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Marathon de Paris: le tumultueux parcours de Paul Lonyangata vers le sommet

Marathon de Paris: le tumultueux parcours de Paul Lonyangata vers le sommet
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Une enfance marquée par une fuite en Ouganda, une découverte de l'athlétisme assez tardive, et finalement une course remportée aux États-Unis qui change tout: le parcours vers les sommets du Kényan Paul Lonyangata, double tenant du marathon de Paris, aura été tumultueux.

"Mon histoire, c'est une assez longue histoire", explique d'entrée Paul Lonyangata, 26 ans, qui ambitionne de devenir le premier coureur à remporter trois fois marathon de Paris, le 14 avril.

Tranquillement installé à la table de la salle à manger de son camp d'entraînement à Kaptagat, sur les hauts plateaux kényans, il raconte ainsi son parcours, de son enfance à Pokot à son éclosion au plus haut niveau, qui pourrait l'amener parmi les Kényans au départ du marathon des Mondiaux-2019 à Doha, en octobre.

Deuxième d'une fratrie de cinq enfants, Lonyangata est né en décembre 1992 dans le comté de West Pokot, dans le nord-ouest du Kenya. Mais il est très vite devenu l'aîné: en raison d'un conflit local, sa sœur âgée de 12 ans a été tuée en 2001, alors que lui en avait neuf.

"Ma tribu c'est Pokot, et nos voisins, c'est Marakwet", se souvient Lonyangata. Le conflit entre les deux tribus, du groupe ethnique des Kalenjins, oblige alors sa famille à fuir la région, pour trouver refuge en Ouganda voisin.

Ils ne rentreront qu'en 2003 au Kenya, pas loin de Kapenguria, capitale du comté de West Pokot.

Lonyangata ne touche réellement à l'athlétisme qu'en 2005, à près de 13 ans donc, lorsqu'il entre à l'école secondaire de Kapcherop, dans le comté voisin de Marakwet. Avant cela, il a marché, beaucoup marché! "Je faisais chaque jour 30 km, six jours sur sept", pour rejoindre son école le matin et rentrer chez lui le soir, précise-t-il.

Avec un groupe d'élèves de Kapcherop, il se rend en 2006 à Eldoret, la plus grande ville de la région, pour sa première course, un cross de 8 kilomètres qu'il remporte. Cette victoire lui ouvre les portes d'un autre cross de 8 km, aux États-Unis non loin de Seattle, où il s'impose encore.

- Viser le record de Bekele -

"Ma vie a changé à partir de ce moment!" Le Sud-coréen Samsung lui propose 2 millions de shillings kényans (KSH), soit environ 20.000 euros à l'époque.

Avec cet argent, il paie ses frais d'inscription à Kapcherop, et met ses parents à l'abri, en les installant à Kapenguria.

Ce n'est qu'en 2009, une fois son cursus scolaire terminé, qu'il se lance à plein temps dans l'athlétisme. D'abord sur le tartan et les distances de fond. Il rentre de Moncton (Canada) avec le bronze du 10.000 m des Mondiaux-2010 juniors.

Mais l'appel des courses sur route se fait vite ressentir: en 2011, il quitte Kapenguria pour se rendre à Kaptagat, à 200 km, et intègre l'un des camps de l'agent italien Federico Rosa, dont le leader à l'époque est James Kwambai (2h04:27. à Rotterdam en 2009, son meilleur temps), qui est ajourd'hui devenu son entraîneur.

Pour Lonyangata, la relation avec les 42,195 km est intimement liée à Paris grâce à ses deux sacres, dont un célébré en 2017 avec son ex-femme, Purity Rionoripo, victorieuse chez les dames.

"Je suis allé en Amérique, en Asie, mais c'est la France que je préfère. J'ai gagné à Shanghai, à Lisbonne, j'ai fait 5e à Boston et 4e à Chicago. Je ne dis pas que je préfère la France parce que j'ai gagné deux fois à Paris. J'aime les gens, j'aime le pays", justifie-t-il, lui qui a réalisé son meilleur chrono (2h06:20.) avenue Foch en 2017.

Cette année, il vise le record de l'Éthiopien Kenenisa Bekele (2h05:03) établi en 2014, et disposera de l'un de ses équipiers du camp de Kaptagat, Cosmas Kiplimo Lagat, comme lièvre pour y parvenir.

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