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Brexit: May s'efforce de convaincre les députés de voter son accord

Brexit: May s'efforce de convaincre les députés de voter son accord
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Theresa May s'escrimait lundi à tenter de rallier les eurosceptiques derrière son accord de Brexit, qui, faute de soutien suffisant, pourrait ne pas être présenté à nouveau cette semaine aux députés britanniques, à 11 jours de la date prévue pour le divorce.

Ce Traité de retrait de l'Union européenne, fruit de négociations de longue haleine avec Bruxelles et destiné à mettre en oeuvre un Brexit en douceur, a été recalé le 15 janvier, par 432 voix contre 202, puis la semaine dernière, par 391 voix contre 242.

La Première ministre britannique a prévu de le présenter une nouvelle fois aux députés d'ici mercredi, avant un conseil européen prévu jeudi.

Mais face à la perspective d'un nouveau rejet du texte, inchangé depuis le dernier vote, elle pourrait finalement y renoncer, a déclaré lundi un porte-parole de Mme May, confirmant des propos tenus la veille par deux de ses ministres.

"Tous deux ont dit qu'il était évident qu'avant tout autre vote, nous voulons avoir ou croire que nous avons une chance raisonnable de l'emporter", a-t-il dit, dans une nouvelle illustration des difficultés de l'exécutif à mettre en oeuvre le Brexit, près de trois ans après le référendum sur l'appartenance à l'UE du 23 juin 2016.

- 'Discussions' avec les Brexiters -

Pour tenter de faire pencher la balance de son côté, le gouvernement, qui a besoin de faire changer d'avis 75 parlementaires, a lancé des discussions avec les Brexiters purs et durs, à commencer par le parti nord-irlandais DUP, son allié au Parlement.

"La Première ministre a eu des discussions avec un certain nombre de (parlementaires) ce week-end. Des pourparlers ont eu lieu avec le DUP. Ces pourparlers se poursuivent aujourd'hui", a déclaré le porte-parole de Mme May.

Evoquant ces discussions, le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, a affirmé depuis Bruxelles avoir vu des "signes prudemment encourageants" dans les déclarations de plusieurs conservateurs.

Soucieuse d'éviter une nouvelle défaite humiliante, Theresa May répète à l'envi qu'un troisième échec au Parlement pourrait entraîner un report significatif du Brexit, voire signer son arrêt de mort, jouant la stratégie de la peur au moment où le camp eurosceptique se demande si le Brexit se concrétisera un jour.

Mais la partie semble encore loin d'être gagnée, et tous les regards étaient tournés vers le DUP et l'ERG, un groupe de députés conservateurs pro-Brexit, qui pourraient faire basculer le vote.

Ceux-ci s'opposent notamment au "filet de sécurité", une disposition de l'accord censée éviter le retour d'une frontière physique entre la République d'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord et qui prévoit que le Royaume-Uni demeure dans un "territoire douanier unique" avec l'UE.

"J'attends de voir ce que va faire le DUP", a déclaré le président de l'ERG Jacob Rees-Mogg, sur la radio LBC.

"Franchement, je n'ai pas encore pris ma décision", a-t-il insisté. "Il y a une hiérarchie. Un +no deal+ (sortie sans accord, ndlr) est mieux que l'accord de Mme May, mais l'accord de Mme May est mieux que de ne pas quitter" l'UE.

- Jusqu'au dernier moment -

Le truculent champion des Brexiters Boris Johnson a de son côté estimé que le gouvernement devrait essayer d'obtenir de nouvelles concessions de Bruxelles avant de soumettre à nouveau le traité au Parlement.

"Il y a un sommet européen cette semaine. Il n'est pas trop tard pour apporter de véritables changements (...). Il serait absurde de tenir le vote avant même que cela n'ait été tenté", a-t-il écrit dans sa tribune hebdomadaire dans le quotidien The Daily Telegraph.

En cas d'adoption de l'accord par les députés, Theresa May devrait demander à l'UE un court report, d'ordre technique, de la date du divorce, jusqu'au 30 juin.

En cas de rejet, la dirigeante conservatrice proposera un report plus long, qui exigerait du Royaume-Uni qu'il prenne part aux élections européennes des 23 au 26 mai.

Lundi, un haut responsable européen a affirmé que Londres pourrait demander en théorie un report du Brexit jusqu'au tout dernier moment, même "dans l'heure précédant" le divorce programmé à 23H00 GMT le 29 mars.

L'UE a cependant prévenu que toute prolongation devrait être dûment justifiée.

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