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L'angoisse du foot français face à une Ligue des champions fermée

Le trophée de la Ligue des champions, à Nyon, le 15 mars 2019
Le trophée de la Ligue des champions, à Nyon, le 15 mars 2019 -
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Fabrice COFFRINI
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Le 2e de Ligue 1 plus qualifié pour la Ligue des champions à partir de 2024? C'est un risque avec le projet de réforme qui en ferait un club fermé des puissants. La Ligue française rejoint la fronde et exprime sa "vive inquiétude".

Le plan secret prêté à l'UEFA n'a jamais été confirmé, mais les principaux championnats l'ont quasiment tous dénoncé, à commencer par l'Espagne et l'Angleterre, place forte du ballon rond. Et la France est officiellement entrée dans la danse mercredi par la voix de la Ligue de football professionnel (LFP).

Son conseil d'administration a exprimé "sa plus vive inquiétude" à propos d'un projet "qui menace l'équilibre compétitif et économique des championnats nationaux" et convoqué "dans les prochaines semaines" une réunion, afin de trouver "une position officielle" pour les différents acteurs du football hexagonal.

"La patrie est en danger, il faut se mobiliser et réunir l'ensemble des clubs" courant mai, développe auprès de l'AFP Bernard Caïazzo, dirigeant de Saint-Etienne et du syndicat Première Ligue, organisation qui défend la plupart des grands clubs français.

Du côté de la fédération, le sujet sera abordé jeudi matin lors d'un comité exécutif. Sans s'être exprimé officiellement, le président de la FFF, Noël Le Graët, a sollicité un entretien personnel avec Aleksander Ceferin, le patron de l'UEFA.

Selon différents médias, le projet de l'instance européenne et de l'Association européenne des clubs (ECA) serait de disputer, à compter de la saison 2024, la phase de poules de la Ligue des champions sous la forme de quatre groupes de huit équipes, contre huit groupes de quatre équipes actuellement.

- "Bloquer la route empruntée" -

Et là, un premier problème apparaît. Cela garantirait aux clubs plus de matches et donc plus de recettes mais cela obligerait à dégager plus de dates. Un scénario prévoit notamment de disputer des rencontres le weekend.

"Les médias n'ont rien inventé. Il s'agit maintenant de savoir comment bloquer la route empruntée par l'UEFA et l'ECA pour changer une compétition qui garderait son nom mais serait en fait complètement différente", a déclaré à l'AFP le président de la Liga espagnole, Javier Tebas.

Cette nouvelle C1 se rapprocherait aussi d'une ligue fermée, les six premiers de chaque poule étant directement qualifiés pour l'édition suivante, indépendamment de leur classement en championnat.

En France, aujourd'hui, le champion en titre et son dauphin sont directement qualifiés pour C1, le troisième dispute le 3e tour préliminaire. Avec la réforme, il pourrait y avoir des perdants. Le 2e pourrait ne plus être assuré d'y aller.

D'après le Times, c'est aussi ce qui fait peur à la puissante Premier League, qui voit dans sa propre course à la C1 (quatre premières places) l'un de ses principaux attraits.

"Tous les clubs ont convenu à l'unanimité qu'il ne faudrait pas que les instances européennes de football élaborent des plans qui modifieraient les structures, le calendrier et la compétitivité du football domestique", ont écrit les dirigeants du championnat anglais.

- "Agir rapidement" -

Le projet d'une Super Ligue fermée regroupant quelques grands clubs européens revient souvent dans l'actualité. C'est notamment pour contrecarrer une telle menace que l'UEFA avait réformé sa prestigieuse Coupe d'Europe en donnant quatre accès directs à la phase de groupe aux principaux championnats européens (Espagne, Allemagne, Angleterre, Italie) en août 2016.

Le syndicat historique UCPF, qui regroupe une poignée de clubs de L1 (Guingamp, Strasbourg, Dijon et Amiens) et la majorité des formations de L2, est lui aussi monté au créneau, avec une proposition choc: que tout club français participant à une telle Ligue semi-fermée soit privé du "bénéfice des droits audiovisuels nationaux".

"Toutes les forces doivent se réunir avec beaucoup de calme et de sérénité, sans montrer du doigt les uns ou les autres", réagit Caïazzo, pas convaincu par la méthode employée: "ce n'est pas la peine d'agiter des menaces", en revanche il faut "qu'on agisse tous ensemble et rapidement", dit-il à l'AFP.

Les débats risquent encore d'être vifs d'ici le 8 mai, date d'une rencontre entre les Ligues européennes et l'UEFA à son siège de Nyon, en Suisse.

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