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Woods, Federer, Brady: les "papys" ont de la résistance

L'Américain Tiger Woods remporte le Masters d'Augusta le 14 avril 2019
L'Américain Tiger Woods remporte le Masters d'Augusta le 14 avril 2019 -
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Andrew Redington
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Après une éclipse de onze années, Tiger Woods s’est offert à 43 ans un 15e titre du Grand Chelem, une longévité exceptionnelle qui n’est plus rare comme le montrent la star du tennis Roger Federer et le joueur de football américain Tom Brady.

Vingt-deux ans après son premier titre majeur sur ce même Augusta National Golf Club, Woods est redevenu un “maître”.

Son succès dans le Masters 2019, le cinquième de sa carrière à Augusta, est déjà présenté comme l’un des plus grands exploits de l’histoire du golf, voire du sport.

Car Woods revient de loin: entre 2014 et 2017, il a cru sa carrière terminer à cause d’insupportables douleurs au dos.

“J’ai vraiment douté que je pourrais revenir il y a deux-trois ans. Je ne pouvais plus marcher, je ne pouvais plus rester assis ou allongé, je ne pouvais plus rien faire”, a-t-il rappelé après son sacre.

Déjà opéré du dos à trois reprises, il est repassé sur le billard en 2017 pour une arthrodèse (fusion de vertèbres) qui lui a rendu sa mobilité et a sauvé sa carrière.

Le come back du “Tigre” impressionne tout le monde, y compris les médecins du sport .

- 6e Super Bowl pour Brady à 41 ans /p>

“Sa capacité à récupérer de ses opérations n’était pas évidente. L’envie, le mental ont forcément joué chez lui, ainsi que sa lucidité quant à un sport qui permet de durer beaucoup plus longtemps”, note Jean-François Toussaint, directeur de l’Institut de recherche bio-médicale et d‘épidémiologie du sport (IRMES).

“Sa victoire est liée à un mental hors norme. Ces gens ont chassé le doute de leur esprit”, renchérit Philippe Le Van, médecin à l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (Insep).

Car Woods n’est pas seul dans la catégorie des champions qui défient le temps.

Le Belge Philippe Gilbert a remporté dimanche Paris-Roubaix, l’une des courses les plus difficiles du cyclisme professionnel, à 36 ans.

Roger Federer s’est adjugé fin mars à Miami le 101e titre de sa carrière à 37 ans après avoir balayé des joueurs qui n‘étaient pas encore nés quand il a fait ses débuts professionnels.

Et que dire de Tom Brady, phénomène du football américain, sport autrement plus traumatisant et dangereux que le golf. L’emblématique quarterback de New England a remporté en février le Super Bowl, la grande finale de la Ligue nationale de football américain (NFL), pour la sixième fois à… 41 ans.

On pourrait citer aussi les joueurs de basket NBA Dirk Nowitzki qui vient de mettre un terme à sa carrière à 40 ans après 21 saisons à Dallas, et Vince Carter qui dunke encore comme un “rookie” à… 42 ans.

Stratégie de préservation –

“L’allongement des durées des carrières est un phénomène général dans le sport, une vraie tendance, liée aux différentes conditions de prise en charge des sportifs: la médecine, la nutrition. (…) Il y a également un parallèle entre l’allongement des carrières et l’allongement de la durée de vie, résume Jean-François Toussaint.

Outre leurs qualités physiques et mentales sans égales, et leur professionnalisme, ces champions ont aussi fait des choix de carrière, comme Federer qui a évité la terre battue entre 2016 et 2018 pour ménager son corps.

“Certains sportifs qui ont pu prolonger leur carrière ont eu une excellente stratégie de préservation, ça a été le cas pour Federer par exemple, ou alors d’Usain Bolt, qui a bien maîtrisé son exposition pour éviter les blessures musculaires”, relève le directeur de l’IRMES.

Ils sont aussi parmi les sportifs les mieux payés de l’histoire, à l’image de Woods qui a accumulé plus de 118 millions en primes, sans compter ses nombreux et juteux contrats de partenariat.

“Je ne pense pas que ça fasse la différence. Aujourd’hui, il n’existe pas de méthodes, de soins, qui ne soient pas à la portée des autres sportifs”, nuance Philippe Le Van.

“Ce sont des gens qui ont des qualités psychiques de désir de victoire. Ils ont le goût du sang. Ce qui leur fait plaisir, c’est gagner”, insiste-t-il.

A peine son 15e titre majeur en poche, Woods a été assailli de questions sur le record de 18 sacres en Grand Chelem du légendaire Jack Nicklaus.

“Je n’y ai pas encore pensé une seule seconde”, a-t-il assuré, avant de rappeler, dans un sourire, “mon sport est différent, je peux encore jouer pendant très longtemps”.

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