisfaisantes pour les députés, Theresa May s'exposerait à une nouvelle défaite humiliante lors du vote mardi. L'accord est "dans le pétrin, vraiment dans le pétrin", soulignait la BBC.

Le porte-parole de Theresa May a néanmoins assuré que le vote aurait bien lieu, précisant qu'elle devait publier une déclaration écrite dans la journée.

L'opposition travailliste a en outre obtenu une question urgente au Parlement pour obtenir de l'exécutif un compte-rendu de l'état des discussions.

Il est temps que Theresa May "accepte que son approche ne fonctionne pas", a estimé Yvette Cooper, une influente députée du Labour, ajoutant que le Parlement était prêt à prendre les rênes du processus.

Un rejet de l'accord pourrait signifier que le Royaume-Uni quittera l'UE dans le chaos le 29 mars, après 46 ans d'une relation souvent houleuse. Il pourrait aussi aboutir à un report de la sortie.

Si le texte devait effectivement être rejeté, Mme May a décidé d'organiser un vote mercredi sur la possibilité de sortir de l'UE sans accord.

Si les députés refusent cette option, ils voteront jeudi sur une proposition de report "limité" du Brexit. Mais les 27 devront donner leur accord et les dirigeants européens ont prévenu que tout report devra être justifié.

Les Européens n'accepteront pas "d'avancer à l'aveugle", leur position sera fonction "de la durée et de la finalité de l'extension demandée", a estimé un diplomate.

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