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Boxe: Rakhimov jette l'éponge, sortie de crise en vue pour l'AIBA

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L'AIBA a-t-elle sauvé son avenir olympique? L'annonce vendredi de la démission du controversé homme d'affaires ouzbek Gafur Rakhimov de la présidence de la Fédération internationale de boxe ressemble à une concession envers le CIO qui avait gelé l’organisation du tournoi aux JO de Tokyo-2020.

"J'ai informé le Comité exécutif de l'AIBA de mon intention de me retirer de la présidence", a annoncé M. Rakhimov dans un communiqué, alors que face aux problèmes de gouvernance de la fédération, le CIO avait ouvert une enquête.

Une réunion téléphonique du Comité exécutif de la Fédération de boxe, basée à Lausanne (Suisse), a été convoquée pour ce weekend, afin "d'entamer la procédure en vue de l'élection d'un président par intérim", a ajouté l'AIBA.

L'annonce de la démission de M. Rakhimov intervient à quelques jours d'une réunion de la Commission exécutive du CIO qui doit aborder la question de mardi à jeudi à Lausanne. Son départ, même s'il conserve des responsabilités au sein du Comité exécutif de l'AIBA, pourrait permettre d'obtenir une levée des sanctions du CIO qui pèsent sur le fédération.

- Finance, gouvernance, éthique -

Dans une réaction transmise à l'AFP, un porte-parole du CIO indique que l'instance "prend note" de l'intention de M. Rakhimov de "se retirer de ses fonctions de président de l'AIBA".

La commission d'enquête ad hoc du CIO "évaluera soigneusement les effets de cette décision sur la position de président au sein de la structure de l'AIBA et l'impact potentiel que celle-ci peut avoir", a ajouté le porte-parole.

Le CIO souligne ensuite que "comme nous l'avons dit dès le début, cette enquête porte sur de nombreux autres aspects liés à l'AIBA, tels que les finances de la fédération, sa gouvernance et l'éthique, la lutte contre le dopage, l'arbitrage et le jugement".

Le CIO avait annoncé fin novembre l'ouverture d'une enquête visant la fédération et confiée à une commission ad hoc présidée par le Serbe Nenad Lalovic, membre de la commission exécutive du CIO et président de la Fédération internationale de lutte.

Une série de 41 questions a été adressée début février à l'AIBA via le cabinet d'audit Deloitte, portant sur la gouvernance, les finances, l'éthique ou la lutte antidopage.

Dans l'attente des conclusions de cette commission, l'instance avait également décidé de geler l'organisation du tournoi de boxe aux Jeux olympiques de Tokyo-2020, plaçant les fédérations nationales et les sportifs dans l'incertitude.

Si la décision d'écarter l'AIBA de l'organisation du tournoi olympique était maintenue, cette organisation pourrait être menée par le CIO, tout comme celle des tournois qualificatifs qui doivent débuter en septembre.

- "Des allégations fabriquées" -

"Malgré les efforts, il y a eu de nombreuses discussions ces derniers mois au sujet de l'avenir olympique de la boxe. Beaucoup de (ces discussions) ont porté sur la politique et non sur le sport", a estimé M. Rakhimov, cité dans le communiqué.

"Même si j'ai vraiment cru et espérer que sport et politique devaient être séparés et que le bon travail et les changements à l'AIBA seraient reconnus, les discussions basées sur la politique ont remis en question les progrès réalisés au sein de l'AIBA", a-t-il ajouté.

"Une fois de plus, comme je l'ai déjà affirmé à plusieurs reprises, je confirme que les allégations me visant ont été fabriquées et sont motivées par des raisons politiques", a encore répété l'homme d'affaires.

Le CIO avait mis en avant en novembre "plusieurs motifs d'inquiétude majeure" concernant les finances ainsi que la gouvernance et l'éthique de l'AIBA, tout en promettant de "faire le maximum" pour protéger les athlètes et s'assurer qu'un tournoi de boxe aura bien lieu à Tokyo-2020.

Les relations ne se sont pas améliorées avec l'élection début novembre de M. Rakhimov à la présidence de l'AIBA. Il est accusé d'être un "criminel majeur" dans son pays par le Trésor américain, ce qu'il a nié vigoureusement dans un entretien à l'AFP.

La crise de gouvernance à l'AIBA n'est pas récente. Sous la pression, le Taïwanais Ching Kuo Wu avait été contraint en novembre 2017 de démissionner de la présidence de la fédération. M. Wu, par ailleurs toujours membre du CIO, était accusé de mauvaise gestion et d'avoir placé l'AIBA "au bord de la faillite", selon ses opposants, ce qu'il a toujours fermement nié.

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