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Championnats de France de natation: de Budapest à Gwangju, dans les mêmes eaux

Championnats de France de natation: de Budapest à Gwangju, dans les mêmes eaux
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De neuf à Budapest à onze aux Mondiaux-2019 à Gwangju (Corée du Sud) deux ans plus tard: loin du lustre de ses années fastes, la natation française se maintient dans les mêmes eaux. Mais ses nouvelles figures de proue, Mehdy Metella en tête, se sont elles affirmées aux Championnats de France, achevés dimanche à Rennes.

. A onze à Gwangju

"On n'espère vraiment pas partir en minibus mais remplir un car quand même !": on doit la formule qui fait mouche, lancée à mi-compétition, au trentenaire Jérémy Stravius, dernier représentant de la génération dorée.

Remplir un car, on sait maintenant que ce sera loin d'être le cas: à Gwangju, ils ne seront que onze, quatre nageuses et sept nageurs. Nettement en deçà de l'ambition fédérale de quinze à vingt athlètes. Mais dans la droite ligne de l'olympiade qui s'est ouvert au lendemain des JO-2016. Il y a deux ans à Budapest, l'équipe de France se résumait à neuf nageurs, sa plus maigre délégation en grand bassin depuis les Mondiaux-2001. Comme dans la capitale hongroise, neuf seront engagés sur des courses individuelles en Corée. Le plus, c'est que le 4x100 m messieurs sera au départ cet été alors qu'aucun relais tricolore n'était qualifié en 2017.

"Ce n'est pas un mauvais score. C'est déjà mieux qu'en 2017 en nombre de qualifiés, avec le départ de Camille (Lacourt) entre-temps. Ce n'est pas si mal que ça", défend le directeur de la natation course, Richard Martinez.

"La métamorphose ne va pas s'opérer comme ça, parce qu'on le décide", insiste-t-il.

. Metella et Bonnet tiennent leur rang

La bonne nouvelle, c'est que les premiers de la classe ont tenu leur rang - voire mieux - même si leurs médailles européennes individuelles remportées l'été dernier leur avait d'ores et déjà ouvert les portes des Mondiaux-2019 (21-28 juillet). Metella, qui n'a retrouvé du sérieux à l'entraînement que depuis deux mois après un hiver chaotique, motivation évaporée, a même surpris son monde: ses 48 sec 27 sur 100 m étaient de nature à rassurer, ses 50 sec 85 claquées sur 100 m papillon dimanche, meilleure performance mondiale de l'année et record de France abaissé de 21 centièmes, ont stupéfié.

Sans étinceler, Charlotte Bonnet a elle confirmé sa stature internationale acquise la saison dernière (1:56.57 sur 200 m et 53.29 sur 100 m).

Il y a de quoi se réjouir aussi des performances de Clément Mignon, Béryl Gastaldello et David Aubry. Revenu en début d'année sur sa décision d'arrêter sa carrière, Mignon s'est offert un billet sur 100 m (48.54) et un record personnel sur 50 m (21.93). Gastaldello, retombée entre les griffes de la dépression, a empoché deux sésames (100 m et 100 m dos). Et Aubry, animé par un double projet eau libre-bassin, a réussi son pari de se qualifier sur 1500 m, comme Damien Joly.

Ca a été plus compliqué pour Stravius, qualifié uniquement sur 50 m dos en individuel, mais ni sur 100 m, ni sur 100 m papillon.

Dans les rangs des habitués de l'équipe de France, déception pour Mélanie Hénique, médaillée de bronze mondiale du 50 m papillon en 2011, et pour Mathilde Cini.

. Un maître-mot: l'exigence

Réancrer l'exigence, c'est le credo de l'équipe à la barre depuis l'automne 2017 et chapeautée par Julien Issoulié, le Directeur technique national. Il a été réaffirmé tout au long de la semaine.

Cas emblématique: le 4x100 m dames, champion d'Europe en titre mais auquel il a manqué neuf centièmes en séries pour rallier Gwangju. Pendant quelques heures samedi, a flotté l'éventualité d'un repêchage. Mais la fermeté a primé. Il faut y voir un investissement à plus long terme.

"Je sais que c'est dur. Est-ce que pour autant on doit déroger aux règles qu'on a mis (en place), alors que ça peut avoir des conséquences pour l'avenir pour tout le monde ?", interroge Martinez.

"Les critères ne sont pas faits pour empêcher nos nageurs de participer, mais si on a l'espoir d'être finaliste, voire d'atteindre un podium un jour, il faut être réaliste, il y a un niveau de confrontation auquel il faudra répondre, explique-t-il.

A l'étage en dessous, on perçoit un frémissement. A titre d'illustration, trente-trois nageurs se sont qualifiés pour les Championnats d'Europe juniors.

"Ca progresse énormément dans la densité, souligne Martinez. L'espoir, c'est que cette densité fasse émerger une élite un peu plus consistante". Pour les JO-2020, le temps risque de manquer. Mais ceux de 2024, à Paris, sont déjà dans les esprits.

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