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Netanyahu s'active au prochain gouvernement, à l'ombre des affaires

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Vainqueur des élections législatives israéliennes, le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu se démène déjà pour former le prochain gouvernement qui verra le jour sous la menace de son inculpation pour corruption.

M. Netanyahu "est déjà en négociations avancées avec les partenaires du camp national" en vue de former un "gouvernement de droite", disait mercredi soir un responsable de son parti, le Likoud.

Sauf coup de tonnerre politique, M. Netanyahu est assuré de se voir confier par le président Reuven Rivlin la tâche de former le prochain gouvernement. M. Rivlin commencera la semaine prochaine les consultations avant de décider qui il mandatera. Il a jusqu'au 24 avril pour se prononcer.

Tout autre choix que celui de M. Netanyahu ferait sensation. Entre les 35 mandats du Likoud et ceux de ce qu'il appelle ses "partenaires naturels", M. Netanyahu est en mesure de réunir 65 sièges sur 120, selon un décompte presque final des votes.

Les résultats actualisés tard jeudi soir ont confirmé ces projections, donnant au Likoud 26,45% des suffrages, et 26,11% à la liste de centre droit "Bleu-blanc".

Selon les principaux médias du pays, le chiffre de 65 sièges sur 120 pour une nouvelle coalition de droite restait inchangé.

La commission électorale centrale a cependant souligné que des changements pouvaient encore intervenir d'ici la publication des résultats finaux, le 17 avril.

Le principal concurrent de M. Netanyahu, le général Benny Gantz, à la tête de la liste "Bleu-blanc", était loin de pouvoir prétendre à la majorité absolue.

M. Netanyahu, 69 ans, dont plus de 13 années passées au pouvoir à parler d'égal à égal aux grands de ce monde, commencerait alors un cinquième mandat. En juillet, celui que tous les Israéliens connaissent sous le surnom de "Bibi", ravirait à David Ben Gourion, père fondateur de l'Etat d'Israël, le record de longévité à la tête du gouvernement.

Il aura fait, une fois de plus, la démonstration de sa faculté à surmonter l'adversité et à maîtriser la concurrence lors d'élections dont l'issue aura été incertaine jusqu'au bout, et qui passaient pour un référendum sur sa personne.

Ses adversaires disaient vouloir en finir avec la corruption, le machiavélisme et le populisme associés à son nom, et les discours clivants sur la minorité arabe. Il leur a opposé sa trempe d'homme fort, ses réussites diplomatiques, sa proximité avec le président américain Donald Trump, la croissance économique continue de son pays... Et sa virtuosité politique.

- Encore plus à droite? -

M. Trump, dont l'administration s'est signalée en deux ans par les ruptures diplomatiques pro-israéliennes et les coups durs infligés aux Palestiniens, a félicité M. Netanyahu.

Selon toute probabilité, M. Netanyahu prendra la tête d'une coalition de partis de droite, plus ou moins radicale et plus ou moins religieuse, et de partis ultra-orthodoxes représentant les 10% d'Israéliens observant rigoureusement les règles du judaïsme.

Un tel gouvernement s'annoncerait aussi à droite, sinon davantage, que le précédent, déjà réputé le plus à droite de l'histoire d'Israël.

Quelques jours avant les élections, M. Netanyahu a donné une indication de ce qui pourrait survenir en se déclarant prêt, au mépris d'un large consensus international, à annexer les colonies israéliennes de Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis plus de cinquante ans par Israël.

Une telle annexion scellerait probablement le sort d'un Etat palestinien indépendant coexistant avec Israël. Cette solution dite "à deux Etats", référence de l'ONU, a un soutien minimal dans la coalition israélienne qui se dessine.

Les experts prédisent des discussions serrées entre M. Netanyahu et ses partenaires potentiels, qui feront monter les enchères pour tel portefeuille ou tel engagement politique.

Les ultra-orthodoxes, forts de pas de moins de 16 sièges, défendront l'exemption de service militaire pour les étudiants des écoles talmudiques, au risque du désaccord avec d'autres partenaires laïcs.

- Champ de bataille -

Les mêmes experts anticipent que la menace d'inculpation du Premier ministre sortant sera dans tous les esprits.

Le procureur général a annoncé en février son intention d'inculper M Netanyahu pour corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires de dons reçus de la part de milliardaires, d'échanges de bons procédés entre gouvernants et patrons, et de tentatives de collusion avec la presse.

M. Netanyahu clame son innocence et dénonce sans relâche une "chasse aux sorcières".

Il n'est pas légalement tenu de démissionner en cas d'inculpation.

La plupart des partenaires potentiels de la coalition ont dit qu'ils ne quitteraient pas le gouvernement si M. Netanyahu était inculpé, contrairement à Moshe Kahlon (centre droit) par exemple, ancien ministre des Finances qui réclame en outre de conserver son portefeuille.

L'un des partenaires potentiels de coalition, Bezalel Smotrich, est ouvertement favorable à une initiative légale pour protéger un Premier ministre en exercice contre les poursuites.

Le numéro deux de la liste "Bleu-blanc", Yaïr Lapid, a promis lui de "rendre la vie amère au gouvernement Netanyahu" sur les bancs de l'opposition, et de transformer la Knesset "en champ de bataille", autour notamment des dossiers judiciaires de M. Netanyahu.

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