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C1: l'Ajax Amsterdam ou l'histoire d'un "miracle" permanent

C1: l'Ajax Amsterdam ou l'histoire d'un "miracle" permanent
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Malgré les traversées du désert, l'Ajax renaît toujours de ses cendres! Grâce à sa philosophie offensive, transmise par de glorieux anciens aux "enfants" de Johan Cruyff, le mythique club d'Amsterdam a retrouvé le dernier carré de la Ligue des champions, près d'un quart de siècle après son dernier sacre.

"Miracle": à l'instar du quotidien Algemeen Dagblad (AD) qui évoque son "voyage magique" à travers l'Europe, l'exploit de l'Ajax à Turin (2-1) fait la une de tous les grands journaux néerlandais mercredi matin. Mais aussi des principales gazettes sportives européennes, comme le quotidien portugais A Bola qui salue "les petits-fils de Johan Cruyff".

Trois ans après le décès de sa figure tutélaire, joueur légendaire des années 1970 devenu entraîneur de génie à la fin des années 1980 puis apôtre du renouveau du "football total" comme dirigeant à la fin des années 2000, l'Ajax a retrouvé son lustre perdu depuis 1997 et sa dernière épopée européenne achevée en demi-finale.

Victime du fameux arrêt Bosman, qui a déréglementé les transferts de joueurs et précipité la fuite des talents de son académie, et de l'explosion des droits TV dans les grands championnats, le club néerlandais a réussi "l'impossible" avec un budget estimé à 100 millions d'euros, cinq à sept fois inférieur à ses adversaires.

"On construit un club, on a un plan. On a une philosophie, une structure, ça se développe. Petit à petit, on avance", a savouré l'entraîneur ajacide Erik ten Hag, mardi soir.

- Pied de nez à Agnelli -

Après avoir tenu tête au Bayern Munich en phase de poule, les équipiers du capitaine Matthijs de Ligt (19 ans) avaient éliminé à la surprise générale le Real Madrid, triple tenant du titre, en quart de finale début mars.

Toujours emmenés par un culot incroyable, les funambules bataves ont récidivé, en surclassant cette fois l'expérimentée Juventus Turin, pourtant grande favorite de cette édition depuis le recrutement du quintuple Ballon d'Or Cristiano Ronaldo, au terme d'une prestation "miraculeuse" selon le journal néerlandais NRC.

"Je pense qu'on aurait dû en marquer cinq", a même déclaré l'un des héros du match Donny van de Beek, après la rencontre.

Au-delà de l'exploit sportif, la qualification de l'Ajax en demi-finale est surtout un sacré pied de nez à Andrea Agnelli, président de la Juve et de l'Association européenne des clubs (ECA), à l'origine d'un projet de réforme controversé de la lucrative compétition européenne.

Selon différents médias, l'ECA propose de disputer, à compter de 2024, la phase de poules sous la forme de quatre groupes de huit équipes contre huit groupes de quatre équipes actuellement.

- "On a une philosophie" -

Cette nouvelle C1 se rapprocherait d'une ligue fermée, les six premiers de chaque poule étant directement qualifiés pour l'édition suivante, indépendamment de leur classement en championnat. De quoi garantir aux grands clubs plus de matches et donc plus de recettes, ce à quoi les principaux championnats nationaux, dont la Premier League et la Liga, sont fermement opposés.

"Ce n'est pas bien que chaque année, les sept ou huit mêmes clubs arrivent en quart de finale et gagnent la Ligue des champions. Le football doit surprendre les gens", avait estimé Erik ten Hag, alors que six clubs du Top 8 européen étaient issus cette saison des trois grands championnats (Angleterre, Espagne, Italie).

Avec les départs programmés de Frenkie de Jong (21 ans), qui rejoindra le FC Barcelone l'été prochain contre 75 M EUR, ou encore de Ziyech et De Ligt, est-ce l'année ou jamais pour rééditer l'exploit de la bande d'Edwin van der Sar, l'équipe de gamins qui avait remporté la 4e et dernière C1 de l'Ajax en 1995?

"Nous voulons conserver cette équipe mais nous connaissons le pouvoir financier des grands clubs", a admis Van der Sar, aujourd'hui directeur général du club amstellodamois.

"Si on joue bien, c'est normal que des joueurs partent. On n'est pas comme le Real, Barcelone, la Juve ou City. On est dépendants de l'économie du foot", complète Erik ten Hag. "Mais on est créatifs pour avoir une équipe bien équilibrée. Et on joue toujours avec une philosophie et ça sera pareil les années à venir."

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