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Liège-Bastogne-Liège: la Doyenne veut rajeunir

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Un nouveau final et des prétendants supplémentaires: Liège-Bastogne-Liège, la Doyenne des classiques cyclistes, se donne un coup de jeune mais garde dimanche les mêmes favoris, avec Julian Alaphilippe en tête de liste.

- Une arrivée inédite -

"Le final est beaucoup plus beau visuellement, et plus intéressant pour les coureurs et le public", estime Philippe Gilbert, l'enfant du pays qui se félicite du retour de l'arrivée à Liège après 27 éditions jugées à Ans, sur les hauteurs des faubourgs.

Alaphilippe et Gilbert, l'autre chef de file de l'équipe Deceuninck, s'accordent à reconnaître que la liste des candidats s'allonge dès lors que la dernière côte (La Roche-aux-Faucons) est située à bonne distance –– 15 kilomètres –– de l'arrivée. La ligne est installée au cœur de Liège, au parc d'Avroy, après 4 kilomètres sur le plat.

- L'hypothèse d'un sprint -

"On a modifié le final pour amener les attaquants à ne pas attendre les derniers instants", confirme Jean-Michel Monin, maître d'œuvre du parcours de 256 kilomètres pour l'organisation (ASO). A charge pour eux de mettre à profit la réintroduction, entre les côtes de la Redoute et de la Roche-aux-Faucons, de la côte des Forges, l'une des difficultés historiques de la Doyenne délaissée ces dernières années.

Mais l'hypothèse d'un sprint, en groupe plus ou moins restreint, est crédible. "Je peux m'adapter à plusieurs scénarios", anticipe Alaphilippe, qui serait loin d'avoir course perdue en pareil cas. Pas plus que l'Australien Michael Matthews, qui bénéficie du renfort du Néerlandais Tom Dumoulin, le Polonais Michal Kwiatkowski, centré sur cet objectif, ou l'Espagnol Alejandro Valverde, déjà quatre fois couronné et à un succès du record d'Eddy Merckx.

- Fuglsang et le bloc Astana -

La course sera-t-elle pour autant tactique ? "Tout va dépendre de l'équipe Astana, c'est elle qui a les clés", répond Gilbert, lui-même lauréat en 2011 et candidat crédible à un exploit deux semaines après sa victoire dans Paris-Roubaix. L'équipe kazakhe, omniprésente depuis le début de la saison, dispose d'un atout maître en la personne de Jakob Fuglsang, en forme étincelante.

Le Danois a couru la Doyenne à neuf reprises, sans faire mieux que 9e en 2015. Mais, déjà en vue dans l'Amstel Gold Race dimanche dernier (3e), il n'a été devancé que par Alaphilippe mercredi dans la Flèche Wallonne. Et il a prévenu: "Liège-Bastogne-Liège me convient bien mieux."

- Le facteur météo crucial -

"Beaucoup de coureurs sont capable de s'imposer", affirme Alaphilippe. Mais les volontés offensives, de l'Allemand Maximilian Schachmann à l'Italien Vincenzo Nibali, qui n'a jamais connu la réussite dans une course qu'il chérit, de quelques autres aussi (A. Yates, Woods, Bardet, Ulissi, Teuns...), doivent tenir compte de l'aléa météo.

"Le vent risque de souffler de face sur le retour vers Liège. Si c'est le cas, il pourrait bloquer les tentatives", relève Gilbert. La chute du thermomètre, par rapport aux deux premières classiques ardennaises, ajoute une inconnue qui réjouit le Belge Tim Wellens, l'un des coureurs qui supporte le mieux les mauvaises conditions.

"J'ai des mauvais souvenirs de 2016", concède Alaphilippe, frigorifié cette année-là. "Je pense que cela ira mieux cette année. Je suis peut-être plus résistant à ces conditions". En cas de victoire, il serait le premier Français à conquérir la Doyenne depuis Bernard Hinault, le plus fort sous la neige en... 1980.

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