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Six Nations: les symptômes du déclassement français

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L'Irlande, sûre de sa force, n'a pas tenté une seule pénalité dimanche pour battre le XV de France (26-14), l'un des signes manifestes que les Bleus ne font plus peur aux grandes nations, à six mois de la Coupe du monde au Japon.

. Les points? Pas besoin

Lors d'une première période à sens unique, au sens propre - les Français ont passé cinq secondes dans les 22 m adverses -, l'Irlande a obtenu six pénalités. Mais Johnny Sexton n'a pas une seule fois indiqué les poteaux pour conforter l'avance du XV du Trèfle avec les trois points.

Même après plusieurs tentatives ratées lors du deuxième quart d'heure de jeu, l'ouvreur irlandais a persévéré en choisissant systématiquement la pénaltouche, indice d'une équipe en confiance et qui ne craint pas son adversaire. A raison, puisque le N.10 a lui-même inscrit le second essai irlandais (30e).

Dans une situation similaire, lors de la précédente correction reçue par la France, en Angleterre (44-8), Owen Farrell avait au moins eu la courtoisie d'inscrire deux pénalités entre le premier et le deuxième essai anglais.

. Coaching précoce

En ouvrant le score dès la 3e minute de jeu, l'équipe de Joe Schmidt a pu dérouler son plan sans accroc, avec le bonus offensif comme objectif final. Celui-ci acquis à la 56e (26-0), les cadres Sexton, Conor Murray, Rory Best et Tadhg Furlong sont sortis immédiatement, alors qu'il restait tout de même plus de 20 minutes à jouer.

L'entraîneur Joe Schmidt n'avait donc pas vraiment peur d'un sursaut français, qui s'est timidement produit en toute fin de match. Les deux essais encaissés dans les dernières minutes n'ont pas franchement dérangé les Irlandais, preuve là aussi du manque de considération pour l'équipe de Jacques Brunel.

. Ils ne le cachent plus

Leurs déclarations donnent aussi le ton: les nations dominantes n'ont plus peur de la France, 8e nation mondiale et qui affiche un triste bilan de 4 succès pour 11 revers depuis l'arrivée fin 2017 de Brunel en remplacement de Guy Novès, évincé... pour mauvais résultats.

"Dans six jours, ce sera une équation complètement différente", a ainsi déclaré Schmidt à propos du rendez-vous autrement plus coriace pour ses joueurs samedi à Cardiff face au pays de Galles. A peu près comme Eddie Jones, le sélectionneur anglais qui avait lui rapidement évacué le match à peine terminé contre les Bleus, telle une formalité, pour se tourner aussitôt vers le même rendez-vous gallois. "La préparation commence mercredi", avait-il indiqué, comme si ses joueurs sortaient d'un entraînement.

. Un public lassé?

L'affluence dans un stade est un baromètre évident pour mesurer la popularité d'une équipe. Difficile malgré les invitations de cacher, en novembre, un Stade de France rempli aux deux tiers seulement pour la réception de l'Afrique du Sud, pourtant l'affiche principale de sa série de tests.

La Fédération française (FFR), qui a réussi à faire le plein contre l'Ecosse pour fêter son centenaire, répond que le taux d'occupation était sensiblement le même au début de la décennie, quand son équipe passait encore pour un sérieux rival.

Pas sûr qu'à l'époque, certains spectateurs irlandais auraient quitté leurs sièges avant la fin du match, sereins, comme ce fut le cas dimanche à Lansdowne Road. Ceux-là n'ont pas entendu certains supporters français siffler leurs joueurs lors de leur tour d'honneur.

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