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Euthanasie : le débat relancé en Espagne

Euthanasie : le débat relancé en Espagne
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L'arrestation puis la remise en liberté d'un Espagnol assumant pleinement d'avoir aidé à mourir sa femme qui était malade depuis trente ans a relancé jeudi le débat sur l'euthanasie, illégale dans le pays, à moins d'un mois des élections.

"Le mari a été arrêté mercredi", après le décès de son épouse à leur domicile de Madrid, a indiqué un porte-parole de la police nationale. "Il avait fait savoir que sa femme était en phase terminale et qu'il lui avait administré une substance, pour provoquer sa mort, afin qu'elle ne souffre plus".

Cet homme de 69 ans, Ángel Hernández, a ensuite "reconnu les faits devant le juge" qui "l'a laissé en liberté", a indiqué jeudi soir à l'AFP une source judiciaire, ajoutant que l'enquête continuait "pour un délit d'aide au suicide".

La télévision publique TVE a ouvert son journal du soir avec les images de la frêle malade de 61 ans, atteinte de sclérose en plaque depuis trente ans, en grande souffrance.

Dans une vidéo enregistrée avant son décès, et diffusée par différents médias, on entend son mari de 69 ans lui demander "tu insistes que tu veux te suicider?" et le "oui" qu'elle lui répond. D'une voix à peine audible, elle ajoute : "le plus tôt sera le mieux".

Le mari a également filmé le moment même du "suicide assisté" de son épouse, selon ces médias.

"L'idéal, ce serait que ce soit un professionnel qui soit autorisé (à l'aider à mourir, ndlr) mais comme c'est impossible, si elle me le demande, je devrai le faire", avait-t-il déjà averti l'an dernier dans un entretien diffusé par la télévision la Sexta.

L'affaire a rouvert le débat sur l'absence de réglementation de l'euthanasie, en pleine campagne des législatives anticipées du 28 avril.

Le chef du gouvernement socialiste minoritaire Pedro Sanchez promet de "reconnaître le droit à l'euthanasie" s'il dispose d'une majorité suffisante.

Les socialistes avaient présenté en juin une proposition de loi de régulation de l'euthanasie, avec le soutien de Podemos (gauche radicale). Mais ils accusent le Parti populaire (PP, conservateur) et Ciudadanos (libéral) - majoritaires au bureau du Congrès - d'avoir bloqué depuis octobre l'examen du texte.

Le secrétaire général de Ciudadanos, José Manuel Villegas, a fait valoir que sa formation était favorable sur le principe à ce texte mais qu'elle voulait prioritairement faire voter une "loi sur les soins palliatifs" qu'elle avait proposée.

Le PP est, lui, opposé à une régulation de l'euthanasie. En octobre, son président Pablo Casado avait appelé à ne pas légiférer en assurant que "ce problème n'existe pas en Espagne".

Une source judiciaire a confirmé à l'AFP que le parquet n'avait pas demandé le placement en détention du mari : "il ne va pas récidiver ni détruire de preuves, au contraire, il les a données à la police", a fait valoir cette source.