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Sanchez donné gagnant mais succès annoncé de l'extrême droite en Espagne

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Les Espagnols ont voté massivement dimanche aux élections législatives, à l'issue desquelles le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez devrait sortir vainqueur mais sans majorité absolue et l'extrême droite entrer en force au parlement, plus de 40 ans après la dictature de Francisco Franco.

Réalisés durant plusieurs jours avant le scrutin mais diffusés à la fermeture des bureaux de vote à 20H00 locales (18H00 GMT), d'ultimes sondages prédisaient la victoire du socialiste mais avec environ 120 députés, loin de la majorité absolue de 176 sur 350 à la chambre. Il sera donc obligé de construire une coalition hétérogène pour continuer à gouverner.

En face, les conservateurs du Parti populaire et les libéraux de Ciudadanos semblaient loin de la majorité pour l'en empêcher, même en s'alliant avec l'extrême droite de Vox qui raflerait pourtant au maximum 50 sièges, selon ces sondages réalisés avant le vote.

Le scrutin pourrait donc déboucher sur une nouvelle période d'instabilité, qui marque la politique espagnole depuis la fin du bipartisme conservateurs-socialistes en 2015, avec un parlement fragmenté et des divisions exacerbées par la tentative de sécession de la Catalogne en 2017.

Vox, pratiquement inconnu jusqu'à son irruption au parlement d'Andalousie l'année dernière, a fait ressurgir l'extrême droite dans un pays où elle était insignifiante depuis la mort de Franco en 1975.

Mais ce parti progresse en soufflant des électeurs au PP et à Ciudadanos, donc même en unissant leurs forces, ces trois partis obtiendraient au maximum 160 députés selon la moyenne de ces sondages. Ils ne pourraient pas rééditer leur succès en Andalousie, où ils avaient chassé les socialistes de leur fief.

- Participation record -

A 18H00 (16H00 GMT), deux heures avant la fermeture des bureaux de vote, le taux de participation était de 60,75%, soit 9,5 points de plus que lors des dernières élections en 2016.

Pedro Sanchez, arrivé au pouvoir en juin dernier en renversant le conservateur Mariano Rajoy dans une motion de censure, avait mis en garde contre le "risque réel" d'une sous-estimation du score de Vox, un parti soutenu notamment en Europe par le Front national français et la Ligue italienne.

A Madrid, Carlos Gonzalez, retraité de la construction, a indiqué avoir voté pour "l'option modérée" représentée par les socialistes. Vox "va en arrière, vers le passé. Ce n'est pas l'avenir, l'avenir est à une Europe unie", selon lui.

Mais près de Barcelone, Dolores Palomo, qui a voté Ciudadanos, a rejeté "la politique de la peur" de l'extrême droite menée par M. Sanchez. Cette aide ménagère de 48 ans et ancienne électrice socialiste veut croire que si le PP et Ciudadanos faisaient alliance avec Vox, ils s'assureraient "que cela ne soit pas une extrême droite radicale".

Valentino Lopez, qui travaille dans la logistique à Valence, dit avoir voté Vox parce que "ce pays a besoin d'un changement profond", tout en se défendant d'être "fasciste".

Formation au virulent discours anti-féministe et anti-immigration, Vox, qui a fait campagne massivement sur les réseaux sociaux, a prospéré en particulier en prônant la manière forte en Catalogne.

- Intenses tractations -

Cette région du nord-est du pays, où les séparatistes ont a déclenché en 2017 la pire crise politique qu'ait connue l'Espagne depuis quarante ans, reste au centre du jeu politique.

La droite et l'extrême droite ont ainsi mené une campagne très agressive contre M. Sanchez, l'accusant d'être un "traître" pour être parvenu au pouvoir en partie grâce aux voix des séparatistes catalans.

Pedro Sanchez pourra compter sur l'appui de la gauche radicale de Podemos, mais devrait avoir besoin de celui de partis régionalistes dont, a priori, les indépendantistes catalans.

Mais le socialiste préférerait éviter d'avoir de nouveau besoin de ces derniers, qui l'ont contraint à convoquer ces élections anticipées en refusant de voter son budget.

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